mercredi, juin 14, 2006

UMP, MHP, même combat?

Splendide article de Martin Winckler dans Libération, rubrique "rebonds", réaction à une déclaration révélatrice de Sarkozy sur la régularisation des sans-papiers et de leurs enfants... D'après Sarkozy, un "gage d'intégration" c'est le fait de "n'avoir aucun lien avec le pays d'origine" et donc ne parlent plus leur langue maternelle...

Une problématique "intégration = assimilation" dans la grande tradition jacobine française: on ne peut être français en ayant une autre langue maternelle...arracher un enfant à sa culture, c'est en faire un français. Comment comprendre l'opposition de Sarkozy à la Turquie républicaine??? Ce modèle autiste, négationniste et délétère pour la "diversité culturelle" (concept signifiant en France qu'il faut que le français et non l'anglais domine le monde, et non une idée archaïque de défense des langues minoritaires vecteur du fascisme identitaire)

Voila quelques extraits de cet article...

Tertio : «La langue du pays d'origine» ­ c'est sur ce point que la «pensée» de Nicolas Sarkozy est la plus claire. Faire de la méconnaissance de la langue du pays d'origine (ou l'«absence de tout lien avec le pays d'origine») par les enfants nés en France une condition à la régularisation des familles, ce n'est pas seulement monstrueux, c'est aussi d'une grande perversité.

Car tout enfant d'immigrant entend ses parents parler leur langue d'origine, la comprend, et la parle lui aussi. Même s'il apprend à l'école la langue du pays d'accueil. Il ne peut pas en être autrement à moins d'interdire aux parents de parler leur langue maternelle devant leurs enfants, et de ne s'adresser à eux que dans une langue d'accueil qu'ils maîtrisent le plus souvent très mal. Et ce serait d'autant plus stupide de le faire que les enfants sont souvent en eux-mêmes le principal vecteur d'intégration des parents : parlant les deux langues ils deviennent «les interprètes» de leurs parents.

Question : si un citoyen venu d'un pays anglophone demandait l'asile politique en France en raison de persécutions exercées sur lui par le gouvernement Bush, préciserait-on comme condition que ses enfants ne parlent jamais l'anglais ? Leur interdirait-on de prendre l'anglais comme première langue dans un collège ou un lycée républicain ? Et si un enfant de réfugié chinois né en France décide d'étudier le chinois au lycée, va-t-on l'empêcher de le faire ? Jusqu'à quel âge ces enfants seront-ils privés de tout contact avec leur pays ou leur culture d'origine ? Et dans la mesure où leur premier lien avec cette culture, cette langue, ce pays est représenté par leurs parents, Monsieur Sarkozy veut-il dire que les enfants pourraient être gardés en France, mais que, pour bien faire, les parents en seraient, eux, expulsés ?

Interdire à quelqu'un de parler sa langue ou la langue de ses parents, c'est cruel et c'est barbare. Faire de l'ignorance (ou du mensonge) une condition d'intégration, c'est pervers et monstrueux. Et, en pratique, ce n'est pas seulement monstrueux, barbare et pervers. C'est aussi très, très con. Il est impossible qu'un enfant ignore ses origines culturelles ­ la langue d'origine en est non seulement le coeur mais aussi le vecteur. Et on peut se demander si Nicolas Sarkozy, qui n'hésite jamais à rappeler qu'il est lui-même issu d'une famille d'immigrés, ignore tout de la langue de ses ancêtres. En tout cas, le langage politique du ministre de l'Intérieur n'a rien de maternel. Ce n'est pas un langage, d'ailleurs. Un langage, c'est un outil de communication, d'échange, de partage, d'intelligence.

Quatre mots totalement... «étrangers» à Nicolas Sarkozy.


Bref, je bois du petit lait dès le petit-dèj...:o)



lundi, juin 12, 2006

Réflexions kurdo-bretonnes

Réaction d'une lectrice fidèle...


D'abord en ce qui concerne les Bretons, tout à fait d'accord avec l'adhésion à des valeurs nationales communes surtout celle très française d'égalité. Le principal vecteur de cette égalité étant l'école et son rôle d'élévateur social. La Bretagne grâce à sa concurrence public/ privé bien de chez elle, bénéficie en effet depuis longtemps du maillage scolaire le plus dense de France. Résultat, la région des "petites bonnes bretonnes", restée longtemps pauvre, rurale et considérée comme "arriérée" (ça rappelle ailleurs?) compte le taux d'agrégés et de fonctionnaires - républicains "par essence"- le plus important de France.

C'est aussi au nom de cet idéal égalitaire que l'école a éradiqué la langue, cause de l’arriération de ces petits bretons. Tàche d'autant plus aisée, qu’au début du siècle il n'était pas parlé par la petite bourgeoisie de la Bretagne bretonnante. C'était la langue du peuple, celle des paysans, des mousses, des petites bonnes etc.. Il était un peu méprisable, donc ….

Mes grands-mères, plutôt bourgeoises se contentaient de le comprendre un peu. Connaissance acquise au contact des "petites paysannes" et des bonnes de la maison pour l'une, des mousses qui jouaient aux cartes au sémaphore de la pointe du Raz dont son père était le gardien pour l'autre. Seul un de mes grands-pères le parlait parfaitement. Il a appris le français à l'école primaire "assimilationniste". Et toute sa vie il a voué un culte aux instituteurs qui lui avaient permis d'entrer comme boursier (c'était alors au mérite) au lycée de Quimper où les gosses de bourgeois regardaient de haut les boursiers bretonnants, qui se vengeaient bien en étant bien meilleurs qu'eux en français et en langues étrangères. Il était très fier de parler breton (petite revanche sociale sur la belle famille?) mais n'a jamais vu l'utilité de le transmettre à ses fils. Pourquoi faire? Je pense que des Kurdes comme mon grand-père, il y a du en avoir pas mal jusque dans les années 80.

Il est peut-être possible d'établir un parallèle avec ce "mépris" plus que racisme, dont les Kurdes font assez souvent l'objet à l'Ouest. Au moins jusque dans les années 90, le Kurde c'était surtout le type des montagnes, le nomade, le religieux, l'analphabète, le traditionnel, les asiret et les aghas, etc..bref, celui qui était à l'antithèse de la modernité (laïque, libératrice pour les femmes, lettrée, urbaine etc..). Du début de la République kémaliste jusque dans les années 80, il devait être méprisé par les urbains au même titre que les villageois, leurs dialectes et leurs femmes en pantalons bouffants qui désertaient leurs villages anatoliens pour travailler dans les villes. Je suppose qu'aux débuts de la République kémaliste, "l'autre " a du rester pendant un certain temps les chrétiens. Pas certaine, qu'on différenciait beaucoup le Kurde du nomade Turkmène à l'époque.

Le PKK a un peu changé la donne. Kurde connotant dorénavant "terroriste ", au moins en puissance. Mais surtout la guerre et les destructions de villages qui l'ont accompagnée ont entraîné l'arrivée en masse de réfugiés dans les grandes villes. Les vieux clichés ("le féodal" venu des montagnes) ont perduré. Le cinéma et le feuilleton TV s'en sont chargé. Or une migration "forcée" diffère de l'exode rural traditionnel par le fait entre autre que le migrant n'attende pas qu'un cousin lui ait déniché un job pour débarquer. Les réfugiés ont gonflé les rangs d'un nouveau sous prolétariat urbain , caractérisé par l' emploi précaire, la misère des familles, la perte brutale des repères villageois engendrant le développement de la petite délinquance, de la mendicité des enfants (parfois sous la coupe de "bandes organisées kurdes") etc...Beaucoup moins courant il y a une quinzaine d'années et alors l'apanage du milieu gitan. Ces nouvelles formes de délinquance urbaine attribuées aux Kurdes sont régulièrement stigmatisées par les médias, qui n'établissent pas le lien avec la guerre et les villages détruits, cette guerre restant une guerre non dite, qui n'a jamais existé. Ces gosses ne sont victimes que de leurs "mauvais parents" ou de "bandes mafieuses. Tout comme les émeutes urbaines de Diyarbakir n'étaient que le fruit de manipulations du PKK. Ce qui arrange tout le monde.

Bref, outre le féodal, coutumier du meurtre pour l'honneur, le Kurde est devenu aussi "la classe dangereuse", rejoignant les gitans et d'autres étrangers : mafias (russe ou kurde), prostitution (moldave) trafics en tous genre, eux aussi stigmatisés dans les médias. Ca rassure tout le monde, les mauvais, ce ne sont pas les Turcs. Ce sont les autres. Et la presse populaire, qui est aussi la plus réfractaire à toute reconnaissance de l'identité kurde, contribue pourtant à faire "un autre" du Kurde en propageant ces clichés.

