vendredi, janvier 05, 2007

les prédictions de Günes Hanim (madame soleil)

Allez une petite prédiction, parce que ça fait longtemps que je n'en ai pas fait:



Je vois, je vois....une opération militaire turque contre le PKK avant les élections... je vois une riposte indignée du PKK et une reprise des attentats du TAK... je vois une montée subséquente de l'extrême droite et une défaite de l'AKP...



Voilà, c'est fait! Bonne année!







19 commentaires:

Maurice a dit…

Dans la même rubrique j’annonce :

1. Des attentats du PKK dans des stations balnéaires et l’évacuation toutes sirènes hurlantes des blessés que l’on voit dans toutes les chaînes de télévisions européennes.
2. L’avancée des thèses nationalistes de l’extrême droite turque dans l’opinion.
3. L’éventualité d’un coup d’état militaire.
4. Le gel des négociations avec l’Union européenne.
5. La poursuite du cauchemar des démocrates turcs tout au long de 2007.

anne a dit…

Une montée de l'extrême droite, il y a des chances..et à nouveau des alliances pas terribles.
Le reste, je ne sais pas. J'imagine mal l'armée turque entrant au Kurdistan d'Irak, malgré le véto de l'allié américain.
Sauf s'il y a le bazar au Kurdistan après l'annexion de Kirkouk..où elle pourrait éventuellement entrer pour "rétablir la paix". Mais ça c'est à plus longue échéance.

Anonyme a dit…

1- Le cauchemar oui : mais il est généralisé. Les conservateurs en perdent leur latin aussi. Ils agissent sans que leurs actions aient encore un sens, ni sans qu'elles évitent les contradictions. C'est le propre des périodes de transition.

2- Le coup d'état militaire comme une intervention en Irak qui signifierait à peu près la même chose ont encore un sens dans la logomachie nationalo-conservatrice (protéger le vatan et défendre les lignes du Milli Misak... Si, si !!!) mais aucun sens politique ou diplomatique dans la Turquie d'aujourd'hui. Et ce ne sont pas des types comme Baser ou Büyükanit, des anciens de l'OTAN, qui diront le contraire. Un coup d'Etat ne s'improvise pas : il marquerait aujourd'hui en Turquie la fin du privilège des militaires. Souvenons-nous du coup d'Etat de Ienaïev en URSS lorsque Gorby se trempait les pieds à Sébastopol en 91. Le phénomène le plus important en Turquie ces dernières années, c'est la montée en puissance d'une société civile qui découvre la liberté de parole : c'est un processus irréversible quand bien même nombreux sont ceux qui en Europe n'y voient que de méchants islamistes...

3- Le gel des négociations : il existe de fait. Il faudra attendre 2008 pour imaginer voir une petite évolution sur ce front. Reste à savoir si on permettra aux Turcs de continuer à se mettre en conformité avec les règles de l'Union. Je pense pour ma part que si on fait preuve d'intelligence de part et d'autre, on pourrait très bien trouver un terrain d'entente dans la marche à suivre pour ces négociations : une sorte d'adhésion graduelle, pragmatique et efficace.

4- Quant à l'avancée des thèses nationalistes dans les esprits turcs, elle ne correspond qu'à leur échauffement dans une période électorale. Un positionnement politique sérieux et crédible pourrait enrayer le processus.
Ensuite, il faudra des années avant de faire refluer la culture nationaliste, legs de la dernière junte.

Je m'arrête là.
François

Anonyme a dit…

Oui, en fait TOM, tu prédis pour mieux conjurer, c'est ça ?
F.

Tom a dit…

Finement déduit :)

d'accord avec tout, mais pas avec ta théorie de la "nationalisation" des esprits liée à l'année électorale. L'hystérie, on la sent monter depuis 2004.

Maurice a dit…

Aux cinq malheurs énumérés et qui sont les produits des hommes (et aussi des femmes) en société, il conviendrait de joindre « la colère des dieux » et la probabilité de violentes secousses telluriques de puissance VIII sur l’échelle de Richter
A ce degré ce ne sera pas l’Atlantide mais des dizaines de milliers de personnes risquent de perdre l’essentiel.
Si l’une ou l’autre des commentateurs extralucides pouvait annonce quelques bonnes nouvelles, j’avoue que les lirais comme d’autres, en d’autres temps, avaient lu l’Evangile qui comme chacun le sait signifie la bonne nouvelle !

anne a dit…

Je crois aussi que ce retour en force des valeurs "nationalistes " est une réaction logique au vent libéral qui traverse la Turquie (et je pense même certaines fanges de l'armée). Le PKK, les TAK et l'anti turquisme de certains Etats européens y ont bien aidé aussi.
Quant à Erdogan, il aurait été bien inspiré de ne pas faire du foulard un symbôle (comme Ataturk l'avait fait...dans le sens contraire! ) il aurait paru moins inquiétant dans un pays où on adore et les symbôles et les complots!

