vendredi, juin 08, 2007

Le retour de l'OHAL

OHAL, c'était le nom de l'Etat d'urgence qui a régné au Kurdistan de 1987 à 2003. Il y avait même un site extraordinaire sous-titré "nous protégeons les populations". Plus prosaïquement, l'OHAL signifiait pour ces populations peu reconnaissantes les sinistres "protecteurs de villages" (milices kurdes pro gouvernementales), les özel tim (unités paramilitaires souvent liées aux loups gris), les "disparitions inexpliquées", les "tueurs non identifiés", les 4000 villages vidés, les forêts et les cultures brulées au Napalm, le couvre feu, les chars dans Diyarbakir ou Sirnak, les déplacements de population dans les bidonvilles de Van, Diyarbakir ou Adana.


Bref, le club Med, Sentropez-sur-Euphrate.

En préparation d'une opération qui serait nommée "coup de massue" (Balyoz) d'après le correspondant de RFI à Istanbul, l'armée turque a déclaré "zones de sécurité" une partie des districts de Siirt, Hakkari et Sirnak. Yuksekova Haber, un des journaux de la région, titre "Nous sommes en zonede sécurité" (Güvenlik Bölgesindeyiz). Ca faisait longtemps.

On ne semble pas s'affoller côté kurde irakien, malgré un peu de nervosité à Erbil, ou des officiers de renseignements turcs ont été mis en joue.

Une incursion turque dans une zone frontalière pour attaquer le bastion PKK de Kandil ne verrait probablement pas d'opposition armée des troupes kurdes. Une tentative délirante de marcher vers Kirkuk ou Mossoul, et c'est le bain de sang, la guerre de tranchée, et 100 000 peshmergas face à l'armée turque. Un peu de prospective catastrophique? Une intervention Iranienne à l'est, et des incursions arabes sunnites au sud, profitant du vide laissé par les troupes parties au front.


Le "coup de massue" est prévu pour Samedi, et la Turquie s'apprête à faire une des pires erreurs de son histoire.

jeudi, juin 07, 2007

Echauffements

A prendre bien sûr avec des pincettes stérilisées, les "bilans" de HPG (nom des forces armées du PKK "forces de défense du peuple")



Très serviables, ils communiquent des bilans mensuels des opérations turques.

30 May 2007

Total amount of Turkish operations: 67
Total amount of Turkish and Iranian operation: 1
Enemy forces killed: 102
Officers: 8
Soldiers: 90
Milicia Men : 3
Traitor : 1
Enemy forces wounded: 64
Enemy forces Officers wounded 2
Enemy forces Policemen wounded: 3
Destroyed enemy military vehicles: 3

The 25th May, HPG attacked by sabotage one train convoy; destroyed 9 wagons; confiscated military ammunitions in Genç Area, Diyarbakýr province.
Martyred HPG guerrillas: 12

30 avril 2007

Total amount of Turkish operations: 68


Total amount of clashes in these operations: 62

Amount of contacts where the results are known: 42


Amount of contacts where the results are unknown: 20

Enemy forces killed: 119


Officers: 13


Soldiers: 106


Enemy forces wounded: 37

Destroyed enemy military vehicles: 4


Material confiscated from dead soldiers: 31 (1 BKC, 2 G-3)

Martyred HPG guerrillas: 22


Il faudrait bien sûr comparer celà aux chiffres officiels donnés par la Turquie, mais on peut admettre que le nombre d'opérations menées est probablement vrai... Quant au ratio pertes PKK/Armée, j'ai un peu de mal à y croire, la plupart des rapports donnant plutot une proportion de 5 PKK tués pour un soldat turc à terre. Mais les récentes embuscades et attaques de postes de gendarmerie peuvent rendre ces chiffres plus crédibles.

Après un survol des dépêches d'agence pour le mois de mai, on arrive à une estimation de 23 militants kurdes tués...


Faudrait savoir...

Branle-bas de combat, les hordes ottomanes ont franchi les limes de la Djezire!

Ah, on me signale dans l'oreillette que pas du tout, fausse alerte.

Pauvres militaires turcs, ils savent que si ils y vont ça va être un fiasco, ils savent que l'opinion est très tiède et qu'ils n'aurant ni l'aval du parlement, ni celui de leurs alliés, mais ils ont tellement, tellement envie d'aller se ballader et d'utiliser leur arsenal... Le PKK le sait bien, et reprend du poil de la bête en frappant vite et fort. Une attaque commandon contre un gendarmerie de la province de Tunceli a fait 7 morts et plusieurs blessés. Un PKK a été tué, l'autre, blessé, a pu s'enfuir. Réaction de "Vatan"

La nation turque toute entière est en deuil après la mort de sept jeunes gens, tombés en martyrs dans l'attaque par le groupe terroriste PKK d'un poste de gendarmerie dans la ville de Tunceli. Ils étaient les fils de familles pauvre. Il n'y avait dans cette caserne, ni fils de politicien, nui fils de haut gradé, ni fils de célébrité.


Ces petits ces remarques mesquines, on donne aux prolos l'occasion d'avoir des martyrs, et ils se plaignent. La Turquie est dans de beaux çarsaf.