Ce qui nous rappelle aussi d'autres "mauvais" bien de chez nous. Sous des formes un peu différentes, on retrouve le même mépris social pour l'ouvrier maghrébin et la même peur entretenue par les médias et la même récupération politique. Certes les Kurdes ne sont pas venus de l'extérieur eux, mais le Sud-Est du pays est resté un ailleurs lointain en Turquie, où on ne rend le plus souvent que contraint par une affectation de fonctionnaire rarement désirée, ou le temps du service militaire.

Quant à la classe moyenne éduquée, le syndicaliste, l'étudiant l' l'intellectuel ou l'artiste kurde, marxiste dans les années 70, pro-kurde aujourd'hui; ils n'ont jamais été méprisés, ni même rejetés, car ils étaient modernes dans les années 70 et aujourd'hui ils ne font pas peur. Je pense qu’ils sont moins devenus modernes "comme les Turcs" mais plutôt en même temps que les autres Turcs anatoliens ou les muhacirs venus de l'extérieur, en renonçant comme les autres à leurs particularismes, du moins en apparence....Car pour finir, le questionnement sur l'identité est loin de ne toucher que les Kurdes dans la société urbaine turque d'aujourd'hui.

Anne

dimanche, juin 11, 2006

Le dernier film de Yilmaz Güney: Duvar ("Le mur")

Tourné en 1983 en France, c'est donc le dernier film du réalisateur kurde de Turquie Yilmaz Güney, mort en septembre 1984 en exil. Il n'a pas eu le retentissement de "Yol" (la permission), palme d'or à Cannes en 1982, César du meilleur film étranger 1983.


Duvar décrit les conditions de vie dans un pénitencier turc à Ankara à l'automne 1981, 1 an après le coup d'Etat militaire du 12 septembre 1980 par Kenan Evren...celui qu'Alexandre Adler a récemment décrit comme un grand démocrate, ou quelque chose dans ce goût la...

Rien de spécialement "politique" ici: les personnages suivis sont des condamnés de droit commun, bien qu'on sache rarement pourquoi ils sont enfermés. Sans en faire des tonnes comme Midnight Express (où le héros est à tout prendre foncièrement antipathique), Duvar, tourné avec deux bouts de ficelle, choque bien plus, marque plus durablement...Il faut dire que Yilmaz Güney, enfermé 12 ans dans les prisons turques, et toujours en prison à l'époque ou "Yol" était tourné, sait de quoi il parle.

"Je n’ai pas voulu construire la copie conforme d’une prison donnée en Turquie. Il s’agissait plutôt d’une synthèse de toutes les prisons que j’ai connues. Il en a été de même de l’histoire. Bien que l’axe central en soit la révolte des enfants du dortoir 4 à la prison ouverte d’Ankara en 1976, les histoires individuelles parallèles proviennent de témoignages ou d’observations accumulées lors de mes séjours dans différents pénitenciers. (…) Cela a parfois été dur, voire douloureux, en tout cas sans complaisance. C’était la seule façon de rendre la réalité la plus sincère possible. (…) A nous de dire les réalités de la Turquie, pour faire en sorte qu’elles puissent enfin changer ; à eux d’interdire et d’emprisonner pour que rien ne change. Mais pour combien de temps encore ?… » (Yılmaz Güney)


Sadisme des gardiens (sauf "Ali Amca, qui tente de protéger "ses enfants" autant qu'il peut), sévices sexuels, délation, gangs, passages à tabac... Mutineries réprimées par l'armée, et mises en scène macabres (celle du mariage, mais je n'en dirai pas plus...)

Aucune note d'espoir, rien de positif dans ce film, un enfer morne dans le froid et la faim, où seule la révolte apparaît comme une solution de sortie, même si la fin du film semble montrer que cet espoir est vain...il reste que Yilmaz Güney parvient une nouvelle fois à faire ressortir la bonté humaine et ne peint pas un tableau monochrome de vicieux sadiques bestiaux comme c'est le cas dans Midnight Express..

Yilmaz Güney, enterré à Paris, sent toujours le souffre en Turquie, même si ses films circulent sans trop de problèmes...il peint pourtant la réalité de l'après coup d'Etat, la repression aveugle et la militarisation du pays, les pleins pouvoirs aux "petits chefs" hargneux etl'interdiction de toute contestation... un passé encore peu digéré sur lequel aucun droit d'inventaire n'a encore été fait... et la situation actuelle dans les prisons turques est peu susceptible d'avoir évolué.



samedi, juin 10, 2006

Les problèmes de l'investissement à l'Est

Il serait dommage que la réponse fleuve d'Ismail à mon précédent post reste enfouie dans l'anonymat des "commentaires"

La voila donc pour alimenter le débat, agrémentée de mes commentaires en italique

Je suis assez d'accord avec toi Tom mais j'ai deux remarques qui risquent de choquer, mais bon :

1/ Pour la comparaison avec les immigrés africains en France et leurs descendants, c'est vrai que comme tu l'avais fait remarquer, ce sont ds population "allogenes", mais dans le meme temps, pour les kurdes de Turquie, le choix de l'assimilation-integration est plus facile a faire (c'est un simple constat pas une recommendation).

Vois le nombre de ministres, d'hommes d'affaires (a l'ouest) et de haut fonctionnaires kurdes, ça n'a rien a voir a la situation en France ou on demande a ces populations de s'integrer culturellement SANS CONTREPARTİE ECONOMIQUE (a part le RMI)

Certes, mais les Kurdes "intégrés" sont des kurdes assimilés, qui ne mettent pas en avant leur identité kurde et se considèrent comme turcs, point. C'est une solution pour "pacifier" le pays, par pour répondre au désir de reconnaissance du peuple kurde... Evidemment en Turquie, un kurde qui accepte d'être turc et uniquement turc peut parfaitement réussir. Un député AKP qui avait inscrit "kurde" sur son CV dans la rubrique LANGUES ETRANGERES a provoqué un mini scandale au parlement. Quand le premier ministre Özal avait avoué que sa grand-mère était kurde, il s'est fait descendre par la presse de manière méprisante (du type "l'origine supposée da la grand mère de M. Özal ne doit pas remettre en question les fondements de la république, blablabla"... Quand Ibrahim Tatlises, demi-dieu national, a déclaré vouloir chanter AUSSI en kurde, sa langue maternelle, il a subit une campagne de presse meurtrière et des menaces des loups gris...et écoeuré s'est exilé en Allemagne pour quelques mois...
Ceux qui réussisent sont des Kurdes "turquifiés", et c'est exactement ce que préconise l'auteur de l'article, et ce que je critique.

Je veux pas continuer la comparaison, les arabes et les noirs sont pas en France depuis 3000ans etc ... c'était juste une remarque

Et tout à fait d'accord pour faire la distinction entre allogènes dans un cas et immigrés dans un autre...

2/ Les chiffres des investissement sont intéressant mais compare les avec une carte physique de la Turquie (qui comme ailleurs correspond souvent a la carte économique).
Les investissement sont réalisés sur (ou pres de) les grands axes de communication du commerce mondial, c'est a dire en comme partout dans le monde, avec un acces facile sur les ports de commerce (en l'occurence ici Istanbul, Mersin et Izmir).

En France aussi les investissement a Brive et a Mende doivent etre sensiblement differents que ceux fait a Nantes ou a Montpellier, mais on peut pas comparer vraiment vu la qualité des instructures et le PIB/PNB du pays. Le département de l'Ardeche a quand meme perdu la moitié de sa population dans la 2eme moitié du XXe siecle !

Imagine toi industriel a Van, le temps et le cout pour acheminer les marchandises depuis tes fournisseurs et reexpédier tes produit finis vers tes clients sont multipliés par 2,3 ou 4 !

Je dis peut être une connerie mais la facade mediterranéene n'est pas loin...Iskenderun, Adana, Ceyhan sont des ports industriels et peuvent servir de plate forme pour les produits kurdes...évidemment la configuration du territoir turc rend le transport routier peut rentable...

Meme avec des aides et des primes du gouvernement ou de l'UE (qui existent), un industriel prefere etre taxé a Adapazarı que non-taxé a Bitlis ! au final il est toujours gagnant.

C'est clair que c'est un vrai débat, et merci pour ce point de vue pragmatique!...après aider les kurdes à reconstruire leur agriculture et les laisser retourner dans les villages évacués constitue un début non? on en est pas là...

C'est comme avec les zones Franches en France. Le gars il vient en zone franche, il paye pas d'impot, mais vu qu'il se fait cambrioler 3-4 fois par an il est gagnant a s'installer ailleurs meme en payant des impots !

