vendredi, janvier 19, 2007

Et merci à vous, messieurs les députés!

Le principal argument contre la stupide loi anti-négation du génocide arménien votée à la sauvette dans un hémicycle désert en octobre dernier? Un coup porté aux démocrates de Turquie, dont Hrant Dink.

Résultat un peu plus de trois mois plus tard. Dire que nos abrutis de députés franchouillards ont du sang sur les mains est il un raccourci? Et bien je le fais.

Hrant Dink, rédacteur en chef du quotidien arménien Agos a même déclaré qu’il viendrait en France se faire condamner pour que « ces deux mentalités irrationnelles se rejoignent pour me mettre en prison"

Il aurait peut être été bien inspiré de le faire... au final ces "deux mentalités" ont préféré le condamner à mort.

2 commentaires:

Jacky a dit…

S'il s'agit de pointer l'atteinte à la liberté d'expression, et il y a matière à le faire, il faut avoir le courage de remettre en question non seulement cette loi mais aussi toutes les lois apparentées, donc la fameuse loi Gayssot qui condamne toute personne qui nierait la Shoah.

Ensuite, il ne faut jamais perdre de vue que la Turquie est sans doute le pays champion toutes catégories pour se doter d'une historiographie complète, de centre "d'étude", de recherches défendant sa position au niveau international sur "Ermeni sorunu".

De toutes les historiographies, la pire est évidemment l'historiographie d'État, et les États admettent rarement le fait d'avoir été criminels. Le cas le plus douloureux peut-être est, dans ce domaine, le cas de l'historiographie turque du génocide arménien de 1915. [...] Mais les Turcs n'en sont pas là; ils offrent l'exemple même d'une historiographie de la dénégation. Mettons-nous à la place des minorités arméniennes un peu partout dans le monde. Imaginons Faurisson ministre, Faurisson général, Faurisson ambassadeur, Faurisson membre influent des Nations unies, Faurisson répondant dans la presse chaque fois qu'il est question du génocide des Juifs, bref un Faurisson d'État doublé d'un Faurisson international et, avec tout cela, Talaat-Himmler jouissant depuis 1943 d'un mausolée solennel dans la capitale. Inutile donc de nous attarder sur une historiographie où tout est prévisible.
Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, La Découverte, chap. V, 1987.

Jacky a dit…

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3220,36-860451@51-860454,0.html