Dans ce contexte, plusieurs milliers de soldats auraient franchi la frontière kurde hier, d'après Associated Press, selon des sources anonymes au sein des forces de sécurité. Démenti du gouvernement, puis de l'armée.

On voit bien ici un petit ballon sonde, envoyé pour tâter un peu l'atmosphère. Quelques bombardements de positions hypothétiques du PKK (qui, bien enfoui, s'en contrefout), quelques pas chassés sur la frontière (24 opérations depuis 1983, on va pas s'affoler pour si peu) et au final, comme depuis 2003, rrrrrrrrien. La dernière grande opération turque, celle de 1997, avait vu 50 000 soldats franchir la frontière.

A la frontière, les Peshmergas ont trouvé dans un Poids Lourd un... Hélicoptère PM18 En pièces détachées certes, mais tout de même, et en direction de la Turquie. On ne préfère pas savoir.


mercredi, juin 06, 2007

Le courage des idéalistes

On l'oublie trop souvent, mais un des noms des loups gris est "ülkücü ocaklari" : "foyers idéalistes".

Leur idéal, ils l'ont mis régulièrement en pratique depuis leur création, et l'ont encore démontré ces derniers jours. Dans la ville, très ülkücü-friendly, de Sakarya , deux Kurdes portant un t-shirt à l'effigie d'Ahmet Kaya (chanteur kurde et gauchiste très virulent, mort en exil) ont été pris à parti par des nationalistes turcs. Selon le journal Zaman, ils s'y sont mis à 500 contre les deux ennemis de la nation. On a du mal à croire à un nombre pareil, mais on est jamais trop prudent contre la vermine terrroristo-séparatiste.

(zaman)

Pour battre le PKK et les forces kurdes irakiennnes (puisque Büyükanit veut faire la peau à Barzani), faudra-t-il respecter un tel ratio? 100 000 peshmergas officiels + 3500 militants PKK (chiffre donné par la turquie depuis 10 ans) x 250 = oula, j'ai mal au crâne.


jeudi, mai 31, 2007

Le jour et la nuit

Une interview à lire de toute urgence, celle d'Ahmet Kuyas, professeur d'histoire à l'université de Galatasaray, dont j'ai eu l'honneur de suivre les cours en 2002/2003.

Ca se passe ici

Ca doit être encore un traître occidentalisé à la tête des hordes anti-turque

De son côté, Yasar Buyukanit a déclaré qu'une fois en Irak, les troupes turques verront si elles ne tapent que sur le PKK, ou si elles s'occupent aussi de Barzani.

Tout un programme.

Ca se complique

Il faut que je m'y remette. Comment suivre ce Dallas du Moyen-Orient que constitue l'intervention turque au Kurdistan Irakien, souvent annoncée, jamais réalisée? Oui, on sait, la Turquie est à bout de patience, mais elle n'en a jamais eu. Oui, on sait, les troupes se massent à la frontière, mais d'un autre côté elles le font depuis mars 2003. CNN Türk avait même annoncé que les troupes turques marchaient sur Kirkuk au lendemain de l'invasion américaine le 21 mars 2003. Sympa l'ambiance au Newroz de Diyarbakir. Oui, on sait, la Turquie n'acceptera jamais tel franchissement de ligne jaune, tel dépassement de ligne rouge, mais au final est bien impuissante à obtenir autre chose qu'un profond pouvoir de nuisance dans les affaires internes du Kurdistan Irakien.

L'attentat d'Ankara a été attribué avec empressement par l'armée au PKK. Le profil du Kamikaze (un ultra-gauchiste paumé même pas kurde) et les dénégations du PKK et même du TAK (qui revendique ses attentats d'habitude avec force communiqués vengeurs et farouches) laissent croire à une énième manipulation des barbouzes en folie, très pratique pour justifier une intervention. Cette invasion potentielle et injustifiable : Envahir un Etat souverain pour exterminer quelques centaines de guerrileros en shalwar armés d'AK-47? Il faudra qu'on m'explique comment la glorieuse armée turque pourrait occuper le Kurdistan Irakien contre sa population, son armée et l'opinion internationale, alors qu'elle est bien incapable d'empêcher le PKK de faire dérailler ses trains, attaquer ses convois et miner ses routes dans le "Sud-Est Anatolien".

Les Américains, qui ont déja assez de mal à gérer leur zone, ne veut pas qu'on vienne pourrir le "miracle" de "L'Irak nord". La violation de l'espace aérien turc par deux F16 U.S était un message très clair, qui a du en faire eructer plus d'un chez les képis.

Et la ça se complique: le train attaqué par le PKK à Genç (province de Bingöl) a révélé son contenu: planqué dans du matériel de construction, des armées en provenance d'Iran et en direction de la Syrie. Selon diverses sources: des armes légères, des lances roquettes et 300 roquettes. Les Iraniens nient toute implication, mais les ficelles sont un peu grosses. Et on se prend à rêver: le PKK aurait il agi sur information américaine, pour éviter un approvisionnement en armes par l'Iran du Hezbollah libanais? Si les U.S.A utilisent mainenant le PKK dans leur stratégie anti "Axe du Mal" sur le territoire turc, on a pas fini de rigoler.

mercredi, mai 30, 2007

Nouvelles de Beyoglu

Le siège de mon ancienne ONG turque Helsinki Yurtaslar Dernegi (refugee support programme) a été évacué! Apparemment, on creuse un tunnel sous Beyoglu, et l'immeuble a tremblé... on vérifie actuellement si il n'y a pas une faille. L'immeuble est situé Asmali Mescit Sokak, plus connue sous le nom "la rue du Babylon"

Asmali Mescit Sokak

Décidemment, Beyoglu et Bruxelles, même combat: ça sera bien quand ça sera fini :)

vendredi, mai 11, 2007

Les hordes kurdes aux portes du parlement!