Les industriels kurdes EUX-MEMES n'effectuent aucun investissement dans l'Est, ils sont tous peinards a Istanbul et a Bursa ! Ah si, pour investir dans l'immobilier et relouer des apparts au prix du SMIC si la ils sont tres forts !

Très bon point :) Pareil en Bretagne, Pinault, Bolloré, Le Lay, n'en font pas des masses pour leur pays d'origine ;)

La Turquie est une économie de marché, je vois pas comment on va pouvoir résoudre le probleme. En l'absence de secteur privé, la majorité des salariés dans l'Est est employée par l'Etat, tout en compatissant a cette situation, je vois pas ce qu'ils peuvent faire de plus (si ce n'est moins de corruption,de gaspillage et de désorganisation, mais meme ça suffira pas a résoudre l'ensemble du probleme)

La disparité Est-Ouest n'est pas qu'une question d'économie de marché. Quand la Route goudronnée s'arrête à Malatya pour être remplacée par une piste, ca fait bizarre...bon c'était en 2003, mais ca m'avait marqué! Quand tu vois la tronche de la frontière Iraq-Turquie et le changement d'univers d'un Kurdistan à l'autre...d'un côté Mad Max, de l'autre la californie...je ne suis pas économiste donc je ne peux pas avoir un point de vue très élaboré, mais la disparité saute aux yeux. Les régions enclavées de France ne souffrent pas d'un différentiel de 1 à 100 par rapport à Paris!


vendredi, juin 09, 2006

La non-évolution de la question kurde en Turquie

A lire ce genre de délire je me rends compte que c'est le titre que j'aurais du donner à mon mémoire.

Rethinking The Kurdish Question in Turkey 6/7/2006 Turkish Press - By Fikret Bila

The Kurdish question has been around since the mid-1980s and will also remain in the coming years. This question has many dimensions. Turkey has won the armed struggle against terrorism. However, the times spent for the fight against terrorism haven’t helped a recovery in the fields of culture, the economy, politics and social life. The Kurdish question will have an important place in Turkey’s future. If Kurdish and Turkish nationalism are fomented against each other and the problem is spread to the social structure, then Turkey will have to make efforts on this question. This process can also bring irreversible results.

Our young people should do research on this issue and develop solutions for this problem. Mustafa Akyol, a young researcher, gave an example of this. In his book ’Rethinking the Kurdish Question: What Went Wrong and Where Will It Go?’ he treated the Kurdish question in a multidimensional way. His research is quite scholarly. The work, which makes use of national and international resources, handles the question in its regional framework.

Akyol bases his study on scientific resources and analyzed his findings from a liberal point of view. Akyol reaches the conclusion that approaches such as autonomy, a federation or independence can’t be seen as workable, permanent solutions. As a young researcher, Akyol sees the solution in integration. He gives advice on how to improve this. He sees democracy and Islam as a common point in solving this problem (in this respect, I think secularism should be highlighted more). Akyol suggests that Turkish identity should be seen as an upper identity and that a democratic, economic integration in a unitary structure would bring a solution. It is of great value that researchers, scholars and the young population are thinking about this problem.


Voila donc un "jeune chercheur" prometteur qui nous resert la même soupe qui mijote depuis 1980... comment régler la question kurde: en les intégrant. Limpide. Maintenant il faut rappeller que le mot intégration a le même sens en Turquie qu'en France: il est simplement synonyme d'assimilation forcée, de déni de la réalité, de refus de considérer le bilinguisme comme autre chose qu'une menace, une double identité comme autre chose qu'un séparatisme en puissance: intégrer les Kurdes à la Turquie, c'est en faire des Turcs, point.

Si l'on se refuse à envisager une autonomie ou une fédération, on envisage un même Etat unitaire et ultra-centralisé pour deux peuples sensiblement différents et séparés par un fossé d'incompréhension, de propagande et de préjugés tenaces. J'ai souvent pensé que si les Bretons s'étaient laissés assimiler aussi facilement (en l'espace d'une ou deux générations), c'est parce que la république offrait réellement un statut d'égalité et de progression sociale à ceux qui acceptaient de se considérer comme français et d'oublier leur identité première. En Turquie, tout renvoie le Kurde à sa condition, le lieu de naissance sur la carte d'identité est la garantie d'un contrôle policier plus que tendu, la couleur de peau est un stigmate difficilement effacable. Les Kurdes de Turquie sont les Arabes ou les Noirs de France: sensément égaux, mais discriminés dans les faits, qu'ils aient ou non un désir d'intégration. Tout les renvoie à leur statut de "citoyen de seconde zone", malgré les dénégations farouches des aveugles qui répètent comme une obssession "tous les citoyens sont égaux".

Un ami d'origine africaine s'est vu mettre à la porte d'une boîte d'intérim parce qu'il avait inscrit sur son CV qu'il faisait Science Po: "menteur". Özgür Un ami Kurde de la fac de Galatasaray s'est fait arrêter chez lui, convoyé en avion jusqu'à Diyarbakir, interrogé pendant deux jours (sans violences) et renvoyé à Istanbul. Un vague cousin s'était engagé dans la guérilla. Comment se considérer comme un citoyen comme les autres?

Le tissu social kurde a été en grande partie détruit par la république turque, dès sa fondation: des massacres et des déportations du Dersim dans les années 30 aux milliers de villages évacués à partir de 1987 (instauration de l'Etat d'Urgence), la société traditionnelle a été détruite, les ruraux forcés de coloniser les faubourgs des grandes villes, l'agriculture a été rendue impossible pendant près de 15 ans...la reconstruction du Kurdistan Turc n'a pas eu lieu, malgré 5 ans de paix relative entre 1999 et 2004: le "retour aux villages", programme officiel de l'Etat a été interdit de fait par des commandants militaires locaux ou des préfets récalcitrants, l'investissement de l'Etat n'a pas progressé

Highest investments:

1. Istanbul YTL 5.1 billion
2. Antalya YTL 2.2 billion
3. Tekirdag YTL 1.2 billion
4. Ankara YTL 1.1 billion
5. Izmir YTL 1 billion
6. Bursa YTL 826 million
7. Kahramanmaraş YTL 807 million
8. Gaziantep YTL 781 million
9. Kocaeli YTL 715 million
10. Kütahya YTL 603 million.
11. Konya YTL 527 million.
12. Muğla YTL 406 million
13. Balıkesir YTL 396 million
14. Manisa YTL 84 million
15. Düzce YTL 349 million
16. Eskişehir YTL 317 million
17. Adana YTL 301 million
18. Osmaniye YTL 293 million
19. Sakarya YTL 273 million
20. Zonguldak YTL 262 million
21. Afyon YTL 246 million
22. Hatay YTL 240 million

Lowest amount share in investments (in %)

(K) pour "Province à majorité kurde"

Bayburt and Iğdır [K](0.001 %)
Ardahan and Sinop (0.002 %)
Karabük, Bitlis (K), Muş [K]and Bingöl [K] (0.003 %)
Dersim [K] (0.004 %)
Ağrı [K]and Kilis (0.005 %)
Batman [K] (0.006 %)

(chiffres donnés par "The New Anatolian" pour 2005, cités par Vladimir)

Les fonds versé par l'UE pour le développement régional servent principalement aux provinces de l'Ouest de la Turquie, qui connaissent déja une prospérité sans commune mesure avec la "tiers mondisation" du Sud-Est Kurde...

C'est dans ce contexte que Mustafa Akyol parle d'intégration économique et démocratique... un discours que évolue peu par rapport au thème ultra rebattu "il n'y pas de question kurde, juste un problème de développement économique" sur lequel ont brodé tous les gouvernements de 1980 à 2002...la reconnaissance de l'existence d'une "question kurde" est aujourd'hui établie mais elle n'a permis aucun progrès signifcatif. La responsabilité du PKK est certaine, mais c'est l'appareil d'Etat qui a permis à cette organisation de regagner de l'influence, par une attitude autiste et bornée...


Les Chants du Pays de ma mère

Après "le temps de l'ivresse des chevaux" et "Les Tortues aussi peuvent voler" j'ai enfin pu voir cet autre film du réalisateur Kurde d'Iran Bahman Ghobadi. Le titre original est "Gomgashtei dar Aragh" ("Marooned in Irak) et me semble être en Iranien, mais l'essentiel du film est en Kurde Sorani.


Je suis desservi par des sous-titres minimalistes qui me font perdre une bonne partie du sens du film, mais pour l'essentiel voilà un résumé de l'intrigue: Mirza vieux musicien kurde iranien très connu, force ses deux fils Barat (chant, zurna et duduk) et Audeh ( chant et daf) à l'accompagner au Kurdistan Irakien à la recherche de son ex femme Haraneh qu'il sait en danger.


