vendredi, novembre 09, 2007

Irrécupérable?

Et si la Turquie était tout simplement irrécupérable? Et si tous les timides pas en avant étaient perpetuellement à refaire? Depuis que j'ai commencé, en 2002, à m'intéresser à ce pays lors de mon premier séjour, la Turquie n'a jamais connu une telle hystérie, une telle violence, un tel délire nationaliste irrationnel. L'histoire montre bien sûr que ce n'est pas la première fois.

Sans préjuger des horreurs qui peuvent encore se produire pendant les deux mois à venir, le bilan de 2007 est effroyable. Commençée avec l'assassinat de Hrant Dink, l'année a vu le débat politique trusté par l'opposition nationaliste, par les délires anti-européens, anti-américains, anti-juifs, anti-kurdes, anti-intellectuels, anti-ennemi-de-l'intérieur. Je pensais sincèrement que les élections du 22 juillet mettraient un terme à ce baroud d'honneur des "associations pour la pensée d'Atatürk," des "Grande Union des Avocats" et autres présidents vétoïsateurs compulsif, et remettraient la Turquie sur la voie de la démocratisation et de la normalisation. C'est ce que mérite ce grand pays, et ce qui méritent les millions de Turcs ne partageant pas la conviction farouche que "Her Sey Vatan için" (tout pour la patrie)...

Mais le mal est plus profond. L'AKP, après avoir suscité de nombreux espoirs (et j'étais le premier à les défendre), donne des gages aux militaires et aux nationalsites fous furieux pour tenter de rassembler. Dans un contexte hystérique alimenté savemment par les attaques du PKK (le seul mouvement non-séparatiste qui emploie la violence pour respecter les frontières du pays qu'il combat)(sic), les Cemil Cicek et Mehmet Ali Sahin parviennent à occulter les tentatives d'Abdullah Gül et de Recept Tayip Erdogan d'apaiser la situation.

Et si c'était concerté? Le gouvernment freine des quatre fers pour empêcher une intervention en Irak, qu'il sait vouée à l'échec et qui causerait la fin des espoirs d'intégration européenne. Il mandate donc deux ou trois ministres pour carresser les Martyrophiles dans le sens du poil. D'où les propos surréalistes du ministre de la justice regrettant que les prisonniers rentrent vivant. D'où la volonté de Cicek d'attaquer encore et encore les députés DTP, en s'interrogeant sur leur passé, leurs liens familiaux, et probablement la langue dans laquelle ils rêvent.

A Paris, à Bruxelles, en Allemagne, les loups gris achèvent de dessiner l'image du Turc dans l'inconscient européen. Non seulement il est musulman, sa femme est voilée, mais en plus ses enfants se mettent à 100 contre 1 pour passer à tabac des journalistes, des Kurdes ou des Arméniens. Image superficielle, déformée, outrée, puisque la majorité silencieuse de la communauté turque en Europe est la première frappée par les militants d'extrême droite. Mais la France l'Allemagne ou la Belgique ont perdu l'habitude des défilés fascistes, des lynchages et des chasses à l'homme, et le pékin moyen, dont je fais partie, se demande pourquoi ces jeunes qui se déclarent prêts à mourrir pour leur pays restent bien en sécurité à 4000 km du Kandil. Il est bien sur plus facile de tabasser un "chien d'arménien" ou un "traître" que d'aller dans les montagnes "casser du Kurde".

J'aime trop ce pays pour être totalement découragé. Il reste en Turquie, avant qu'ils soient abattus au coin d'une rue, de nombreux intellectuels et journalistes (vendus à l'occident et au complot kurdo-arménien), des associations comme les "Genç Siviller", qui défendent un idéal de démocratie et de pacifisime. Mais chaque jour, pour le plus grand bonheur des loups gris et du PKK, la Turquie semble devoir tomber plus bas...


jeudi, novembre 08, 2007

Kenan Evren regrette

L'ex-putschiste de 1980 serait il travaillé par les remords? Après avoir fait scandale en proposant un système fédéral en Turquie, Kenan Evren exprime maintenant ses regrets quant à l'interdiction de la langue kurde, gravée dans le marbre de l'article 26 de la constitution militaire de 1982.

"C'était une erreur, nous n'aurions jamais dû faire ça" avoue-t-il, expliquant sa décision à l'époque par une visite dans une école primaire kurde, lors de laquelle il a découvert que certains enseignants utilisaient toujours le kurde en pratique.

Evren reste cependant opposé à l'enseignement du kurde à l'école (on cherche la logique).

Imaginons maintenant Monsieur "Pas de repentance" Sarkozy s'excuser au nom de la France pour l'interdiction du Breton et le combat pour son éradication...Après son accueil au Guilvinec, on peut toujours rêver...i

mercredi, novembre 07, 2007

Engagez vous, rengagez vous qu'ils disaient

Pauvres otages libérés! Ils doivent maintenant regretter la tranquillité de leur brève captivité dans les monts Kandil...ou de ne pas être morts en martyrs en refusant de se rendre après avoir vu 12 de leurs camarades tomber.