Ils y ont mis le temps, mais ils fini par remarquer. En 2002, l'AKP a remporté 40 sièges dans le "Sud-est anatolien", appellé Kurdistan dans le reste du monde, sièges qui auraient dû aller au parti DEHAP sans l'absurde seuil des 10%.

Un parti ne peut en effet pas être représenté au parlement turc si il n'atteint pas 10% des voix au niveau national, règle conçue pour éviter l'émiettement, et très pratique pour empêcher toute représentation pro-kurde au parlement.

Une seule solution: le recours aux "indépendants" pour contourner cette règle et obtenir des représentants au parlement. Seul problème, le refus systématique du PKK d'autoriser les formations kurdes successives à employer cette stratégie, préférant toujours au bon sens d'improbables "platform" avec d'obscurs partis de gauche groupusculaires.

Ahmet Türk, qui n'a jamais porté le PKK dans son coeur (lequel le lui rend bien), a annoncé que le DTP présenterait des candidats indépendants aux législatives anticipées de juillet. Öcalan ne semble cette fois pas s'y opposer, en tous cas pas de nouvelles d'Imrali. Et pour une fois, il semble que l'establishement va laisser faire: 40 sièges de moins pour l'AKP, c'est toujours ça de gagner. Comme les partis classiques comme le CHP, l'Anavatan et le DYP n'ont strictement aucune chance de gagner au Kurdistan (eh oui, les Kurdes sont rancuniers), autant laisser faire le DTP.

Aux sièges qui lui semblent garantis au Kursistan, le DTP pourrait ajouter quelques victoires à Istanbul ou Ankara, dans les districts composés à majorité de Kurdes. Il va même à Istanbul se ranger derrière la bannière de la veuve de Hrant Dink...

L'AKP manoeuvre déja pour tenter de contrer la menace, en réformant à la hâte le code éléctoral, mais il semble que les Kurdes pourraient enfin rentrer en masse au parlement.



dimanche, mai 06, 2007

Et pendant ce temps là, à Bruxelles

Abdullah Gül a renoncé à l'élection présidentielle après un nouveau et démocratique boycott du scrutin par les députés CHP, Anavatan, DSP, DYP, etc etc etc. Il n'y aura rien de neuf avant les législatives anticipées de Juillet.



En France, rien ne semble pouvoir empêcher le seigneur des ténèbres de prendre le pouvoir pour 5 ans, avant reconduction de son mandat à vie.



Et pendant ce temps là, à Bruxelles...





























Avant que Sarko ne ferme la frontière, il vous reste encore un peu de temps pour venir demander l'asile ici, on rigole bien et la bière est bonne et pas chère!

jeudi, mai 03, 2007

Rattraper le train en marche

J'avoue, je sors d'une flémingite aigüe. La vrai flemme, celle qui fait dire "boarf, à quoi bon". Un moi sans bloggage, en suivant l'actualité turque d'un oeil morne et las. Avouons le, j'ai mal choisi mon moment, l'actualité a été riche en délires en tous genre.


Ce qui m'a décidé à rebondir? Nicolas Sarkozy hier soir lors du débat présidentiel, et son "si vous expliquez aux habitants de Cappadoce qu'ils sont européens, ça va renforcer l'islamisme". Il est regrettable que Madame Royal n'ait pas réagi, mais tout à son honneur qu'elle ait affirmé vouloir tenir la parole de la France, tout en insistant sur le fait que la Turquie n'était pas prête.

Difficile de le nier: dans l'ambiance éléctrique qui prédomine, il est difficile d'y voir clair. La bourse d'Istanbul joue au yoyo, les investisseur s'inquiètent, les intellectuels turcs se déchirent, et Baskin Oran continue d'avoir raison.

Les militaires qui se fâchent aujourd'hui ont promulgué, après une sévère épuration du corps politique (à grands coups de gégène dans les roustons / ovaires de la vermine marxiste), une constitution approuvée en 1983 par le peuple avec une unanimité digne des élections de Saddam Hussein. Elle est toujours en vigueur, et organise donc la vie politique turque.

Les méchants super méchants AKP profitent d'un système électoral bancal, qui leur offre la majorité absolue à l'assemblée en ne rassemblant que 30% des voix lors d'élections à législatives à 1 tour écartant de l'assemblée tous les partis situés en dessous du seuil des 10%. D'un autre côté, ils n'y peuvent rien, ce n'est pas eux qui ont inventé ce système destiné à virer la gauche et les kurdes de l'assemblée.

Fort de leur poids, ils veulent propulser un des leurs à la présidence. Difficile de leur en vouloir. Mais, eyvah eyvah, les Kemalophiles ne sont pas DU TOUT contents. La Turquie est en danger, la république menacée, etc. etc.