Le problème c'est que nous sommes en pleine guerre Iran-Irak, ce qui est rappelé par le bruit omniprésent des avions de chasse... La référence a des attaques chimiques de l'armée irakienne situe l'action en 1986-1987

Mirza est sec, droit comme un I, doté d'une magnifique moustache blanche immaculée, et n'hésite pas à flanquer des beignes énergiques à ses ingrats de fils.




Barat ne se dépare jamais de ses grosses lunettes noires ou de son masque de moto, et promène son bedon avantageux bien soutenu par son chalvar et sa ceinture traditionnelle (une bande d'étoffe de 10 mètres de long roulée autour du ventre) et est pour moi le personnage le plus profond.


Audeh est irrésistible, sorte de gros ours chevelu et moustachu, marié 7 fois et père de 11 filles, incapable de se donner un héritier mâle.




La première partie du film est franchement burlesque et se passe sous le soleil dans les montagnes du Kurdistan: l'ouverture se fait sur Barat chevauchant son side car. On ne comprend qu'après 5 minutes qu'il se trouve en fait sur la remorque d'un camion par peur des voleurs. Le personnage du médecin à grosses lunettes qui se réjouit de l'afflux de réfugiés parce qu'il peut leur refourguer sa camelote est franchement antipathique. Rassurez vous, il finit en caleçon dépouillé par des voleurs kurdes irakiens! A noter qu'il ressemble comme un fère à un autre docteur kurde iranien à la recherche d'un orphelin dans "Les tortues aussi peuvent voler" du même Bahman Ghobadi. (Vérification faite, c'est le même)



Autres scènes franchement poilantes en vrac, la douche du gros Audeh, arrosé à grands seaux par ses inombrables filles, le mariage annulé de force par un prétendant éconduit par le père de la fille...


(il faut dire qu'il a des arguments)

Le concert donné par les trois musiciens pour fêter l'annulation de ce mariage (enfin la j'avoue que les sous-titres ne permettent pas d'y entendre grand chose...), l'enterrement vivant de l'entremetteur (il s'en sortira) responsable du mariage...

J'ai eu une impression de déja vu lorsque 3 petits mioches viennent déranger Barat qui se soulage tranquillement la vessie...l'avantage de ces acteurs non proffessionels est qu'ils sont clairement aussi vrais que nature!!!



"comment peut-on faire pour avoir une aussi belle voix que toi oncle Barat??"

"Commencez par avaler un insecte!!!!"

La seconde partie se déroule à la frontière entre les deux Kurdistans...dans la neige et le froid, la bouillasse et la pluie, à l'image au final de tous les films de Bahman Ghobadi... clin d'oeil aux contrebandiers suvis dans "le temps de l'ivresse des chevaux", scène insoutenable de la découverte d'un charnier provoqué par la répression féroce de Saddam, douleur du vieux Mirza forcé de partir seul en Irak, son fils risquant d'être engagé de force...

Je ne dirai pas plus sur la fin du film, cela dévoilerait un peu trop...Sachez tout de même que Barat trouve un amour compliqué (bah oui, revoir son coup de foudre à la recherche de son frère dans un charnier ca n'augure rien de bon), et qu'Audeh découvre qu'au lieu de chercher une douzième épouse, il peut adopter sans frais deux orphelins kurdes irakiens doués pour le chant... (la scène est à pleurer!)


J'ai beaucoup ri en lisant un commentaire sur le jeu des acteurs sur le site www.imdb.com

Almost all the dialogue is delivered in a uniform monotonous shout. No one hardly ever lowers their voice to a conversational tone or a whisper. Whether this restricted range is due to the fact that Kurds actually speak this way or to amateurish acting, I don't know; but it wears on the nerves, dazes one with its constant din, and robs all dialogue of nuance and impact.

Réponse: oui oui, les Kurdes parlent vraiment comme ca, et oui oui, ca tape sur les nerfs à la longue!



lundi, juin 05, 2006

A l'Est rien de nouveau

Mes excuses pour cette absence prolongée, me voila de retour de Hongrie et en France pour quelques temps, avant ins allah et si le temps le permet de m'installer à Bruxelles...

A l'Est rien de nouveau donc. Enfin si, même si globalement la tendance reste la même...

Ce qui attire mon attention, au milieu de communiqués laconiques alimentant le décompte de PKK et de Soldats Turcs tués au Kurdistan Turc, c'est l'initiative osée voir suicidaire des ces trois Kurdes, dont deux (Ibrahim Guclu et Zeynel Abidin Ozalp) citoyens suédois, arrêtés au mois de Mai au Kurdistan Turc par les "özel tim", équipes spéciale "anti-terroristes". Ces trois activistes, connus pour leur dénonciation régulière de la violence du PKK avaient eu cette idée originale: marcher de Diyarbakir à Silopi, dernière ville occupée avant la frontière irakienne, puis passer la frontière au poste de Kara Habur (Ibrahim Qalil en Kurde). Ils ont débuté leur marche portant des vestes couvertes de slogans comme "N'entrez pas au Kurdistan Sud, vous allez énerver le Nord", "Le PKK n'est qu'un prétexte, la vraie cible est le peuple Kurde et le Kurdistan" ou encore"le Kurdsitan est le pays des Kurdes, soldats, rentrez ches vous!" et "Les Kurdes veulent se gouverner eux-mêmes"

On admire l'audace, même si l'issue ne faisait guère de doute. C'est du moins une aspiration au martyr qui n'implique pas de se faire sauter dans un marché.


Ibrahim Güçlü

Ils ont évidemment été arrêtés sans ménagement avant même le début de leur marche. L'inculpation de "propagande terroriste et collaboration avec une organisation criminelle" est un grand classique indémodable, et semble même connaître un regain de succès auprès des procureurs turcs. On admire l'ironie, puisque le même Ibrahim Güçlü avait fait l'objet en 2005 de menaces de mort du PKK, comme à vrai tout kurde assez "Cesur" (brave) pour ne pas comprendre que le peuple est unanimement derrière Apo, merde quoi, il faudra le répéter combien de fois. Il avait répondu à ces menaces du PKK dans le journal Hürriyet en Septembre 2005...Il était également signataire de la pétition "que veulent les Kurdes de Turquie" signée par des intellectuels et des hommes politiques Kurdes de Turquie et d'Europe, rendue célèbre par la signature puis le désistement de l'innénarable Leyla Zana.

On remarque le refus toujours flagrant des autorités turques pour différencier "Kurde" de "PKK" malgré les discours officiels: tout engagement pour la cause Kurde est séparatiste et terroriste, point final...et ca arrange qui tout ca??? LE PKK! On ne le répetera jamais assez...En tous cas ce n'est pas moi qui arrêterai!

Ils seront présentés la cour pénal n°4 de Diyarbakir le 8 juin...



vendredi, mai 19, 2006

Ils ne savent plus quoi inventer...

Le Kongra-Gel a lancé une grande campagne "j'accepte Abdullah Öcalan comme ma volonté politique au Kurdistan" en faisant signer cette pétition au Kurdistan et en Europe. Après "sa santé est notre santé", voila "son cerveau est notre cerveau" ou "Apo pense pour moi"...le pire c'est que cette dernière phrase je l'ai déja entendue...

Personnellement le coup du cerveau ca m'inquiéterait légèrement, depuis le temps qu'il répète qu'il a des écoulements dans la tête à cause de ses conditions de détention qu'elles sont inhumaines (pardon que "aucun être humain n'a jamais été soumis à des conditions si rude" (sic))...

Voici quand meme les chiffres donné par le Kongra-Gel...

Le nombre des premières signatures s'élève à plus de 3 millions:

Kurdistan Nord : 1. 947. 600
Kurdistan Sud : 500.605
Kurdistan Est : 327.000
Kurdistan Sud-Est : 326.000
Diaspora : 135.078

Mais bon je vois pas l'intérêt, Öcalan est déja le président démocratiquement auto désigné (BASKAN) du Kongra-Gel et du PKK, le "REHBER" (Führer, pardon, guide) autoproclamé des Kurdes...pourquoi diable chercher la légitimité référendaire? Serait-il pris d'un doute affreux?




vendredi, mai 12, 2006

Rions un peu avec l'ONU


La liste des nouveaux membres du comité des droits de l'homme de l'ONU a de quoi faire doucement rigoler, comme dirait le petit Nicolas.

Cuba, Russie, Chine, Arabie Saoudite, Pakistan ont rejoint la nouvelle commission, distinguée dans le passé par le fait qu'elle était présidée par la Lybie. Notons que d'autres membres n'ont pas été réelus! Soudan, Népal, Erithrée, Syrie !