Ils sont maintenant interrogés par les forces armées turques, depuis plusieurs jours, sans possibilité de se défendre.

Mehmet Ali Sahin, ministre de la justice, a déclaré "Aucun membre des forces armées turques n'aurait du se trouver dans une telle situation. Je ne peux pas accepter le fait qu'ils sont partis avec les terroristes cette nuit la. JE NE PEUX PAS ETRE TRES HEUREUX DE LEUR LIBERATION"

On imagine la joie de Madame Sahin, à l'idée que son mari serait contrarié par le non sacrifice volontaire de son fiston pendant son service militaire. La presse turque devrait se poser la question: si il y a un Mehmet Ali Sahin junior, OU fait il son service? A Izmir? A Bodrum? Vérification faite, Mehmet Ali Bey a 4 enfants...

Mehmet Ali Sahin, Ministre de la justice

Cemil Cicek lui se contente de blâmer les députés DTP qui sont allés négocier la libération des prisonniers avec le PKK. Encore tout faux les gars, bien essayé... Le procureur d'Ankara les a déja attaqué pour liens avec une organisation historique.

Bianet cite l'exemple de la libération de Coskun Kirandi, prisonnier du PKK en 2005. La délégation qui avait négocié avec le PKK à l'époque avait été attaquée pour "diffuser la propagande d'une organisation terroriste", mais la cour pénale de Malatya avait jugé que l'initiative était basée sur des "raison humanistes".

Humaniste, humaniste...ça rime avec séparatiste ça, c'est louche!

Hürriyet se pose légitimement la question

SERONT ILS JUGES? Les réponses ici...


La leçon sera sûrement retenue par les prochaines prisonniers du PKK. Vu la reconnaissance de la mère patrie, ils resteront bien sagement dans les montagnes, quitte à se farcir une rééducation politique complète. Au moins ils parlent déja la langue officielle du PKK...

lundi, novembre 05, 2007

Comme prévu...

Apo Junior, pardon Osman Öcalan, le frère de l'autre, indique que les forces du PKK en Irak sont en train de fondre comme neige au soleil: elles se retirent en fait en Iran, à la frontière turque...

Rassurons nous, la presse turque n'en est pas à ça près et appellera bientôt à "punir" le régime des ayatollahs et à annexer l'Azerbaïjan iranien pour faire bonne mesure!

Si toi pas martyr, toi traître!

Un article de Today's Zaman, relatant la libération des soldats turcs prisonniers du PKK, s'élève contre certains commentateurs dans la presse turque, qui laissent entendre qu'il aurait été "plus honorable pour eux de mourir que de se laisser capturer". Ayant de la suite dans les idées, ces mêmes commentateurs s'interrogent sur les origines des soldats, probablement des Kurdes n'est- ce-pas.

Dans sa lutte contre "l'organisation marxiste terroriste", la Turquie devient tout bonnement stalinienne: bientôt, les soldats qui reculeront seront fusillés sur place, et ceux qui se laisseront capturer seront envoyés en camp de rééducation après leur libération. Kemal Kerinçsiz deviendra le nouveau Vychinsky terrassant les "vipères lubriques", Büyükanit fera un magnifique Brejnev, et Hürriyet une très crédible Pravda...

Les 8 soldats devraient être réintégrés à l'armée, et renvoyés au front. On s'interroge sur le geste du PKK: quel intérêt de libérer ces prisonniers en sachant qu'on obtiendra rien en échange? Geste de bonne volonté certes, mais face à un ennemi qui en est totalement dénué...bonne nouvelle cependant, on peut désormais sortir libre et vivant des camps du Kandil...

Selon Abdulrahman Cadirci, porte parole du PKK, la libération des soldats doit s'entendre comme un acte de bonne volonté pour favoriser la libération d'Abduallah Öcalan. Selon les députés DTP qui ont réceptionné les soldats à leur libération, ceux ci ont répété qu'ils avaient été très bien traités, et qu'ils étaient très réconnaissant envers le DTP, et même envers leurs ravisseurs, qu'ils n'ont quitté qu'après moutl embrassades...de quoi alimenter leur futur procès en sorcellerie...

samedi, novembre 03, 2007

Honte sur moi...

Le message était passé inaperçu dans mon spam hotmail... (oui chers lecteurs, c'est ici, filtre hotmail exclusif oblige, que finissent vos messages, que je sauve systématiquement et auxquels je réponds à peu près aussi souvent!)

Evidemment c'est un peu tard, mais saluons le déja terminé "Festival de Cinéma Kurde de Paris", qui a eu lieu du 24 au 30 octobre.

Voici le programme, impressionnant, en pièce jointe... je regrette particulièrement de ne pas avoir vu le documentaire Dersim 1938.

Est ce que certains de vous y sont allés?