Qui est aujourd'hui le président turc? Ahmet Necet Sezer, spécialiste du Veto à toute réforme démocratique depuis 2002. Un Kémaliste, un Laïc pur et dur, pour qui laïcité veut dire pas de femme voilée à Cankaya, et pas de lois pour rétablir les minorités chrétiennes dans leurs droits. D'un autre coté il y a bien la laïcité française qui mugit sur les racines chrétiennes à tout bout de champ, loin de moi l'idée de juger.

Mais bref, dans un Etat basé depuis 1980 sur une "synthèse turco islamique" douteuse, sur un Kemalisme érigé en dogme indépassable contre les ambitions même de leur gourou, difficile de pleurer quand les islamistes deviennent une force politique sans rivale. Au Pakistan, en Egypte, en Algérie, la répression des forces démocratiques par des régimes militaristes a abouti à la montée des partis islamistes, seule force de contestation possible. Dans un contexte sensiblement différent, la Turquie a connu un phénomène semblable, même si il est difficile de comparer l'AKP aux frères musulmans ou au F.I.S.

On a aujourd'hui une "gauche" qui appelle l'armée à intervenir par un nouveau coup d'Etat et se permet de sortir des énormités telles que "he, Turc ! Défends ton identité ! N’épouse pas un Kurde, ne commerce pas avec ces gens !". Tout un programme de paix et de fraternité.

Dans les centaines de milliers de manifestants à Istanbul et Ankara, il n'y avait pas que des méchants, loin s'en faut. Il y avait aussi de braves jeunes gens qui répètent l'oeil fixe et brillant des slogans d'avenir comme "Ne A.B ne A.B.D, Bagimsiz Türkiye" (ni U.E ni USA, Turquie indépendante). Quand on voit sur le site de Turk Solu "gauche turque" Mustafa Kemal, Deniz Geçmis (arrêté et exécuté par l'armée) et Nazim Hikmet sur la même banderole, on comprend pourquoi la gauche turque n'est pas promise à un avenir brillant.



Ce qui frappe le plus, c'est que jamais au grand jamais des centaines de milliers de personne n'ont manifesté contre la guerre au Kurdistan, la possibilité d'invasion de l'Irak, les villages vidés, les droits des Alevis, l'ingérence de l'armée, etc. Ces manifestations ont eu lieu avec la bénédiction de l'armée républicaine, la seule au monde à se considérer comme "garante de la démocratie", et à se proclamer invincible sans jamais avoir battu d'autre ennemi que les chypriotes grecs.

L'Enorme problème turc, à mon sens, c'est qu'une dictature laïque semble moins mobiliser contre elle qu'une démocratique musulmane. L'AKP a beau être détesté par les "vrais" islamistes, il reste caricaturalement considéré comme une menace pour la laïcité turque. Pourtant pas de charia depuis 2002, on attend toujours. Les preuves les plus concrètes de l'utra célèbre "agenda secret" sont des projets pour limiter les ventes d'alcool (déja surtaxté par la république laïque mais bon) et des tentatives pour favoriser les imam hatip.

En effet, c'est très mal, mais d'un autre coté les écoles laïques donnent des cours de religion musulmane sunnite depuis le coup d'Etat, sans faire mention des alevis, yezidis, chrétiens orthodoxes, arméniens, assyriens, tous présents sur le territoire turc et de ce fait citoyens turcs. Je n'ai jamais vu personne, ni prof borné, ni atatürkçü, ni lycéenne en basket, manifester contre ça.


(image OVIPOT)
Les revendications pour les minorités et contre le dogme de 1980 (n'accusons pas le pauvre Kemal, il n'est pas responsable de ce Kemalisme prison caricaturé aujourd'hui) sont resté le fait de partis ultraminoritaires type ÖDP, mettant sur le même plan droit des kurdes et des transexuels, joyeux rêveur ne laissant rien présager de bon pour l'avenir de la social démocratie turque. La courageuse tentative pour manifester le 1er mai à Taksim pour la première fois depuis le massacre de 1977 (34 morts) aura causé 700 arrestations.

Des elections anticipées auront lieu le 22 juillet, suite à la décision contestée de la cour constitutionnelle (nommée aux 2/3 par l'actuel président Sezer) d'annuler le premier tour de l'élection présidentielle. Entre temps, l'AKP va proposer l'élection du président au suffrage universel, pour la première fois de l'histoire.


(Image OVIPOT)


C'est ici que ca va commencer à être drôle: QUI face à Abdullah Gül? QUI est le garant de la laïcité, de la démocratie, du progrès? Deniz Baykal???? Sezer encore??? Kenan Evren va-t-il reprendre du service?

On parle d'une alliance CHP-DSP-SHP... qui siginiferait, puisqu'ils se sont systématiquement opposé à elles, une annulation de toutes les réformes démocratiques engagées depuis 2002 par le gouvernement des méchants islamistes de l'AKP.

Ca promet. En tous cas je promets de suivre ça, fini les vacances bloggeuses!


vendredi, avril 06, 2007

Les Portraits d'Atatürk??

De la gnognotte!