Amusons nous, et proposons nos candidats pour d'autres commissions:

Droit des minorités linguistiqes: France, Turquie

Droit des femmes: Afghanistan, Iran

Lutte pour la gastronomie et contre l'obésité: Grande Bretagne, Etats Unis

Propagation de la joie dans le monde: Hongrie

Développement des énergies renouvelables: Arabie Saoudite, Ukraine, Kazakhstan

Lutte contre les pandémies mondiales: Chine, Afrique du Sud, Vatican

Lutte contre la "traite des blanches": Albanie, Allemagne

Lutte contre la corruption : Guinée Equatoriale, Kurdistan Irakien, Autorité Palestinienne, France.

Défense de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés: France, Italie

Oui ca fait beaucoup de fois France, mais je compte bientot lancer le grand jeu-concours : quelle convention nationale de défense des droits de l'homme la France n'a-t-elle PAS violé en 2005 avec en cadeau une détention provisoire de 5 ans sans procès à 5 dans une cellule de 6m².

jeudi, mai 11, 2006

Echanges et partenariats

Si vous avez vaguement suivi, je suis en Hongrie depuis le mois de Janvier avant de bientôt (malheureusement) rentrer en France dans moins de deux semaines...

Une petite idée de mon activité hors-blog en Hongrie (bah oui quand même) sur le site du programme echanges et partenariats qui m'envoie, et ici pour les articles des volontaires partis dans d'autres pays!

J'étais en visite hier au camp de réfugié de Bicske, pas bien loin de Budapest...


mercredi, mai 10, 2006

Passage à tabac d'un étudiant kurde par les loups gris...



Officiellement lancées pour "protéger" le peuple Kurde et "punir" la Turquie, les attaques aveugles des TAK (faucons de la libération du Kurdistan) commencent à porter leurs fruits: les ratonnades commencent à Istanbul...

A la suite de l'appréhension par la police de 5 suspects en possession de 7,5 kg d'explosif, un groupe de nationalistes turcs a effectué une "descente" sur une groupe d'étudiants Kurde près d'ITU, Istanbul Teknik Universitesi.

La vidéo sur Istanbul Indy Media est disponible sur le site d'indimedya Istanbul. Je ne comprends pas bien dans quels circonstances elle a été prise, mais les images sont sans équivoque...le style (Costumes noirs,10 contre 1, coups de pieds sur un homme à terre) est définitivement celui des loups gris, probablement celui du BBP, parti qui a fait secession du MHP pour protester contre son discour trop modéré, et se signale régulièrement par ses actions coups de poing (comme l'attaque contre les conférences Kurdes et Arméniennes, contre l'exposition sur les émeutes de 1955, contre les célébrations orthodoxes, etc etc) On reconnaît la le grand courage des héros défenseurs des valeurs de la Turquie.

L'intervention de la police les met en fuite, même si les policiers ne semblent pas prendre la poursuite très à coeur...je ne comprends pas grand chose vu la qualité du son, juste que les policiers disent à la fin "mais c'est qui celui la?" et "un étranger?" et semblent protéger la victime...tout comme deux ou trois hommes dans la foule qui interviennent pour empêcher les agresseurs de s'acharner dessus "il faut les séparer" "mais quelle honte"...

Bref la nouvelle stratégie héroïque d'anarchie généralisée dans le but de faire remonter le sentiment anti-kurde est un succès indiscutable.

Je vous raconte la suite? Emeutes organisées pour protester contre cette agression par les fascistes turcs, répression, peut être morts, contre émeute..vesaire, vesaire (etc etc)...

mardi, mai 09, 2006

La stratégie de l'autruche

THE NEW ANATOLIAN, deuxième journal anglophone de Turquie avec le très médiocre Turkish Daily News a le mérite de s'intéresser de près aux problématiques kurdes en appelant un chat un chat, et en ouvrant ses colonnes à des opinions très diversifiées. La ligne principale est toutefois une position pragmatique visant à reconnaître les problèmes que l'Etat turc nie depuis des décennies, et ce dans l'intérêt de la Turquie.

Ilnur Cevik, que je ne voyais pas comme spécialement progressiste, dans son billet du 9 mai 2006 résume parfaitement l'absurdité des relations entre la Turquie et le Kurdistan Irakien: la diplomatie turque "enterre sa tête dans le sable", et refuse de voir que la communauté internationale considère déja la quasi indépendance du Kurdistan Sud comme un fait accompli: lors de la cérémonie du nouveau gouvernement "unifié" (l'unification pour les duettistes que sont le PDK et l'UPK, c'est 32 ministres, soit 16 ministres + 16 vice ministres de l'autre parti) de Nesirwan Barzani, étaient présents les envoyés de la France, la Grande Bretagne, la Chine, l'Inde, la Russie (qui va ouvrir un consulat à Erbil!!!), les Etats Unis, les Nations-unies...et un envoyé de l'Iran, pourtant théoriquement opposé à un Kurdistan indépendant.

L'ambassadeur turc à Bagdad lui boudait, et aucun autre envoyé turc n'était présent. Cette attitude surprend, d'autant que les contacts entre la Turquie et le Kurdistan étaient, malgré quelques effets de manches obligatoires à Ankara, plutot cordiaux. Visite du chef du MIT (services secrets) à Erbil, visite de Barzani à Ankara...Sans compter les milliards d'insvestissements turcs au Kurdistan, il n'est que de passer la frontière et de compter les panneaux publicitaires et les usines turques le long de l'autoroute entre Zakho et Duhok.

Ilnur Cevik écarte d'autorité le sempiternel arguement Turkmène, en rappellant que plusieurs ministres Turkmènes ont été nommés dans le nouveau gouvernement Kurde, notamment Vedat Arslan, ex chef des fascos du Türkmen Cephesi (front turkmène), nommé ministre de l'industrie.

L'autisme diplomatique actuel de la Turquie est confirmé par des rapports de plus en plus tendu avec l'Union Européenne qui ne poussent vraiment pas à l'optimisme béat....le rappel des ambassadeurs turcs au Canada et en France pour "consultation" au sujet de récentes déclaration concernant le Génocide Arménien rappelle les plus belles heures des années 90: le fossile Bülent Ecevit avait remisé sa voiture française au garage pour protester contre la reconnaissance du Génocide Arménien par le parlement (une connerie mais bon). Sa voiture japonaise de remplacement était tombé en panne, le forçant à finir à pied...

jeudi, mai 04, 2006

Erkan Mumcu (ANAVATAN) et les moustiques

Si avec ça la Turquie n'est pas accusée d'employer des armes chimiques contre la guérilla, je ne comprends plus rien.


Le président de l'ANAVATAN Parti (parti de la mère patrie), Erkan Mumcu se trouve dans une situation légèrement tendue. Ce parti comptait 22 députés au parlement turc, tous transfuges de l'AKP entre 2003 et aujourd'hui, Mumcu le premier. Mais l'Anavatan vient d'enregistrer une démission avec le départ d'Emin Sirin, qui avait quitté déjà quitté l'AKP en 2003. Celui-ci, connu pour ses positions nationalistes, reproche à Mumcu d'avoir utilisé le terme de "guérilla" pour désigner les actions du PKK. C'est très mal, le seul vocable attribuable au PKK depuis 1984, c'est "terroriste", et on ne plaisante pas avec ca.

La justification embrouillée d'Erkan Mumcu est très plaisante. Dans la plus grande tradition turque, il se lance dans une métaphore filée savoureuse..

Si nous n'avons pas réussi à éliminer ce problème lors de 30 dernières années, nous devons trouver où nous avons fait une erreur. On ne peut se débarasser de la Malaria en tuant les moustiques. Le séparatisme n'est il pas la plus grave des maladies? Ce qu'il faut faire c'est se débarasser de la malaria en asséchant les marais. La nouvelle loi anti-terreur préconise de tuer les moustiques en utilisant du Sheltox (un pesticide apparemment). Mais le Sheltox ne tue pas les moustiques, il se contente de les anesthésier. Donc, les marais vont continuer à produire des moustiques.

Suite à ces digressions entomologistes, Mumcu a préconisé un ultimatum contre l'Irak, rappellant celui donné à la Syrie en 1998, contribuant à l'expulsion (sans rancune) d'Abdullah Öcalan par le régime Baathiste et aboutissant à sa capture 5 mois plus tard.

Moralité il ne faut pas espérer grand chose des partis laïques turcs... dans le genre très con, ils n'ont rien à envier à l'AKP, au contraire.

Accordons tout de même à M Mumcu le mérite d'avoir fait changer le vieux logo tout moche de l'Anavatan.



Le Vieux (1983)

Le Nouveau (2005)

Au nom du bon gout (relatif), merci.