Mauvais point pour un "brave garçon"

Si on ne peut même plus tranquillement menacer de mort anonymement, ou va-t-on, je vous le demande??

Un étudiant turc, Mert Sahin est actuellement poursuivi pour menaces de mort sur la personne de l'éditeur Necati Abay, porte parole de la "platforme de solidarité avec les journalistes emprisonnés".

Celui ci avait écrit,  le soir du meurtre de Hrant Dink, un article intitulé "Un autre journaliste a été tué, les "brave garçons" ont tué Hrant Dink". On se souvient que les "braves garçons" en Turquie sont ceux qui avaient été désignés ainsi par le général Buüyükanit au lendemain de l'affaire de Semdinli: en d'autres termes, les barbouzes ultra nationalistes agissant officieusement sur ordre de l'Etat profond. 

A la suite de cet article il avait été menacé de mort par e-mail par le jeune Mert Sahin. "Si vous continuez à informer le public en accusant de tels nationalistes, votre sort sera le même". L'adresse email disait tout le courage de la menace :"mekiskali87@hotmail.com". Le problème, c'est que l'anonymat sur internet ne résiste pas à une enquête poussée...

Jugé, le jeune Sahin assume ses idées et ses actes: "Mes sentiments nationalistes étaient à vif à l'époque, j'ai réagi, mais mon but n'était pas de menacer". Bravo. Plus intéressant, cette déclaration: "Le message d'Abay m'a été envoyé par des gens que je connaissais pas, et ils m'ont demandé de réagir à cette déclaration". En d'autres termes, Mert Sahin avait été "repéré" auparavant, comme Ozgun Samast avant lui, par d'autres "braves garçons" sympathisant du drapeau aux trois lunes...Fait notable, Sahin est originaire de Sakarya, ville connue pour son campus très MHP-friendly. Manipuler des ados fanatisés pour faire taire des journalistes, ça se fait aussi en Belgique...par les mêmes personnes.

Sahin va être jugé au titre de l'article 106/2 et de l'article 115 pour "bénéficier de la peur créée par des organisations criminelles qui existent pour menacer quelqu'un" et "faire obstacle à liberté de croire, de penser et de conviction". L'avocat de Necati Abay a demandé une peine de 2 à 8 ans de prison.

La sentence sera prononcée le 2 février 2008.

jeudi, novembre 01, 2007

"Le PKK: une trahison de la cause kurde"

Celal Talabani ne mâche plus ses mots! Dans une interview au quotidien Milliyet publiée Mercredi, il appelle le PKK a déclarer un cessez le feu unilatéral et à se retirer entièrement en Irak.

Le temps du combat armé est terminé. Le nouvel esprit du nouveau siècle est au dialogue, à la démocratie, à la négociation et aux moyens pacifiques. Le contraire de ceci est l'activité terroriste.

"Si le PKK n'est pas prêt à complètement déposer les armes, alors il devrait déclarer un cessez le feu inconditionne. Il devrait se retirer entièrement à l'intéreiur de l'Irak d'une manière qui éviterait les combats et ne ferait pas une cible des troupes turques".

Les attaques du meutrières du PKK sont définitivement des actions terroristes et des meutres. Ce que le PKK fait est une "trahison de la cause Kurde".

Talabani accuse du plus le PKK de vouloir attirer à la fois la Turquie et le gouvernement kurde irakien dans un piège.

Bien sûr, ce langage est une réponse aux demandes de la Turquie, et doit être remis dans le contexte d'une interview à un quotidien turc. Mais les autorités kurdes ont commencé à resserrer le contrôle autour des camps du PKK, visant à réduire sa liberté de mouvement.

mercredi, octobre 31, 2007

Au pays des aveugles...


Comment d'un côté refuser toute reconnaissance au Kurdistan Irakien, traîter son président démocratiquement élu de "chef tribal", bombarder les montagnes au pifomètre et exercer un demi-blocus sur son économie fragile, et de l'autre demander aux dirigeants kurdes d'agir?

Il faut au moins être Turc pour ça. "A nos yeux vous n'existez pas, mais vous devez faire ce qu'on vous dit", c'est assez logique en fait dans un pays ou les Kurdes n'existaient pas mais étaient quand même des voleurs qui faisaient trop d'enfants.

Soufflant le chaud et le froid, Massoud Barzani appelle la Turquie à négocier directement avec lui. Qui peut lui donner tort? Négocier avec Bagdad pour régler un problème du Kurdistan, c'est un peu comme négocier avec Tbilissi pour l'Abkhazie, avec Chisinau pour la Transdnistrie, avec Israël pour Gaza. Mais Erdogan l'accuse d'aider et de soutenir le terrorisme, et refuse de le considérer comme un interlocuteur valable.