Voila ce qui nous attend en Rance très bientôt...


Ne manquent que deux rangées de jeunes sarkozystes portant des flambeaux, et un autodaffé de traités de protection des droits de l'homme.

samedi, mars 31, 2007

Ne rougis pas non, ne rougis pas....

"La France n'a pas à rougir de son histoire, la France n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale (...) Je suis convaincu que pour un Français, haïr la France, c'est se haïr lui-même", a-t-il dit.

Dans une région où les rapatriés d'Afrique du Nord sont nombreux, Nicolas Sarkozy a rappelé le rôle important des colons et des harkis : "tous les colons n'étaient pas des exploiteurs; il y avait parmi eux beaucoup de gens courageux (...) Ils ont tout perdu, je veux qu'on les respecte".

Qui parle de rougir? Je serais franchement blême si cela m'étonnait. Mais il a raison, pourquoi laisser le vote Harki et Pied-noir à Le Pen... La France devrait pourtant rougir de ce qu'elle a fait aux Harkis cela dit. Je n'aurais jamais cru le dire "Heureusement qu'on a eu Chirac", parce qu'avec notre futur leader du peuple français, la reconnaissance du rôle de Vichy on pouvait s'asseoir dessus.

Pour la colonisation par contre, on va pouvoir attendre quelques dizaines d'années, le temps que son mandat de président à vie prenne fin...

vendredi, mars 30, 2007

Kahrolsun qui déja?

La vidéo du jour, trouvée sur youtube...

Sur fond de discours d'hitler, les tête encasquetées de Buyukanit, Baykal, Bahçeli, Kerinçsiz, bref la crème de la Turquie rancie, violente et haineuse.

A l'origine de ce montage, une petite association "Ben hala umudum var" (j'ai encore de l'espoir) et un slogan "Türkiye'de siyaset sivilleşebilir" (En Turquie la politique peut être rendue aux civils). Cette initiative est née après le meutre de Hrant Dink, et tente de se faire entendre à Istanbul et Ankara



Petite interview par msn d'un des responsables stambouliotes: cette initiative vient d'une prise de conscience que le racisme et le militarisme allaient encore augmenter après le meutre de Hrant Dink et un désir de "mobiliser les forces démocratiques de Turquie pour une alliance contre le fascisme" devant l'inaction de ce qu'il reste de la gauche turque. Il sent une grande inquiétude devant le durcissement et les préparatifs militaires contre les Kurdes d'Irak. Ce mouvement est indépendant de tout parti, mais ses membres sont sympathisants de l'ÖDP, du SDP, de l'EMEP et du DTP (regroupant ce qu'on va appeller la gauche "libertaire" et progressiste, sous représentée éléctoralement).

La nouvelle vient de Suisse

Un article du "Temps" hier, un mail dans ma boîte ce matin envoyé par la rédaction du "Courrier" (que je remercie!). C'est confirmé, le barrage d'Ilisu sera construit et le village d'Hassankeyf sera noyé. Pourquoi la Suisse? Parce ce que ce sont des entreprises suisses, allemandes et autrichiennes qui construiront le barrage.

Les entreprises suisses pourront participer à la construction du barrage d’Ilisu sur le Tigre, aux confins de la Turquie. Le Conseil fédéral leur a octroyé mercredi une garantie contre les risques à l’exportation. Pour Alstom, Colenco, Maggia et Sucky, le marché pèse 225 millions de francs.

On est content pour eux, vraiment. Apparemment ces pays souhaitaient mettre des conditions à leur participation, mais la Turquie a menacé d'aller voir ailleurs, ce qui a poussé la Suisse à accepter, alors que seules 23 condition sur 150 étaient remplies.

Il vous reste encore un peu de temps pour voir ce joyau du Kurdistan...Après la meilleure solution sera de cliquer ici ou bien là... ou de suivre une formation accélérée en photographie sous-marine.




mercredi, mars 28, 2007

Rions un peu avec la justice turque

Eloignons nous un peu de la douce Rance, et délectons nous du dernier coup d'éclat des promoteurs du ridicule international de la Turquie. Un procureur d'Ankara a décidé de mener une enquête contre Recep Tayip Erdogan, suite à une dizaine de plaintes, certaines venant, ô suprise, du parti républicain du peuple, le CHP. Le crime de Tayip Bey? Il aurait, il y a 7 ans, employé le terme "SAYIN" en parlant d'Öcalan, sayin voulant dire monsieur avec une marque de respect.

Le plus farouche détracteur d'Erdogan est certainement Zekis Sezer du DSP, qui trouve inconcevable qu'un homme qui utilise le terme monsieur pour désigner un chef terroriste puisse être candidat à la présidence. Je ne suis pas sûr qu'il ait été aussi scandalisé quand le chef terroriste Alparslan Türkes a eu le droit à des obsèques nationales en 1997...