The Return of the tueur de bébés

Si vous faites un tour sur quelques sites turcs nationalistes (ou sites de l'immigration turque), vous verrez que la principale ligne de défense contre les revendications kurdes est la dénonciation du PKK (et donc des Kurdes dans leur esprit) comme "tueur de bébés". Il y a les gentils kurdes, assimilés et turcophones, et les méchants kurde qui tuent les bébés et font rien qu'à vouloir prendre un bout de la Turquie. Ces assertations sont souvent appuyées par moult photos sanguinolantes de nourrissons mutilés.

L'aspect rigolo de ce étalage de barbaque, c'est que ces photos (que je m'abstiendrai de reproduire) sont utilisées dans les sites PKK pour prouver les exactions de l'armée turque. Comme quoi mourrir pour rien à 6 mois permet tout de même d'accéder à une postérité internationale.

La nouvelles stratégie made-in-Kandil (la base du PKK au Kurdistan Sud), c'est de donner raison à l'adversaire. Ca commence par tenter de prouver que les Kurdes sont rien que des barbares qui veulent mettre le pays à feu et à sang (pour l'opinion turque), des méchants terroristes qui ne rêvent que de carnage dans les lieux touristiques (pour l'opinion internationale), et un facteur d'instabilité pour la région (embuscade contre l'armée iranienne, infiltration en Turquie), et ce pour ruiner tous les efforts dipomatiques des dirigeants du Kurdistan Sud en faisant masser à ses frontières les deux plus grandes armées de la région qui n'en demandaient pas tant! Cette semaine en effet se sont succédées les rumeurs d'invasion de l'armeé turque à Zakho et Amidya (fausses bien entendues, ca me ferait mal) diffusées par le journal Zaman, et les attaques bien réelles des troupes iraniennes à la poursuite du faux nez du PKK en Iran, le PJAK.

Pour en revenir au tuage de bébés, la dernière dépèche qui nous parvient du "sud-est anatolien", fait état de l'attaque d'un convoi militaire près d'Hakkari. Le problème c'est que le véhicule militaire escortait un bus d'écoliers (des enfants de soldats d'après associated press), ce qui est moyennement classe. L'autre problème c'est que ce ne sont pas les enfants des militaires turcs qui ont été blessés (ce qui est peut être justifiable dans la mentalité PKK actuelle), mais des enfants jouant sur le bord de la route, et sans vouloir faire ma mauvaise langue, à Hakkari, à priori, ce sont des Kurdes...Au total 8 militaires et 11 enfants ont été blessés...


mardi, mai 02, 2006

PKK: Haro sur le DTP

Décidemment ca barde! Les appels à la paix du DTP et du maire de Diyarbakir Osman Baydemir (photo) n'ont été que modéremment appréciés par le commandement militaire du PKK.


Alors que l'armée turque lance des opérations contre notre peuple, demander la paix signifierait l'anhiliation. Dans les circonstances actuelles, ni le KONRA GEL ni sa branche armée (HPG) (forces d'auto défense du peuple) ne demandent la paix. Demander la paix signifie accepter la défaite. Nous avons demandé au peuple d'intensifier la résistance. De ce fait, si quelqu'un, que ce soit un parti politique (donc le DTP) ou un individu (donc Osman Baydemir) demande l'arrêt de la résistance, notre peuple ne devrait pas l'écouter. A ce sujet, vous devriez suivre les conseils du HPG.

De manière assez surprenante, on se retrouve dans la configuration des rapports entre le HADEP de Murat Bozlak et le PKK aux environs de 1996...Soit un mouvement politique Kurde qui tente de se démarquer voir s'oppose au PKK, et un PKK jusqu'au boutiste et la bave aux lèvres qui lance l'anathème sur tout ce qui dépasse et tente d'émettre des réserves sur un stratégie appelant les jeunes kurdes à établir des cellules de résistance armée dans "chaque village, ville, quartier, district et métropole." "Quand il y a une opération militaire, ces cellules doivent tuer les forces de sécurité. Dans les circonstances actuelles, ce type de structure est une obligation et un devoir immédiat." Il faudrait également selon ce communiqué "viser les cibles civiles, les destinations touristiques, les usines". "Vous pouvez viser la police, les soldats, les bureaucrates qui défendent les opérations militaires, les bureaux de l'AKP et du CHP au Kurdistan, et les partis qui haïssent le peuple kurde"..

Détail amusant: les partis kurdes en faveur de la paix devraient la fermer, les partis turcs en faveur de la guerre doivent être attaqués !

L'innovation de ce communiqué, qui ne fait en fait que confirmer une stratégie apparente depuis le début de l'année 2006, c'est l'appel à l'insurrection spontanée, à l'action individuelle avec des moyens artisanaux: objectif affiché: le chaos total.


Pourquoi une telle tactique? Parce que les jeunes ne rejoignent plus la guérilla. Gageons que le bruit à du courir: lavage de cerveau, conditions de vie extrêmes, sous équipement voire sous-nutrition dans les montagnes, combat inégal contre des forces turques suréquipées...procès et purges internes, interdiction de garder des liens avec sa famille, etc etc sans compter la désaffection progressive envers le PKK depuis la trahison d'Öcalan en 1999.

L'insurrection urbaine peut donc séduire les franges désespérées des jeunes kurdes déracinés dans les métropoles du Kurdistan et de l'Ouest de la Turquie. Une attitude nihiliste, sans le moindre espoir de "vaincre l'ennemi" malgré ce que peut brailler le "HPG"... mais qui aura le mérite d'attirer une répression aveugle et un récul général de la timide démocratisation en cours en Turquie.

Revenons d'ailleurs au détonateur officiel des émeutes urbaines qui ont secoué le Kurdistan et la Turquie: la mort de 14 guerrileros du PKK dont l'enterrement a dégénéré en émeutes à Diyarbakir. Selim Curukkaya, dissident du PKK a sa petite théorie la dessus: "on ne peut même pas cacher un oeuf sur le terrain où ont été tués ces 14 militants: Les chefs du PKK ont envoyé intentionellement ces militants à un endroit ou ils devaient être tués. Ils voulaient mobiliser les masses dans une manifestation violente"

D'après le New Anatolian, des sources militaires affirment avoir été surprises d'avoir trouvé les 14 militants regroupés dans une grotte...

Moralité, plus mes théories s'avèrent exactes, plus je déprime.

Pour en revenir au DTP, une purge est à craindre...Une chose me rassure celà-dit: j'avais été très surpris de la nomination d'Osman Baydemir comme candidat du DEHAP aux municipales de Diyarbakir, le bonhomme ayant un passé de défenseur des droits de l'homme et de modéré qui ne le plaçait pas vraiment dans l'orbite du PKK. Son attitude récente prouve que le pari du PKK de le contrôler était risqué, et il risque de faire les frais de ses vélléités d'indépendance, comme Murat Bozlak en son temps.... Provocation relevée par le New Anatolian : Baydemir est parti en visite à Washington le 15 février, jour officiel de deuil pour l'arrestation d'Abdullah Öcalan en 1999...Et on ne peut pas vraiment dire qu'il puisse compter sur le soutient du gouvernement: Erdogan en visite a refusé de lui serrer la main, et la plupart des maires DTP sont au mieux ignorés au pire harcelés par les autorités...


mardi, avril 25, 2006

Une visite qui s'impose EVDAL.COM

Si vous avez quelques minutes devant vous, venez vous perdre sur ce site magnifique, une des plus belles réalisations qu'il m'ait été donné de voir sur internet.

Evidemment, c'est en turc. Mais rien que pour les yeux le voyage vaut le coup...petite musique en arrière fond (restez assez longtemps pour entendre le Duduk résonner...), interface ludique avec la possibilité de jouer du saz en laissant la souris glisser sur les liens (et le tout en harmonique avec le fond sonore, quand même!)

Je ne suis pas chien et je vous offre les meilleurs links de ce site

La sonothèque, avec quelques 32 morceaux (temps de chargement = 0) en qualité parfaite...cliquez sur Sanatçi pour avoir les photos des artistes. Ah oui évidemment, c'est un site kurde, avais-je oublié de le préciser....Aynur Doğan (et oui "encore!"), Rojin, Sezen Aksu, Erkan Oğur...une très bonne introduction à un certain type de musique kurde et turque...

La galerie photo, un modèle du genre (déja on ne peut rien piquer, ce qui règle pas mal de problème)... fond sonore envoûtant (duduk) "Bir Yudum Kurdistan" Signifie "Une gorgée de Kurdistan"...découvrez les photos une à une ou utilisez l'option panorama en bas à droite...j'ai personnellement versé une larmiche devant la photo d'Hassankeyf (bah oui "j'y étais!")

L'artiste est Baran Fundermann, sur lequel je n'ai pas vraiment d'infos...

Le reste du site ne présentera que peud 'intérêt pour un non turcophone, mais je vous en prie faites un tour sur ce site exceptionnel!!!!!!!!!!!

lundi, avril 24, 2006

Fransa, Ya Sev Ya Terket!!!!!