La plupart des commentateurs turcs ayant conservé un brin de jugeotte appellent la Turquie à collaborer avec la Gouvernement Régional Kurde. Mais avec un entêtement à se fourvoyer dans les pires impasses devenu une marque de fabrique, Ankara refuse. Baskin Oran met sur le même plan l'impossibilité de négocier avec les Kurdes, le refus de reconnaissance du Génocide arménien, et l'occupation de Chypre: dans les trois cas, la solution adoptée a été de ne pas chercher de solution et de refuser tout déblocage. Aujourd'hui, la candidature de la Turquie à l'UE, et plus largement sa stabilité et sa démocratisation achopent sur ces points.

Pas de négociation avec les terroristes, ni avec les frères ou les cousins des terroristes. Et tant pis si tout la zone frontalière étouffe du ralentissement des échanges avec le Kurdistan Irakien, si les camionneurs qui alimentent la Turquie en pétrole menacent de faire grève si on les forces à passer par Mossoul, si les entreprises turques se retirent d'Irak en faisant perdre des marchés à la Turquie. L'important, c'est que la Turquie refuse bravement de parler aux chefs tribaux dont elle attend la collaboration la plus étroite:

"Tirez sur vos frères pour nous, mais n'attendez rien de nous en échange": qui pourrait refuser une telle offre?

Mon quart d'heure de gloire n'aura pas lieu

J'ai été approché il y a deux semaines par le quotidien Today's Zaman pour un article sur les blogs d'expat. Finalement mon interview ne sera pas retenue, deux autres blogs français ayant été logiquement privilégiés parmis d'autres blogs étrangers sur la Turquie. (Au fil du bosphore et du miel aux épices)

Je publie ici mon Interview, qui m'a au moins permi de réfléchir un peu sur mon blog :)

1. Qui êtes-vous, en quelques mots? En particulier, quelle est votre histoire avec la Turquie?

Je suis Breton, j'ai 25 ans, et j'ai un lien avec la Turquie depuis septembre 2002. J'ai décidé un peu au hasard de passer une année universitaire la bas, et je n'ai jamais pu me dexintoxiquer depuis. Je suis donc resté jusqu'en juillet 2003, puis je suis rentré en France finir mes études, et j'ai continué à apprendre le Turc. j'ai également écrit mon mémoire de science po sur l'évolution de la question kurde en Turquie entre 1999 et 2004 (je peux vous le faire parvenir). En Mai 2005, je suis revenu à Istanbul et j'ai commencé à tenir ce blog. Je suis resté jusqu'en Décembre 2005, effectuant un stage dans l'ONG turque Refugee Law Help Programme (dépendant de Helsinki Citizen Assembly Turkey).

J'ai beaucoup voyagé en Turquie, plus particulièrement dans le sud-est kurde, mais aussi le long de la côte de la mer noire, en Anatolie centrale... Voila pour mon histoire!

2. Quand avez-vous commencé ce blog? Pourquoi l'avoir commencé? Vos motivations ont-elles évolué depuis ?

Ce blog a donc commencé en Mai 2005. Il ne devait être qu'un carnet de bord de ma vie à Istanbul. Comme vous le voyez, les premiers posts sont plutot personnels, vie quotidienne à Istanbul, à l'image de ce qui se fait (en bien mieux) sur le blog "du miel aux épices". A partir d'un voyage au Kurdistan Irakien (aout 2005), j'ai commencé à politiser un peu plus. A partir de mon départ de la Turquie, ce blog s'est logiquement transformé en blog politique, même si il garde une place pour les voyages que je peux effectuer (géorgie et arménie récemment). La motivation: les lecteurs! Je reçois pas mal de courrier, j'ai fait des contacts très intéressants, et même si l'audience reste confidentielle, ceux qui s'intéressent de près à la Turquie connaissent mon blog. Je collabore par exemple avec Turquie Europénne.

Mes opinons politiques transparaissent largement, je n'ai pas pour ambition d'être totalement objectif: je soutiens le mouvement de réforme démocratique et d'ouverture, je suis contre l'establishement kémaliste figé en 1924, je suis pour les droits des kurdes, etc etc. On peut en parler plus en détail si vous voulez mais je pense que les articles parlent pour eux mêmes.

3. Que trouve-t-on sur ce blog?

Récits de voyages, analyes, billets d'humeurs, billets culturels parfois, critiques de concerts, de film... un peu de tout, la tendance étant nettement politique.

4. Et vous, qu'y trouvez-vous, personnellement?

Je voulais être journaliste mais je me suis dirigé vers les métiers humanitaires. Mais bon comme j'aime écrire par dessus tout, c'est une très bonne solution de compromis! J'y trouve une grande satisfaction quand les messages de félicitations affluent, la confirmation de mes idées quand les insultes et les menaces arrivent. De nombreux contacts, des rencontres... et la possibilité de garder un lien avec la Turquie, car ma carrière professionelle et ma vie privée ne me feront pas revenir en Turquie pour y vivre.

5. Pour qui écrivez-vous et dans quelle mesure ce blog est-il interactif?

Le grand public. Mais au final, surtout des gens qui s'y connaissent déja! En tous cas ce sont eux qui écrivent les commentaires, et qui m'apportent des informations supplémentaires, que je m'efforce d'intégrer. Tous ceux qui veulent en avis un peu "engagé" sur la Turquie.