Ou quand Tansi Ciller, Ministre des affaires étrangères, parlait ainsi d'Abdullah Catli, instigateur probable de l'attentat contre Jean Paul II et responsable des escadrons de la mort armés par l'Etat contre les Kurdes aux heures les plus noires des années 90

" Je ne sais pas s’il est coupable ou non, mais je me souviendrai toujours avec respect de ceux qui ont fait feu ou ont été blessés, au nom de ce peuple, de cette nation et de cet Etat " (le monde diplo, mars 1997, après l'affaire de Susurluk)

On peut donc poser avec un drapeau turc auprès d'un assassin de journaliste, se rendre aux obsèques d'un putchiste ultra-nationaliste, parler avec respect et émotion d'un mafieux trafiquant de drogue et responsable de dizaines d'assassinant, mais lâcher un "sayin" malencontrueux il y a 7 ans, non, on ne peut pas.

Tiens, mes petites recherches sur Türkes (je cherchais sa date de mort) m'ont fait tomber sur ce petit joyau: une photo de l'idéologue de l'ultranationalisme turc, Nihat Atsiz, dont j'avais lu un texte brillant expliquant pourquoi les Kurdes n'existaient pas mais étaient quand même inférieurs à la race turque supérieure.


Ben tout de suite on comprend mieux la filiation non ??? :)




vendredi, mars 23, 2007

Ya-sa-sin Fran-sa Ya sev ya terket!

J'ai la chance d'observer la campagne présidentielle française dans le confort de l'expatriation volontaire, à la fois de Bretagne et de france. Cela me permet de relativiser, en me disant égoïstement qu'après tout, le résultat ne changera à rien à ma condition ni à mon avenir.


Relativiser permet de bien rigoler quotidiennement, et chaque jour apporte un trésor, une déclaration fracassante, une idée géniale.

J'avais déja noté la délicieuse tendance des anti-turcs français à reprendre mot pour mot les slogans de partis turcs douteux. Nicolas "Soitulaimesoitulaquittes" Sarkozy n'a pas encore été contacté par le MHP pour les droits d'auteur de ce charmant mot d'ordre, Ségolène Royal échappe encore aux poursuites de Necemettin Erbakan pour "l'ordre juste" (adil düzen).

La police parisienne gaze, tabasse et rafle dans Belleville avec un entrain qui laisserait admiratif (une directrice d'école maternelle en garde à vue pour "outrage et dégradation de bien public en réunion, avouez que c'est savoureux) une amicale des vétérans des özel tim des années 90 au Kurdistan Turc. Evidemment, on est encore loin des hauts faits du 16 juillet 1942 ou du 17 octobre 1961. Mais on sent que la motivation est là, que les vocations vont naitre.


Cette incompréhension des hommes politiques français envers la Turquie... Comment deux républiques unes et indivisibles ayant tenté avec plus ou moins de succès et des méthodes différentes d'assimiler leurs minorités (mais il n'y en a pas), cultivant le non paritarisme politique, s'efforçant d'écarter les petits partis de l'assemblée, peuvent elles autant se méconnaître. La France de la IIIème république, jacobine, raciste (la mission civilisatrice des races supérieures, du cher Jules Ferry), autoritaire et militariste (n'en parlez jamais, pensez y toujours, tu seras soldat mon fils) a été le modèle d'Atatürk, ce qui n'a pas été sa meilleure idée.

Aujourd'hui, c'est un juste retour des choses, les grands esprits français puisent là ou il est le plus fort un esprit cocardier anachronique. Sarkozy, dans son discours sur les croisades, aurait omis de faire une déclaration initialement prévue, sur la charte européenne des langues régionales. En substance "je ne veux pas qu'un jour un juge européen vienne imposer à la France d'enseigner des langues minoritaires à l'école". Une bonne réaction de chef d'Etat Major Turc ça! La méchante Europe, qui fait rien qu'à vouloir diviser la république unéindivisble!

Marie-Ségolène, elle , a décidé que la seule réaction qu'un parti de gauche peut avoir quand son adversaire se vautre dans le patriocardisme, la franchouillardise et "l'identité françaîîse" (mot sale et dégradant quand elle est bretonne pourtant...), c'est... de faire pareil. Après avoir soutenu les "forces démocratiques" hongroises en octobre quand les Skinheads défilaient à Budapest (ils ont remis le 15 mars, juste quand j'y étais, c'est mignon), c'est cohérent.


(Budapest, 15 mars)

Bon, ce n'est pas si méchant, mais ça nous renvoie à notre idée de départ, la turquisation de la politique française. Marie-Ségo donc, a eu une idée.

"Je pense que tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore. Dans les autres pays, on met le drapeau aux fenêtres le jour de la fête nationale"

Oui, en Turquie par exemple, ou flottent partout les "ay yildiz" à chacune des nombreuses fête nationale (dont la "fête des forces armées", le 30 aout je crois), et ou il existe une véritable surenchère dans la taille des drapeaux, certains couvrant la moitié des facades d'immeubles de 20 étages. Ou quand des gamins kurdes brûlent un drapeau turc devant les caméras, la presse entière éructe et pleure sur la patrie en danger. Où quand une animatice de télé shoote dans un ballon de baudruche décoré du drapeau, elle est attaquée en justice, ou un militaire refuse de couper un gateau d'anniversaire décoré du même drapeau pour "ne pas diviser la nation".

On en est pas là, mais on y arrive. Après tout un député sarkozyste avait proposé une loi punissant l'outrage au drapeau et aux symboles de la nation. Il faudrait lui refiler le ministère de l'identité nationale, il pourrait nous pondre un article 301 "alafranja"...