En francais : la France soit tu l'aimes soit tu la quittes.

Il est rigolo Sarkozy parfois. En France on ne rigole que parce qu'il vient de piquer le slogan du MPF de De Villiers, ou de le paraphraser minablement c'est selon, avec son beau "si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter". La ou je m'insurge, c'est quand je vois Philippe de Villiers hurler au scandale et au viol de copyright. Mais de qui se moque-t-on???

Soit tu l'aimes soit tu la quittes, c'est un copyright, une marque déposée, que dis-je, une marque de fabrique du fascisme turc gogolisant et archaique, du loup gris au crâne ras et au front bas, du bouffeur de tout ce qui ne rentre pas dans le rang et pète de travers par rapport à des principes sacro saints qu'Atatürk lui-même ne reconnaîtrait plus. YA SEV YA TERKET, j'ai du l'entendre deux ou trois fois, lors d'une anodine cérémonie orthodoxe au bord de la corne d'or, lors de l'exposition de photos des émeutes de 1955, on l'a entendu lors des conferences sur le genocide armenien et sur la question kurde...


Et il faut croire que ce sera un slogan de campagne pour la présidentielle francaise. J'éspère juste que quelqu'un aura la bonne idee de relever le fait que Sarkozy puise son inspiration a la fois dans le bon fascisme à la francaise bien de chez nous, mais aussi dans le fascisme etranger ET musulman. Si ça c'est pas de l'ouverture internationale!! Je rêve de le voir tenter de séduire la diaspora armenienne avec ca !

vendredi, avril 21, 2006

La stratégie du PKK fonctionne à merveille...

Petite absence sur ce blog due à un ras le bol général devant la dégradation de la situation au Kurdistan Turc...toutes mes excuses!

Apparemment ca c'est légèrement calmé, les émeutes sont terminées et le seul attentat ces derniers jours à eu lieu à Izmir (sans victimes). Le moins qu'on puisse dire en tous cas c'est que la statégie de chaos du PKK que j'ai cru bon de dénoncer sur kurdishmedia a atteint ses objectifs...voyez plutot!

Recep Tayip Erdogan est menacé par Devlet Bahçeli du MHP (extrême droite nationaliste) qui lui dit qu'il "sent le souffle du loup gris dans sa nuque" (berk, j'imagine l'haleine), et tente un virement à droit à coup de déclarations belliqueuses, bombage de tourse et autres hérissements de moustaches menaçant pour les Kurdes.

50 membres et dirigeants du DTP sont en prison...ca sent les élections anticipées tout çà!

Une nouvelle loi anti-terroriste va être votée! D'après les journaux turcs, qui s'insurgent, elle annule de fait la plupart des réformes de code pénal qui ont eu lieu sous la pression de l'Europe...

L'armée turque vient d'annoncer (reuters) que 40 000 hommes supplémentaires étaient envoyés dans le "Sud-Est" à Hakkari afin de contrer les infiltrations de plus en plus nombreuses de PKK. Ce qui est très drole c'est que l'Officier qui fait cette déclaration annonce que "le PKK essaie d'envoyer près de la moitié de leur 4900 guerrileros en Irak Nord (Kurdistan Sud) attaquer les villes turques".

La ca devient très très fort. L'armée sait donc à 100 soldats près combien le PKK compte de troupes. Admettons: ca fait des années qu'ils parlent de 5000 membres, et ils ont bien du en dégommer une centaine ces derniers mois, simple arithmétique. Beaucoup plus fort, l'armée turque semble informée en temps réel des mouvements de troupes du PKK et des intentions de leurs dirigeants.

Mais foin de mauvais esprit! Le Kurdistan est à nouveau truffé de soldats, les Kurdes sous surveillance, la situation ultra-tendue, le nationalisme galope, le racisme anti-kurde ne peut qu'augmenter, les Kurdes de Turquie vont perdre toute la sympathie qui pouvait leur rester en Europe avec les attentats suicide qui vont peut être ensanglanter les centres touristiques...

Non vraiment bravo! Je suis content que le PKK ait "repris la lutte" parce que la démocratisation n'allait pas assez vite! Vraiment, j'ai bon espoir que ca aille beaucoup mieux maintenant!!!


lundi, avril 03, 2006

Réponse à mon article dans Kurdish Media

Turkey: strategy of chaos!
4/3/2006
KurdishMedia.com - By Goran Sadjadi
This article is not intended as a response to Thomas Jezequel’s “PKK: strategy of chaos”, but instead to provide readers with a balanced view of the situation in Northern Kurdistan.

The recent unrest in Diyarbakir, known as Amed to the Kurdish people, among other cities in the Kurdistan region of Turkey began when a large crowd of mourners refused to disperse after the funeral ceremonies of four of fourteen Kurdish guerilla fighters. The guerillas were killed on March 25th during a large Turkish military operation in the city of Mus. Since then, riots in Diyarbakir, Batman and other neighboring cities have led to the destruction of private and government properties, and a battle between Kurdish protestors hurling rocks and firebombs at Turkish police, and police firing aimless rounds at the crowds. The Turkish security forces continue to respond with violence, and as well as over 400 people have been injured in the events and eight people killed. Clearly, this kind of civil unrest does not gratify Turkish government officials in Ankara who are seeking EU membership for Turkey. However, with the use of the Turkish media and other sources at their will, the government has very easily turned these events into a blame-game and way to target elected Kurdish politicians in Turkey.

Recent events in Kurdistan have been fairly positive for the democratic progress of the legitimate Kurdish parties operating in Turkey’s government. Just prior to the unrest, Osman Baydemir, elected mayor of Diyarbakir, made a visit to the United States seeking help for the development of his city. The democratic progress and increasing support that Baydemir has been able to achieve has further agitated government officials in Ankara, as well as Turkish military heads, who are beginning to feel threatened by Baydemir’s pro-Kurdish stance after he made a public statement declaring that he will “continue to use Kurdish.” Baydemir was implying to peoples’ right to freedom of speech with this statement following a letter he sent to the Danish government asking them not to shut ROJ-TV down; a Kurdish satellite station suspected by the Turkish government to be funded by the outlawed Kurdish-separatist group, the PKK.

Despite the legitimacy of Osman Baydemir and the DTP, which includes membership of over thirty other Kurdish mayors in Turkey, Turkish officials and the media will stop at nothing to end their success. An investigation about the letter sent to the Danish government is already underway. And now, with focus on the violent unrest in Diyarbakir, it is unclear whether Turkish military objectives have gone as far as to physically harm the Kurdish mayor. These assumptions may be extreme but it was as equally as inordinate to learn that Osman Baydemir was harassed by the Turkish Special Team (anti-terror unit) while trying to make a public statement of peace to calm the agitated protestors. Some reports have claimed that Baydemir’s vehicle was attacked by the Turkish Special Team causing injury to his chauffeur. However, no one should be surprised by the actions of the Turkish military since it is still unclear how connected the democratic-seeking government and warmonger-military actually is, despite their claims.

Turkey has clearly incorporated a strategy of chaos, and not peace, in reaction to the recent protests. In response to the recent violence in Diyarbakir and the surrounding cities, the Turkish government has praised the security forces’ handling of the riots. This is despite the security forces’ negligent acts of shooting aimless rounds of bullets, which have resulted in the murders of two children in the midst of the protests. The Prime Minister of Turkey, Tayyip Erdogan, has gone even further by stating “The security forces will intervene against the pawns of terrorism, no matter if they are children or women.” This is opposite of Baydemir’s statement of peace.

The Turkish government has become extremely impatient with the PKK and the military has consequently ordered several key strikes against PKK camps. The killing of guerillas in a resistance combat should be expected. However, one must consider the facts that the recent operation was planned during the month of the Kurdish holiday, Newroz. Similar tactics were used by Saddam Hussein against the Kurdish rebels in Iraq as means of psychological damage. The Kurdish people are inclined to mourn at a time of the year when they should be celebrating. In addition, during the funeral of the guerilla fighters, the Turkish police attacked the crowds causing further agitation and unrest in the city. Local sources have claimed that the police have also blocked the emergency units in the hospitals for preventing the treatment of the injured protesters or have detained them under beatings prior to the completion of their treatments.

