mardi, juin 20, 2006

Öcalan / Besikçi, suite

Visiblement Kurdishmedia n'a pas du tout apprécié de se faire agonir par les supporters d'Öcalan pour avoir "fait de la propagande anti-pkk". Il est vrai que c'est le seul site kurde anglophone a publier des articles dénonçant les méthodes du PKK, ce qui doit déplaire à beaucoup. La réponse, signée Berfo Serhedi, livre des extraits des fameux "entretiens" qu'Öcalan a avec ses avocats à Imrali, et les donne comme extraits du site d'extrême gauche Koxuz
"I read in a newspaper that Ismail Besicki says that Ocalan is under the control of the state so he can not decide freely or for this reason let the people outside speak. He even said that Ocalan made an agreement with the state and started the war.This is an attack to me. Lie, lie and lie. How can he say such things? I am being insulted with these words. I need to defend myself against such attacks. This is in fact an attack against the Turkish state as well. "

Kurdish nationalism is very dangerous. It is a big lie that I made an agreement with the state and started the war. By saying such things, Besikci is making cheap Kurdish nationalism. There are some states behind him. The head of those who want to use Kurdish nationalism is outside of Turkey.

Attaque (à peine) voilée contre Barzani, contre lequel Öcalan vitupère depuis qu'il sait qu'il commence à être plus populaire que lui même au Kurdistan Turc... Le fait que Barzani soit le premier président élu d'une entité kurde (alors que lui est unanimement désigné) ne doit pas arranger les choses.

Some circles are trying to bring primitive (Kurdish) nationalism and chauvinistic (Turkish) nationalism against each other.

C'est vrai qu'il ne l'aime pas le nationalisme kurde... il semble le mettre sur un rang inférieur au nationalisme turc, qui n'a pourtant rien à envier à personne sur le plan primitif.

Question: What is the situation in East (of Turkey)? You stood against the “Democratic Republic Thesis” which Ocalan started to defend after being captured. You believe that the Imrali thesis is a setback…

Suggestions about the Kurdish issue should be brought up by the people outside, not by Imrali! There are political parties like DTP and many other groups and they should decide what kind of policies to follow for the Kurdish issue.

Voila les extraits de l'interview de Ismayil Besikçi dans Milliyet...

Q: After having been captured, Ocalan changed his thoughts and his era is over now. Is this what you think?

He is in the hands of the state. He is under the state’s control.

Q: Isn’t he able to speak freely?

He has spoken and now there is a price to pay. I know this from my own experience; while I was in prison in 1985, I wrote a letter about the Kurdish question to a friend of mine. They returned that mail back to me and told me ‘you are committing a crime in the prison. We are going to start a disciplinary procedure.” This is the situation for even a simple thing about the Kurds. Yet, on the other hand, Ocalan is ‘declaring a war’. He says in his orders that “the state did not take any steps, so use the arms again.” How can one say such things in that condition? It clearly means that the state has such demands.

Que rajouter à celà! C'est l'évidence même...la question est de savoir si Öcalan SAIT qu'il est manipulé. Rien n'est moins sur! L'intégralité de l'interview d'Ismail Besikçi sur ce lien

http://www.kurdmedia.com/articles.asp?id=12672


et en français ici http://ofk2.blogspot.com/2006/06/besiki-et-calan-rien-ne-va-plus.html

Eh oui, certaines ont moins la flemme que certains...



Ce qui est foncièrement rigolo, c'est que Besikçi n'est pas kurde mais est bien plus nationaliste qu'Öcalan. Ce qui l'est moins c'est d'observer l'attitude des jeunes kurdes en Turquie. Beaucoup sont encore persuadés qu'Öcalan est l'avenir des Kurdes. Si on leur oppose les déclarations qu'il a pu faire depuis son arrestation, ils rétorquent qu'il a été torturé, drogué, qu'il ne peut pas parler librement. Si on leur demande pourquoi alors ils l'écoutent toujours, ils répondent qu'Öcalan est leur vie, que sa santé est leur santé... L'argument "avant le PKK les kurdes ne savaient pas qu'ils étaient kurdes" ne tient pas une seconde devant l'histoire, et le fait qu'Öcalan insulte les kurdes à longueur de page (et ce dès AVANT son arrestation) en les traitants d'ânes et de primitifs n'a pas l'air d'entamer leur amour filial...Quel mouvement de libération a déjà vu son chef insulter son propre nationalisme?

Ma théorie la dessus, c'est qu'Öcalan se croit supérieur au concept même de Kurdistan. Il jalouse l'amour des Kurdes pour leur pays rêvé, et voit le concept de Kurdistan comme un rival gênant dans son ascension au rang de soleil de l'humanité. Que croyez vous que représente le soleil sur le drapeau du PKK...un rappel à celui du drapeau kurde officiel? A voir...

Besikçi admet honnêtement avoir supporté le PKK, et a d'ailleurs fait de la prison pour ça. Il a critiqué en son temps les "traîtres", les fugitifs. Il appelle aujourd'hui a ne plus écouter "Imrali" et à suivre les partis pacifistes comme le DTP, ou à se rapprocher des partis kurdes irakiens...

Les Kurdes seraient bien inspiré d'écouter quelqu'un qui a consacré sa vie à faire entendre leurs voix en Turquie, et laisser dans l'oubli un vieux bonhomme aigri et paranoïaque qui après avoir vendu le rêve kurde pour racheter sa vie s'évertue à le piétiner, probablement aux ordres du MIT...

2 commentaires:

Piling a dit…

Le Breton est feignasse et le Français travailleur, faut le savoir.

Tom a dit…

"Le sportif intelligent évite l'effort inutile" (Mr Mégot, petit Spirou)