Qu'on ne se méprenne pas, le drapeau français ne me dérange pas, il ne me fait ni chaud ni froid. Il le faut partout, chez tout le monde, pour que vive la République.

Bon chez moi désolé, j'ai pas la place


Et puis les couleurs ne vont pas ensemble, rien à faire. Je pense néanmoins être à l'abri des poursuites légales qui ne manqueront pas de s'ensuivre. Et puis la Bretagne étant "2 fois française", son drapeau ne peut que l'être non?

Un bon résumé pour finir, du blog de Claude Askolovitch

La France, ce n'est pas rien. Certes. Mais est-elle vraiment en jeu à ce point, dans cette campagne? Croit-on vraiment que Le Pen va nous le voler, notre pays? Ou joue-t-on. La France, messieurs-dames! Ils nous le disent tous, et Sarkozy qui s'en gargarise, se drape de patriotisme pour effacer ses vulgarités identitaires, et Bayrou, qui devrait mettre un bémol à son pathos populiste (sa vocation à être le "Président du peuple" m'a fait irrésistiblement penser aux communicants de Blair inventant l'expression "People's princess" à propos de Diana -allez voir the Queen si ça joue encore!). Et Royal donc. La France, la France, la France, sautons tous sur nos chaises comme des cabris! Pendant ce temps, on ne parle pas politique. Ca manque.

jeudi, mars 22, 2007

Au top de sa forme

La Ségolène de Silvan a frappé très fort hier pendant le Newroz à Diyarbakir



Speaking in Kurdish,
Leyla Zana said: "The Kurds have three comrades. All of them are very
precious. They occupy a significant space in Kurdish hearts," and
continued: "First of these is Uncle Jalal [Jalal Talabani], the
president of Iraq. He is a Kurdish leader and a believer in
brotherhood, he accepts all of us. The second one is Uncle Masood
[Massoud Barzani], the leader of the Kurdistan region. The third one is
the one you call the guide, the leader: he is the will of the Kurdish
people as we all know in our hearts, Ocalan. All three are our pride,
ears, hearts and brains. They are etched in our hearts."



C'est amusant, j'aurais juré qu'Öcalan détestait, méprisait et jalousait les deux leaders kurdes irakiens, traités à longueur de temps de chefs de tribus féodaux, et de "nationalistes" (car lui est bien au dessus de ça). On rappelle que le cher Apo avait aussi déclaré qu'un Kurdistan Irakien serait "un second israël" et "une catastrophe"



De plus mettre sur le même plan un gourou raté qui s'est laissé prendre comme un bleu au Kenya après une fuite pitoyable d'un an, ne parle pas la langue de son peuple et n'a jamais tiré un coup de fusil, et deux combattants chevronnés qui se battent depuis les années 60 pour leur peuple, ca me semble léger...





mardi, mars 13, 2007

Montjoie! Neuilly!

Nicolas Sarkozy ne me fait pas peur. Il me terrorise, me révulse, me dégoute.

Son dernier discours contient une perle, qui j'espère sera reprise par la presse et commentée jusqu'à plus soif, car elle est potentiellement plus dévastatrice que tous les karchers du monde mis à bout.

Je cite la dépêche afp

"Il nous faut retrouver cette foi dans l'avenir, cette foi dans les capacités humaines et dans le génie français", a-t-il dit en se référant à "la France des croisades et des cathédrales, la France des droits de l'homme et de la Révolution".




Il est fort le nabot atrabiliaire, parce que mine de rien il vient de donner sa référence spirituelle principale: LA FRANCE DES CROISADES! Laquelle monsieur Sarkozy??? Celle lancée contre les albigeois à coup de "Dieu reconnaîtra les siens" et de bûchers d'hérétiques pour justifier la conquête, par les barbares du nord, de la brillante occitanie? La première, la vraie, la pure, celle qui a vu massacrer en terre sainte dans un grand élan les musulmans, juifs et chrétiens d'orient? La quatrième, qui s'est arrêtée à Constantinople, dans un grand massacre de chrétiens et le pillage organisé de la première ville d'Europe à l'époque? La France des croisades... Monsieur Sarkozy a appris à l'école que la Turquie était en Asie, mais il dû ronfler près du radiateur quand son prof a évocé les croisades? Ou bien en a-t-il eu une version édulcorée et magnifée par les bons pères?

"Du sang jusqu'au genoux", c'est ce que décrit le chroniqueur Joinville lors du sac de Jérusalem en 1099. Les Juifs enfermés et brûlés dans la synagogue. Les chrétiens d'orient (orthodoxes, arméniens, nestoriens, maronites) expulsés et interdits de culte.

Il devrait lire Amin Maalouf, Monsieur Sarkozy. Non, ce n'est pas un sans-papier, ni un chef de cellule dormante d'Al Quaïda. "Les croisades vues par les arabes", ça vaut le détour, et ca donnera une idée de cette "France des Croisade", avec ces saints hommes francs qui massacraient indiferemment chrétiens, juifs et musulmans, et se sont ancrés comme cannibales dans l'imaginaire arabe pour des siècles....