le problème, c'est qu'il manque un parti politique avec lequel le DTP qui est resté à l'échelle de parti régionaliste pourrait s'allier.
Un peu comme en France, ou dans le duel "sarko- ségo" plein de gens ne se reconnaissent pas..ce qui risque de favoriser les extrêmes ou de voir les choses se compliquer ensuite.
Bref outre une "poussée fièvreuse" de nationalisme (pas sûre qu'Erdogan gardera l'ensemble des voix MHP qu'il avait ralliées) il y a un manque de représentativité politique dans les deux pays.
Et en Turquie la "manie" de compter sur l'armée garante de la laicité et de l'unité nationale, et la culture du " syndrome de Sèvres" ne facilite pas les choses.

Anonyme a dit…

Oui Tom, je suis d'accord. Je précise donc :
- le nationalisme est culture nationale en Turquie.
- il progresse ou s'échauffe en ce moment pour deux raisons plus ou moins liées:
les raisons conjonturelles qui sont l'attitude de l'UE et les conneries des USA
les raisons structurelles qui font que le pays est en train de rentrer de plain-pied dans cette si fameuse globalisation et sans barrière de sécurité aucune.
D'où le retournement -recrudescence sensible depuis 2004 : mais ce nationalisme exacerbé se tenait dejà là sous des couleurs différentes en 99 avec le double vote DSP-MHP qui représentaient les deux modes nationalistes en Turquie (l'urbain et le rural pour aller vite).
Ce que j'ai voulu dire c'est que si un type comme Baykal en avait un peu dans le pantalon, il ne chercherait pas à seulement rafler la mise sur des thèmes nationalistes et ne contribuerait pas crédibiliser des thèses de plus en plus désuètes : mais le pire avec ce genre de personnages c'estq que, comme Sarko, ils agissent en toute connaissance de cause.

Alors pour répondre à Maurice, je dirai qu'une bonne chose pour l'année à venir serait une victoire solide de l'AKP aux prochaines législatives (avec l'élection préalable d'un type comme Sener à la Présidence). Et pour cela, encore faut-il ne pas bousculer la ruche irakienne (attendons les provocations les plus grossières) : en novembre prochain, on y verra plus clair. Insallah.

Anonyme a dit…

Encore un truc pour Anne.
Ce sont peut-être moins les voix du MHP que celles données au Genç Parti en 2002 qui risquent de faire défaut au moment du décompte final : faudrait trouver un maboul médiatique de plus pour casser les partis qui tournent autour des 10 %.
Ah que de cynisme !

Maurice a dit…

Eh oui, avec 34 % des suffrages l’AKP emporte les deux tiers des sièges n’était-ce l’attitude semblable de l’UMP en France ( 33.3 % des suffrages et 63 % des sièges à l’assemblée nationale) , on crierait à la République bananière, alors crions ensemble contre les Républiques bananières de part et d’autre de l’Europe à l’Asie !

Anonyme a dit…

Pour Büyükanit, il ne faut pas oublier que cet imbécile est un partisan de l'intervention en Irak, donc ça a un sens pour lui de parler de ça.

La liberté de parole : comme si les opposants avaient attendu qu'on leur la donne bien gentiment d'en haut... C'est pas maintenant qu'ils la prennent et ils continuent à en subir des sanctions.

Les autorités européennes n'attendent pas que la Turquie se mette en conformité avec des normes clairement établies. Ca, c'est un gros leurre.
Les autorités européennes font pression pour des objectifs secondaires en terme de normes mais prioritaires en terme de commerce et de marché voire de symbole comme Chypre.

Prenons les autres "normes" :
Les Droits de l'Homme : ils continuent d'être largement bafoués tous les jours en Turquie par la justice, par la police, par le système carcéral.
La question des minorités (qui est un thème central en Europe) n'a connu aucune évolution en Turquie. Je pèse mes mots. Les efforts salués par l'UE concernent l'introduction d'établissements privés pour l'enseignement du kurde, comme si des paysans kurdes allaient payer des cours privés à leurs grands enfants pour apprendre leur langue maternelle.
Il faut savoir que ces établissements ont fermé et que la presse turque s'est enhardie d'en parler, sous-entendre : "vous voyez bien, ils ne veulent pas apprendre le kurde".
L'introduction de programmes télévisés en langue kurde : genre à 7 heure du matin, comme les programmes en breton qui passaient à une certaine époque sur France 3 dans le même créneau horaire. Dans ce cas-ci, obligatoirement sous-titré en turc bien sûr.
Bref, les "efforts de la Turquie pour le respect de ses minorités" salués par l'UE jusqu'à maintenant sont de la poudre aux yeux. Et après, on fait croire à un processus graduel, progressif de démocratisation sur un ton évolutionniste nauséabond. Mais bien sûr, tous les Etats du monde suivent la même courbe graduelle de développement démocratique, mais bien sûr, tous les Etats du monde se transforment en démocratie... du gros n'importe quoi surtout quand on sait que la plus libérale (donneuse de libertés) constitution de Turquie était celle d'il y a plus de 40 ans...