6. Que conseilleriez-vous à un étranger qui vient d'arriver à Istanbul et souhaite y commencer un blog?

Apprendre le turc. Se laisser gagner par la ville avant de commencer à écrire. Choisir un focus particulier évitant de croiser ce qui se dit déja sur d'autres blogs! il manque un blog francophone sur la vie nocturne d'Istanbul par exemple

7. Comment avez-vous choisi le nom de votre blog?

J'ai toujours vécu à Beyoglu, et comme ça devait être un blog personnel sur ma vie à Istanbul... Beyoglu c'est ma ville rêvée, un village qui grouille, un carrefour incroyable... j'ai vécu à Cihangir, à Tepebasi, à Elmadag (bon ok c'est Sisli mais juste à la frontière), et au pied de la tour de Galata. je travaillais à Tünel. Je connais toutes les rues, les bars, les petits coins...et ça me manque.

8. Cette expérience demeure-t-elle très virtuelle ou l'écriture d'un blog a-t-elle un impact concret sur votre quotidien (rencontres, découvertes, autres… anecdotes) ?

Oui comme je l'ai dit! Impact peut etre pas sur mon quotidien mais sur ma vie en général, par les rencontres et les amitiés que j'ai pu nouer. Je suis persuadé que ce blog aura pour moi des débouchés concret, mais j'aime ma profession actuelle.. rien ne presse. Anecdotes... découvrir qu'une lectrice est une bretonne dont le grand père connaissait le mien, et qu'elle a également voyagé dans le sud est kurde et au Kurdistan Irakien! Une interview sur une radio de Boston au sujet du kurdistan Irakien...divers contacts professionnels...

9. Qu'aimeriez-vous de plus pour votre blog que vous n'avez peut-être pas le temps ou la possibilité de faire ?

J''ai de moins en moins de temps, mon "vrai travail" étant de plus en plus prenant. Je dois m'y remettre. Disons que j'ai eu un grand moment de lassitude après les élections législatives que j'avais couvertes presque au jour le jour (avec des prédicitions électorales qui se sont avérées exactes)

10. Y a-t-il des côtés négatifs au fait de tenir un blog tel que le vôtre?

Oui, je culpabilise quand je n'écris pas. Je reçois aussi pas mal d'insultes voire de menace mais on s'y fait.

11. Comment voyez-vous votre place au sein de la société turque ? (étranger ? expatrié ? visiteur ? observateur? turc par certains côtés ?…) Votre blog joue-t-il un rôle dans cette perception ?

Observateur... je suis conscient que mes idées sont celles d'une minorité turque occidentalisée et éduquée, sortie du carcan du kémalisme ou à l'inverse des idéologies marxistes. Je me sens proche des turcs, tout en restant irrémédiablement fermé à un certain nationalisme, à la réécriture de l'histoire... Quand je vivais à Istanbul, je me sentais parfaitement intégré: la maitrise de la langue, l'intérêt pour la culture, la musique...je me sentais chez moi, sans aucun doute.

12. Quand avez-vous quitté la Turquie et quels liens conservez-vous avec le pays? Votre blog a-t-il évolué depuis votre départ?

J'ai quitté la TUrquie en décembre 2005, et mon blog a évolué vers la politique. Si je vivais toujours en Turquie, la part de quotidien serait beaucoup plus grande.

vendredi, octobre 26, 2007

La phrase...

Sonmez Koksal, ancien chef du MIT, doute fortement de l'efficacité d'un raid militaire sur les positions du PKK au Kurdistan Sud.

"Pendant une attaque aérienne, les terroristes feraient de la musique et chanteraient dans des abris à vingt mètres de profondeur. Ce n'est pas facile de nettoyer ces caves une à une..."

C'est en fait ça qui est fatiguant: les deux camps savent parfaitement que la victoire finale est impossible! Mais la Turquie continue de refuser de négocier avec le PKK, qui de son côté affirme n'être pas séparatiste, souhaiter une démocratisation de la Turquie, mais utilise la violence pour continuer d'être incontournable... Le raid du WE dernier met légèrement à mal la théorie de la légitime défense, et n'a au final servi qu'à alimenter l'ultranationalisme turc: a Osmanye (Sud), deux loups gris armés de fusils à pompe (apparemment en vente libre en Turquie???) ont bloqué une route,menaçant de tuer les personnes qui ne criaient pas"mort au PKK". Des bureaux du DTP et des commerces kurdes ont été vandalisés.

Une majorité de la population kurde soutient le PKK, mais ne veut plus de violence inutile. En attirant sur les kurdes la haine et la vengeance primale par des actions militaires foncièrement inutiles, le PKK est en contradiction avec ses objectifs annoncés, et redonne le moral aux va-t-en-guerre...le camp CHP/MHP a été broyé aux élections de Juillet? Les voila sur le devant de la scène, leur discours anti-americano-européano-kurde "légitimisé"...