Et l'autre courge qui parle de "non choix" entre Sarkozy et Bayrou...

dimanche, mars 11, 2007

Jamais mieux servi que par soi-même

L'armée turque a découvert dimanche dans le sud-est anatolien à la population en majorité kurde les cadavres de sept rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et en a abattu un huitième, ont affirmé des sources locales de sécurité. afp

L'armée affirme qu'ils n'ont pas été tués dans le cadre d'opérations et penche pour un règlement de compte.

Que penser? Quand l'armée bute un PKK, elle s'en félicite. De là à supposer que ces 7 là aient été froidemen exécutés par leurs "heval" (camarades) pour tentative de désertion et reddition à l'armée...

L'ambiance dans le parti du soleil de l'humanité ne doit pas être au beau fixe...

samedi, mars 03, 2007

Résumé des épisodes précédents

L'actualité turque n'est pas toujours drôle, mais le niveau atteint cette semaine pousse à la franche rigolade! A me faire regretter de ne pas avoir plus de temps à consacrer à ce blog.



Dans le désordre: Kenan Evren (le pinochet turc leader du coup d'Etat de 1980) se dit contre une intervention turque en Irak, et surtout pour une Turquie FEDERALE! Hurlements à gauche, crises d'épilepsie à droite! Le leader du DSP Zeki Sezer accuse carrément Evren d'être séparatiste, tandis qu'un leader régional du MHP émet des doutes sur sa santé mentale et propose de lever l'immunité qu'il s'était auto-attribué en 1983 (article 15 de la constitution).



Eh oui, le mot "fédéralisme" en Turquie est un crime passible de poursuite. Rien de moins. En France on en a guillotiné pour moins que ça, et on se contente de traiter la question par quelques pirouettes et un mépris amusé. Mais en Turquie, l'idée incongrue de modifier un système de 81 "districts" directement administrés par Ankara ne passe décidemment pas. Pourtant, "'l'état d'urgence" en vigueur de 1987 à 2002-2003 au Kurdistan n'était il pas un fédéralisme de fait? Des lois pour les régions "OHAL" (nom de l'Etat d'urgence) des lois pour le reste de la Turquie. Des publications kurdes autorisées à Istanbul et interdites à Diyarbakir. Aujourd'hui des "super-gouverneurs" qui appliquent les directives d'Ankara selon leur humeur.



Ahmet Türk, qui n'a pas de raison valable de ne pas être mesquin, étant condamné à 1 an et demi de prison et surement inéligible en octobre, n'a pas manque de persifler "si moi je faisais ce genre de remarque, je finirais au trou"



Bref, je fais encore du mauvais esprit.



Un autre qui est très fort pour ça (oui j'ai la comparaison modeste ces jours ci) c'est Massoud Barzani.



"La Turquie devrait commencer à se faire à l'idée d'un Kurdistan indépendant!" Et boum! Un Toréador agitant un chiffon rouge sous les naseaux d'un Taureau caractériel dopé aux corticoïdes ne ferait pas mieux.



Mehmet Ali Birand prend tout ça à la rigolade, "Espère-t-on de lui qu'il dise "Nous vénérons l'armée turque! Elle devrait envahir l'irak du nord, en commençant par Kirkuk", mais s'égare franchement dans le reste de son article "Le monde entier voit que Barzani utilise le PKK"



Le brave Yasar Pasha (Buyukanit, chef des forces armées) s'oppose carrément à tout dialogue avec le chef Kurde. Ca en devient franchement désobligeant: Voila un voisin direct sans intention hostile, reconnu par la communauté internationale et élu démocratiquement lors d'élections reconnues par la constitution irakienne, et traité comme un vulgaire Taliban!



Réponse d'Erdogan: c'est l'opinion personnelle du général, et je fais ce que je veux. Et d'envoyer un télégramme de prompt rétablissement à Mam Jala (Talabani), victime d'un gros coup de mou la semaine dernière. "Le gouvernement a le dernier mot!". Et toc! Réponse de l'armée "non c'est l'opinion institutionnelle des forces armées" Et vlan! Silence poli du coté du gouvernement.



Coté Kurde de Turquie, prédomine une sale impression de déja vu. Le DTP, sous la direction d'Ahmet Türk, vient d'annoncer vouloir représenter des candidats indépendants aux élections législatives, ce qui permettrait de contourner le très démocratique seuil de 10% et de propulser des députés kurdes élus des kurdes au parlement. Ca n'a l'air de rien et on se demanderait bien pourquoi ils n'y ont pas pensé avant. Tout simplement parce que le cher PKK s'y est toujours opposé, de peur de perdre le contrôle sur les élus. Tuncer Bakirhan, ex président pantin du DEHAP ne s'y est pas trompé, en protestant bruyamment.



Du fond de sa cellule, après avoir fêté le 8eme anniversaire de sa glorieuse capture au Kenya, Abdullah "Apo" Öcalan souffre d'empoisonnement aux métaux lourds. Et ça a l'air sérieux. La bonne nouvelle, c'est qu'il ne se plaint plus d'écoulement du cerveau, mais si "sa santé est notre santé", l'ensemble de la population kurde a un pet de travers en permanence, à commencer par les 20 neuneus qui ont envahi le siège de l'ONU à Genève avant de s'en faire éjecter.