Certainly, all people will be blamed, whether partly or wholly responsible, whenever violence is used a method of making a point. One will question why there were children in the midst of a violent protest. However, the State must be required to respond to violence with peaceful tactics, rather than ones that provoke more chaos. Peaceful tactics are clearly something the Turkish security has proved they are incapable of in the past, or in the current events taking place in Kurdistan. Kurdish politicians should be very cautious of the Turkish government’s strategy and how these events will be used to tarnish the careers of Baydemir and other members of the DTP. Turkish prosecutors have already been ordered to begin building cases against the elected Kurdish officials despite the lack of proof of their affiliation with the protests. The lack of proof however should not be taken for granted, as many prosecutors have successfully issued the “separatist card” in Turkish courts as a means of evidence. The Turkish State must do a lot more in regards to their democratic reform if they wish to obtain EU membership. Allowing a language to be spoken that was previously outlawed, but barring it’s use from political institutions still, is not the democratic progress that will easily please Kurds in the country. The 60% unemployment rate, the homeless as a result of wrongful displacements, the limited educational institutions, and many other problems that need attention in the impoverished southeast Kurdish region of Turkey (Northern Kurdistan) are most important to the Kurdish people.

The only bold responses made by the Turkish government in regards to these issues have consisted of more violence and more political strategy in Kurdistan. One must ask whether the Turkish government has praised its security forces for maintaining peace, or if they praised them for carrying out a mini-war against the people of Diyarbakir and Batman.

Goran Sadjadi is an active member and President of the Kurdish American Youth Organization.

dimanche, avril 02, 2006

PKK: strategy of chaos

Publié sur kurdishmedia.com, la flemme de la traduire en français

PKK: strategy of chaos?
4/2/2006
KurdishMedia.com - by T ***
It has been obvious, since January 2004 and the clash between Osman Öcalan and Murat Karayilan, that the warmonger wing of the PKK had taken control of the party.

Increasing fights in 2005, targeted murders against members of the PWD, and blind bomb attacks in Kurdistan and in Western Turkey were a sign that the democratization of Turkey was not welcomed by the new leadership of PKK. TAK, who claimed the attacks against foreign tourists in Cesme and Kuşadası is said to be an “uncontrollable group” operating independently from the PKK. Funnily enough, it would probably be the first Kurdish group to achieve this: in the past every attempt to build a independent group or party, in Kurdistan, Turkey or Europe, was mercilessly crushed. There can only be one voice of the Kurds, and this voice is Öcalan’s. The idea of a TAK conducting bomb attacks against the will of PKK is thus hard to believe.

Here is an extract of an allegedly TAK e-mail sent to journalists

In everywhere of Turkey, the bombs will explode, the assassinations and sabotage actions will happen. We will not recognize any rule. Everything and everywhere are targets for us. We concentrate on the target, attack the target with revengeful spirit and we destroy it. We are calling about tourism.

It is one of the most important source which feet the dirty and special war, so it is one of the first targets that we will attack. We warn the foreign and native tourist to not go to the tourist areas in Turkey. We are not responsible for who will die in the actions that will happen in those areas. Turkey is not secure country and never will be. Because we are a people which have a risk of destruction and we are in a war.


In their last attack in Friday march 31st, the “target” of high importance on which they concentrated was apparently a rubbish bin in the Fatih Area of Istanbul. The vengeance’s victim was a simit sellor. Who knows if he was not Kurd? What exactly is the death of tourists or innocent civilians supposed to give to Kurds? Anti-Kurdish propaganda in Turkish press, justification of repressive policies, and undermining of the democratic reforms, genuinely or not realized since November 2002 in Turkey. Yes genuinely or not. Denouncing every progress realized by Turkey on the road to European accession as “cosmetic” and “hypocritical” is hard to understand. As if it was preferable to live under a convinced fascist regime than under an hypocritical democracy…of course, Turkey is reforming on European pressure and against the will of Kemalist fossils and every improvement is a harsh fight between government and military, intellectuals and civil servants, but the fact is that things changed and should keep changing.

But what would PKK gain from peace and democracy? This is the impossible equation of this party: it can only be important in a context of terror and chaos. Who can seriously believe that the new leadership decided to resume fighting because “democratization” was to slow, as if ambushes and bomb attacks had ever contributed to democracy in any country? The truth seems to be that a Kurd with a little new hope in the future tends to forget that he is first and foremost supposed to die for Apo. Numerous Guerilas fled PKK after Öcalan treason in 1999, some choosing to serve a few years in Turkish jail instead of staying in camps in South Kurdistan.

This says a lot. During a trip in South Kurdistan in august 2005 I met among PDK or PUK peshmergas ex-members of PKK who chose to place themselves under the protection of the south Kurdish parties, denounced as “feudal” or “tribal” by Öcalan…

If every right of Kurds are respected by Turkey, PKK role is over. It becomes a useless archaic party, unable to recruit and trying to prevent its last guerrillas to try to come back to a normal life. Every mention to democracy or human rights by PKK is an insult, as proved the execution of Kani Yilmaz. As a Kurd you just have no right to disagree with the line of the party.

What is Murat Karayilan saying in his March 27 declaration?

For years, the Turkish State has attacked the liberation struggle in different ways, notably by trying to find an alternative to its leadership. This was especially directed against Mr Abdullah Öcalan.

Translation: Turkish Bastards! They keep trying to find a solution outside PKK!

It is actually far from being true! Turkish State has always been very happy that PKK was the “only voice of Kurds”, it was too easy to gather the public opinion against the methods of this party and justifying every human right abuse, every act of torture, “unexplained disappearance” and unlawful execution by the struggle against “separatist terrorism”.

Let’s be honest: the emergence of a democratic Kurdish party, as HADEP was trying to be in its time would have been a catastrophe, for PKK like for the warmongers in Turkish Deep State: Anti EU and PKK have a common interest: war and oppression are for them a key to power, power they don’t want to lose. PKK stopped fighting in 1999 in the middle of one of the harshest period of repression against Kurds. The Ecevit government during 1999, ruling with MHP fascists was respecting the best tradition of Turkish fascism, negationism and fake belief that the Kurdish problem was only one of terrorism. PKK did not fight THIS Turkey in 1999, 2000, 2001, 2002. What did they do? They tried to recover from the stunning “my mother is a Turk, long live Atatürk” issued by Öcalan at his trial, denounced the Dersim Guerrila which wanted to keep on fighting, organised contradictory congresses, executed opponents…but didn’t fight against Turkey.

Now nobody in Kurdistan can hid his support to Mr Öcalan. Especially in Turkey, every Kurd has the right to say that he or she sees in Öcalan his leader and his political will. There is no need to hide what millions of people showed publicly.

Translation is easy! Just change “has the right” by “must” and “no need to hide” by “would better show”. PKK lost a lot of support among Kurds. Why did the rioters in Diyarbakir burn some (Kurdish) shops? Because these shops refused to close at the order of the PKK. So, lucky Kurds from north Kurdistan, you know what you will face if you do not genuinely show your support to Öcalan. PKK felt the Kurdish people slip from its hand, it is time to go back to business.

Not understanding the message delivered by Kurdish People will not in any case allow resolving the Kurdish question

Do we really need to translate there: PKK will not allow the Kurdish Question to be resolved without PKK. Better war, oppression, death, than a democratic society without PKK. Should we still think that PKK is fighting for Kurdistan? It is not for a long time fighting for independence anymore. It pretends to fight for Öcalan but in reality only use his name to justify its action. It is only fighting for itself, for keeping his grip on the society.

The riots happening in Kurdistan for a few days are a huge blow for Kurds.

They take place a few weeks after an historical Kurdish conference in Istanbul, immediately dubbed as “cosmetic” by PKK. They give weapons to the worse fascists among the Turkish military, in a context where they as well feel that they are losing their power. The “flag incident” last year gave a pretext to Turkish press to start a chauvinistic nationalist campaign against Kurds, after the burning of a Turkish flag by a few kids in Diyarbakir for Newroz 2005. The most ridiculous thing maybe is that the rioters are officially protesting against the death of PKK guerrilla in clashes with Turkish Army. As if you could chose to make war to a country and expect it not to retaliate: of course, in a war, people get killed. TAK’s bomb attack in Istanbul on Friday March 31st was supposed to be a “reprisal” for the killing of 14 PKK members. Courageous enough: the army kills some guerrillas; let’s kill some civilians as retaliation.

PKK strategy looks like they want a “palestinalisation” of the conflict: bloody riots, bomb attacks against civilian targets for “reprisal”, and kids killed in protests, immediately given the rank of martyrs. This is exactly what North Kurdistan needs: Repression, violence, a new state of emergency and new Shehids.

How sad is it that the only hope can come from Turkish State! Will they be clever enough to avoid a blind repression, will they keep on their reforms now that PKK is trying to prove them how wrong they were to reform… Fifteen years ago, the same riots in Cizre provoked the death of more than one hundred people: the methods seem to have changed, but for how long will the response of the State be so relatively “moderate” compared to its usual standards?

DTP position is courageous: Osman Baydemir called for peace and asked the rioters to go home. He should be denounced as a “fascist traitor” or a “Turkish agent” very soon.