Jacky

Anonyme a dit…

Jacky,
Vous avez toujours la même propension à haïr et à mépriser avec aisance ce qui vous fait passer à côté de beaucoup de choses.

Deux choses seulement :
- ne sous-estimez pas l'intelligence politique de Büyükanit que vous traitez de je ne sais quel nom d'oiseau. Vous verrez.
- personne n'a jamais dit que la société civile turque n'avait pas lutté pour se dégager des espaces de liberté.
- que cela vous plaise ou non, que cela puisse porter atteinte à la vision que vous avez du changement en politique et oui, la société turque bouge et même très vite : ce qui ne veut pas dire que le système institutionnel puisse suivre immédiatement. Nous ne sommes pas dans un monde de cristal quand bien même voudrait-on nous en convaincre. C'est moi qui le dis pour ce que je ressens mais ce sont surtout les démocrates les plus en butte aux pressions multiples qui leur sont opposées.

Le fond du regrettable dans votre position c'est cette attitude du tout ou rien : tant que je n'ai pas tout, je ne reconnais rien.
On connaît la même chose chez les extrèmistes arméniens : tant que je n'ai pas le mot génocide, je dénie aux Turcs la moindre connaissance historique, voire le moindre droit à la connaissance historique (un débat que nous avions eu il y a quelques mois sur FTE si vous vous souvenez). En attendant le monde bouge.
François

Maurice a dit…

François j’avoue que vous m’étonnez, car Büyükanit est à la tête des forces armées turques pas pour faire de la dentelle, mais pour en découdre. La diplomatie n’est de loin pas son obsession ou sa qualité première, c’est un type qui veut cogner et il ronge ses freins dans l’attente qu’on l’autorise à mâter du kurde en territoire irakien et bien sur en Turquie. Le problème est que s’il n’est pas autorisé à aller cogner du kurde, il prendrait sans doute le risque d’y aller sans crier gare, c’est ce que j’appellerais le coup d’état.
J’ai ouïe dire que GW Bush aurait assuré Erdogan que l’armée américaine ferait régner l’ordre du coté de la frontière.

A propos de la société civile, les démocrates turcs sont situés entre le marteau (militaire) et l’enclume (islamo-nationaliste) qui ratisse large dans les strates de la société. Si l’on admet qu’un homme égale un voix, il n’est pas certain qu’il se trouverait une majorité de Turcs favorables aux thèses européennes avec toute l’implication que nécessite l’approbation des thèses européennes.

L’Union européenne exerce des pressions sur le gouvernement turc, pour exiger qu’il se conforme aux normes applicables à tous les pays membres ou candidats. Bien sur les répercussions sur la politique intérieure ne sont pas négligeables.

Vous pourriez admettre que dans les délais fixés (entre dix et quinze ans) les Turcs et les Européens puissent arriver à un accord acceptable pour tous, sans nécessairement faire entrer la Turquie dans l’Union européenne.

Anonyme a dit…

Tout faux...

Je sais reconnaître un changement quand il y en a un, par exemple, les réformes de l'AKP par rapport aux partis précédents, même s'il s'agit ici de deux pas en avant, trois pas en arrière.
Ce qui ne trompe personne, c'est cet atttitude optimiste qui consiste à voir du "progrès" démocratique là où il n'y en a pas.

Donc faire passer Büyükanit pour un mesuré démocrate comme vous le faites sur TE ou faire croire aux changements profonds sur la politique des minorités, c'est à la fois énorme et manipulateur.

On s'est plaint du fait que la justice n'ait jamais pu mettre la main sur Pinochet in fine : le bougre est mort après bien des péripéties judiciaires, ce que l'on sait moins en Europe, c'est que des pinochets, il en existe des tas qui coulent une retraite paisible en Turquie !

Büyükanit est un imbécile et un fasciste, il est de la ligne dure et ce n'est pas un scoop.
Avoir du mépris contre les individus de son espèce, c'est salvateur ai-je envie de dire, surtout lorsque l'on sait le sort des victimes passées et actuelles de la junte.