Que demandent les militants du PKK, rencontrés par ce journaliste du Guardian? "des garanties sur la santé de notre leader, empoisonné dans sa cellule". La démocratisation de la Turquie, l'avenir du Kurdistan irakien, la reconstruction du kurdistan turc, pris en otage pour un hypocondriaque agonisant depuis maintenant 8 ans. Les demandes de reconnaissance officielle de l'identité kurde en Turquie sont on ne peut plus légitimes, et nécessaires, mais la stratégie de tirer la Turquie vers le chaos est en totale contradiction avec ces demandes. Demander que l'armée turque se retire dans ses casernes, tout en attaquant les dites casernes, c'est au mieux de la mauvaise foi, au pire de la schyzophrénie.

Une Turquie dont l'opinon publique serait manipulée par des Ertugrul Özkok et des Devlet Bahçeli, rêvant de "punir" les kurdes irakiens, traversées de lynchages et de pogroms anti-kurdes, coupant les ponts avec l'Europe: c'est la Turquie que parvient à dessiner l'action du PKK, malgré toute la candeur, les aspirations légitimes et le romantisme de ses militants: ils ont en face d'eux un pays foncièrement violent, terriblement têtu, et dans lequel un noyau de fachistes a besoin du PKK pour continuer à exister et à empêcher tout changement.

jeudi, octobre 25, 2007

Le PKK auto-torpille sa version des faits

Certains ont affirmé que l'attaque qui a provoqué la capture de huits soldats turcs dimanche 21 Octobre était en fait un acte de défense contre une incursion turque en Irak.

Plusieurs détails, relevés par des commentateurs de ce blog et par la presse, semblent mettre cette version à mal.

Tout d'abord le look des soldats prisonniers, pas vraiment des têtes de commando d'élite: maigrichons, habillés en piou-piou, 20 ans à tout casser. Enverrait-on ces jeunes, qui visiblement se sont rendus sans trop faire d'histoire, se battre en Irak? Ils ressemblent plus à des conscrits patrouillant à la fontière...

Cette carte, ou le lieu de l'attaque est marqué, donne une idée de la complexité de la zone...


Agrandir le plan

Et enfin ce très rigolo communiqué du PKK : les soldats sont en fait détenus en Turquie dans une zone contrôlée par la guerilla. Le PKK affirme d'ailleurs, et c'est tout à son honneur, avoir soigné un des soldats, blessé dans l'attaque, "conformément à la convention de Genève". Laquelle interdit aussi de montrer le visage des prisonniers, mais on ne va pas chipoter (comme ça leurs familles ne s'inquiètent pas trop au moins).

On se rapproche donc plus d'une attaque massive du PKK sur un poste militaire (on parle d'une brigade de 250 PKK, dont 34 sont restés sur le carreau) que d'un acte de défense...rappellons que le PKK affirme ne pas avoir rompu le cessez le feu proclamé en juin, et se contenter de se défendre face aux aggressions turques...

Pendant ce temps, un envoyé Américain discute avec le gouvernement irakien de Bagdad pour faire libérer les soldats. On affirmerait d'ailleurs que Vladimir Poutine discute avec Tabo M'Beki pour faire libérer Ingrid Betancourt. A suivre.


La bave aux lèvres

Merci au Courrier International de donner une idée de l'état d'esprit d'une certaine presse turque, respectable et républicaine...on frôle la psychiatrie!!!



Il faut punir Barzani

Quel est donc l’interlocuteur à qui nous devons transmettre un message clair dans la situation actuelle ? Dès lors que l’on ne peut dialoguer avec ce troupeau d’assassins qu’est le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), nous devons nous adresser à celui qui est le véritable responsable de ce qui se passe maintenant. Qui cela peut-il être si ce n’est celui qui protège et héberge ces terroristes ? Dans ce cas de figure, notre interlocuteur n’est autre que Barzani. Il convient dès lors de lui faire clairement comprendre, et ce pour la dernière fois, le message suivant : “Tu as devant toi une alternative : ou tu deviens notre voisin, ou tu deviens notre cible.” Voilà le seul et le dernier discours que la République turque et l’armée turque doivent tenir à l’attention des Kurdes d’Irak : “Soit vous devenez des interlocuteurs en tant que voisins immédiats, soit vous choisissez de devenir nos ennemis.” Maintenant, c’est à eux de décider. S’ils choisissent de s’en remettre aux Etats-Unis et de devenir nos ennemis, ils auront en tout cas été prévenus. Nos canons pointent donc désormais vers Barzani, dont les structures militaires et économiques sont devenues nos cibles. Notre objectif sera alors de transformer le “rêve kurde” en “cauchemar turc”. Si Barzani s’imagine qu’il peut, en instrumentalisant le PKK, réaliser ses rêves pankurdes, alors, nous devons à notre tour lui opposer un nouveau tracé des frontières régionales. Que les Kurdes irakiens prennent bien conscience que le prix à payer pour leur “Megali Idea” [“Grande Idée”, concept panhellénique de Grande Grèce englobant une partie de la Turquie] serait bien trop lourd pour eux. Faisons-leur comprendre que, en quelques attaques aériennes, le nord de l’Irak reviendra vingt ans en arrière. Va-t-on alors voir des F16 américains s’opposer à nous ? Sachez que vous vous mettriez alors à dos l’Iran et la Syrie, auxquels on peut encore ajouter la Russie, sans oublier l’Amérique latine, votre ancienne arrière-cour qui vous déteste copieusement. Le tout sur fond de neutralité européenne.
Que l’Amérique qui se trouve à 14 000 kilomètres d’ici réfléchisse bien à tout cela. Il y a donc sur la balance d’un côté le nord de l’Irak, qui pèse trois fois rien, et de l’autre la Turquie. Dès lors qu’il choisit de mettre tout son poids du mauvais côté, l’“ancien allié” pourrait provoquer un bouleversement complet des équilibres régionaux. Dans ces conditions, la Turquie est désormais en mesure de prendre une décision historique et d’effectuer un choix global. Si on en est là aujourd’hui, c’est à cause des caprices d’enfants gâtés des Irakiens du Nord et de l’attitude fort malavisée de la superpuissance.

Ertugrul Özkök, Hürriyet

Des nouvelles des prisonniers

Le PKK, une organisation moderne à la pointe des technologies de communication.

Et ils ont du mérite, parce que la connexion internet au Kurdistan irakien n'est pas exactement ce qui se fait de mieux!



Ils n'ont pas l'air spécialement maltraités, j'en vois même un qui rigole (et sera donc jugé pour intelligence avec l'ennemi à sa libération). Il est vrai qu'ils sont nettement moins en danger maintenant, ne craignant qu'un hypothétique bombardement turc...

mercredi, octobre 24, 2007

Monsieur Veto a déménagé

Une autre, pour le plaisir (je découvre les archives du site)


"Monsieur le président, Monsieur Tayip (Erdogan) au Téléphone"

Abdullah Gül "J'OPPOSE MON VETO" (mais qu'est ce qui m'arrive, merde?)

Allusion hilarante à l'ex président Sezer, spécialiste incontesté du véto à toute réforme gouvernementale de 2002 à 2007 (y compris aux paquets d'harmonisation UE...)

Piyerafö Ailesi?

La "une" gigantesque du "Penguen" du 9 octobre.


Les deux personnages portent une moustache typique des "loups gris" (courageux tabasseurs à 10 contre un, en Turquie comme en Belgique. Le jeu de mot est à peu près intraduisible, et reprend le mot d'ordre des loups gris (et de Sarkozy): "Ya sev (soit tu l'aimes(la Turquie)) Ya terket (soit tu dégages)", détourné en Ya Sev, Yabadabadu (cri joyeux de Mr Pierrafeu dans le dessin animé bien connu). Son compère menace "sois intelligent, Orhan Pamuk-tas(pierre)".

Révélations exclusives

Selon un des plus grands experts en affaires kurdes en Turquie, Devlet Bahçeli, le PKK ne serait plus dirigé par Abdullah Öcalan, mais par Massoud Barzani. Mr Bahçeli, chef d'un sympathique parti démocratique turque, dont les militants se surnomment affectueusement les loups gris, affirme même que Massoud Barzani dirige lui même les opérations terroristes du PKK visant la Turquie.

Ce délire total du chef du MHP est révélateur: pour les cercles nationalistes, une intervention en Irak ne doit pas se limiter à anéantir le PKK. Elle doit également permettre à la Turquie d'assouvir son vieux rêve d'annexion de la "région de Mossoul", à savoir le Kurdistan Irakien tout entier. Exciter la haine des loups gris contre le "chef tribal kurde", c'est encore le meilleur moyen de coller à une opinion publique survoltée qui ne rêve que carnage et vengeance en "Irak du Nord". Les 12 "martyrs" enterrés récemment en grande pompe ont bon dos: les pertes civiles et les flots de réfugiés que provoquerait une offensive turque de grande envergure ne feraient pas pleurer dans les chaumières, chaque goutte de sang turc valant pour le MHP des hectolitres de sang kurde... Selon le TDN, 4200 personnes ont tenté de s'engager dans l'armée depuis ce WE, parmi elles des hommes qui avaient déja fait le service militaire, ainsi que 350 FEMMES.


(manifestante turque faisant le signe des loups gris)

Oubliée la poignée de main du mois d'Aout: Bahçeli appelle également à l'interdiction du DTP et à l'arrestation de ses élus locaux et nationaux...

Contrairement à Talabani et Zebari qui jouent actuellement l'apaisement avec la Turquie, Barzani semble ne plus se faire d'illusion et promet une résistance des forces armées kurdes si l'armée turque tentait d'envahir le Kurdistan.