Et il faudrait se taire, il faudrait """attendre""" que la Turquie progresse sur la voie de la démocratie, et la fermer ? Idem avec le génocide arménien, il faudrait la fermer le temps que "les Turcs" se calment ?
C'est quoi ces bétises ?
Vouloir la Turquie en Europe ? Pourquoi pas. Moi, ça m'indiffère, il y a des combats plus importants, et de loin, que celui-là, surtout quand on sait que les principaux bénéficiaires en sont les membres du patronat.
De là à sortir des sornettes, à caresser les fascistes dans le sens du poil, là il y a de quoi faire hérisser effectivement les siens...

Jacky

anne a dit…

J'avais oublié le genç parti qui pourtant m'avait cassé les pieds - j'ai une carte telsim!!
Un bon résultat pour lui à Izmir, où l'AKP est faible..vers qui se tournera ce vote populiste et vaguement raciste?
Un report d'une partie de ces voix sur le MHP pourrait l'aider à franchir le barrage.

L'assemblée actuelle élisant un président "Sezer bis"?? Envisageable?? A moins d'une dissolution..provoquée par les événements, pas très souhaitable.
Ou alors un type AKP, honnête, respectueux des institutions, si possible rallié (pas issu de la mouvance moins soft) et de préférence veuf..Le maire de Kars, il est comment? - pas sûre qu'il soit veuf (rallié, si).

anne a dit…

Ce serait quand même bien que le DTP entre au parlement, qu'on ne les entende pas que de leur lointaines mairies. Comment se fait-il qu'il soit resté un parti régionaliste et n'ait pas réussi à capter une partie de l'électorat kurde des grandes métropoles de l'Ouest? Absence de réseau localement- pas de mairies, à la différence de l'AkP, dont les réseaux sont très offensifs dans les gecekondu. Ou structures trop clientèlistes et pour ça, c'est vrai que les mairies, pourvoyeuses d'emplois ou autres avantages - appels d'offres etc.. c'est pratique.
Cette fois j'espère qu'ils ne vont pas encore choisir en plus de faire une alliance catastrophique!

S'ils entrent au parlement, on peut par contre espérer que ça en sera fini des provocations courageuses et parfaitement contre productives.

Vladimir a dit…

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Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord avec vous Jacky pour ce qui est de Pinochet qui coulent une retraite paisible en Turquie : une gros problème de mémoire, d'histoire et de justice.
Mais voyez les problèmes de la justice au Chili avec une société civile bien plus forte encore qu'en Turquie... Alors laissez du temps aux Turcs.
Ensuite il vous faucra mieux lire les lignes de TE pour mesure combien nous n'avons jamais dits que la question des minorités était une question réglée : lisez un peu les éditos de Baskin Oran, certainement le meilleur spécialiste de la question en Turquie pour vous faire une opinion.

Pour ce qui est de Büyükanit, le bonhomme est bien plus rigide que son prédécesseur, notamment sur la question kurde (et pour cause) : mais je maintiens que ce n'est pas un imbécile. C'est tout. Et que ce n'est pas contre les militaires que la transition se fera mais bien avec eux. Tous les processus de transition démocratique solides s'effectuent de la sorte.
Et tout peut déraper à tout moment : cela ne pourra que réjouir tous les opposants à la Turquie ou tous les farouches partisans du grand soir !
François

Anonyme a dit…

Je trouve qu'une partie des Turcs (e.g. Tayad,...) a tout à fait raison de ne pas laisser une seconde de répis aux criminels pour rappeler leurs saloperies.
Nous devrions être davantage attentifs à ceux-ci.

De ceci, deux choses :

-"Les Turcs à qui il faudrait laisser du temps", c'est en réalité une certaine élite politique (et militaire) pressée qu'elle est d'adhérer à l'UE pour des raisons de gros sous. Bien trompé celui qui voit "les Turcs" comme un bloc homogène pensant d'une seule âme même si c'est un modèle qui plaît à d'aucuns d'entre eux.

-"les Turcs" ne sont donc pas un gros bloc dont le seul but est l'adhésion à l'UE.
Régulièrement, les membres de Tayad défilent aux cris de "Adalet istiyoruz !" Ils dénoncent l'impunité des bourreaux, des militaires, des milliers d'assassins qui font partie entre autre de la dite élite qui continue à pratiquer ses crimes.
Si les politiques Européens étaient des gens responsables et véritablement amoureux des Droits de l'Homme, mais je ne me fais pas d'illusions bien sûr, ils appuieraient les requêtes des familles, leur donneraient du crédit et seraient certainement plus sévères, notamment avec une certaine engeance kémaliste dorée par rapport à laquelle quelques uns de "Turquie Européenne" affichent une large complaisance.

Jacky