("A la frontière turco irakienne)
(Haddad, Al Hayat)

mardi, octobre 23, 2007

Cette fois c'en est trop!

Alors que la Turquie atteint des sommets de colère et de "ferveur" nationaliste, qui n'épargnent pas les loups gris de Belgique et leurs victimes, une dernière dépêche risque de précipiter la guerre.

Les célébrations du centième anniversaire de Fenerbahçe (petits joueurs, le Stade Rennais a 106 ans) ont été annulées par respect pour les 12 soldats tombés ce Week-End. Avec elles, c'est le concert de Beyoncé qui tombe à l'eau!

et le DTP?

Il n'y a pas si longtemps, le DTP s'élevait contre les actions armées du PKK, et proclamait son désir de "paix et fraternité".

Alors que les attaques du PKK redoublent d'intensité dans le but à peine voilé de faire entrer l'armée turque en Irak, le silence du DTP est assourdissant. On sait juste que les députés ont voté contre l'intervention turque en Irak mercredi dernier. Hier, Ahmet Türk a déclaré que la peine du DTP était grande suite aux incidents meurtriers du W.E. Une déclaration qui ne mange pas de pain et reste dans la ligne minimaliste du DTP : être triste pour les morts des deux côtés.

Des ambassadeurs de l'UE vont rencontrer Ahmet Türk aujourd'hui, et on attend d'eux qu'ils demandent au DTP de condamner la violence du PKK et de lui demander de déposer les armes, ce qu'a d'ailleurs fait l'organisation de défense des droits de l'homme IDH, traditionnellement pro-kurde. C'est aussi la demande de Jalal Talabani, qui indique au PKK qu'il y a en Turquie de chouettes montagnes et beaucoup plus de place pour eux si ils souhaitent absolument continuer la lutte, c'est aussi la proposition surprenante d'Erdogan, faite la semaine dernière: déposez les armes et concentrez vous sur l'activité parlementaire. Une sorte de promesse d'amnistie voilée, qui a volé en éclat avec les attaques du WE, la réponse du PKK.

........

Pour une fois, l'armée et le PKK sont d'accord: 8 soldats sont, pour l'une, portés disparus, pour l'autre, tenus en otage.

Voici leurs noms, leurs ville d'origine et leur grade....

1)Ramazan Yüce Mardin soldat 2)İrfan Beyaz Antep soldat 3) Mehmet Şenkul Niğde sergent
4) Nihat Başova Konya/Cihanbeyli soldat 5) İlhami Demir Ağrı/Patnos soldat 6) Fatih Atakul
Denizli soldat 7) Halis Tan Adana sergent "professionnel" (je suppose non-conscrit) 8) Özhan Şabanoğlu
Hatay soldat

On remarque parmi eux deux ou trois kurdes potentiels.. (Agri, Mardin, Adana).

Très bon article de Mustafa Akyol dans "Zaman" qui au final ne fait qu'employer le bon sens...mais dans l'ambiance électrique qui prédomine dans la presse turque, c'est une petite bouffée d'air frais. Il rappelle que le PKK n'est pas un mouvement extra-terrestre tombant du ciel, mais le résultat de politiques racistes et assimilationnistes pas totalement abandonnées aujourd'hui... mais que c'est aussi un mouvement qui se nourrit de la répression et n'a aucun intérêt à voir la Turquie se démocratiser.

"comme tous les nationalistes tardifs, le nationalisme kurde est romantique, irrationnel et furieux"... pas faux, mais il aurait pu ajouter que le nationalisme turc n'a plus rien de romantique et est plus hystérique que furieux...ces deux nationalismes se nourrissant l'un l'autre...


lundi, octobre 22, 2007

Guerre totale

Selon des sources militaires, 250 militants du PKK ont passé la frontière dans la nuit de samedi à dimanche et ont attaqué une unité militaire près de Hakkari. Bilan, 12 soldats et 32 PKK tués dans une des plus grosses opérations de ces dernières années. L'agence du PKK, firatnews, annonçait même dimanche avoir pris "de nombreux otages", dans une autre attaque visant un convoi militaire.

Selon le PKK par contre, c'est bien une tentative d'incursion des Turcs qui a été repoussée et l'organisation nie avoir perdu des hommes, parlant de "guerre psychologique" engagée par l'armée turque...

17 civils ont été blessés lors de l'explosion d'une bombe sur le passage d'un dolmus près de Daglica... que le PKK attribue également à l'armée.

La Turquie a répliqué en bombardant "63 positions du PKK" au Kurdistan Sud, une de ces positions étant visiblement un pont entre deux villages près d'Amidiya. Je serais très curieux de connaître la côte de popularité du PKK chez les kurdes de Turquie et d'Irak en ce moment, j'ai comme un doute. En tous cas, il réalise l'exploit d'unir tous les Turcs derrière l'armée, tous partis confondus. Bravo!