mercredi, janvier 10, 2007

Toi con ou toi faire exprès?

Mais depuis le temps qu'on vous le répète!



Interrogé sur la minorité kurde, le très décevant (élu comme laïque, démocrate et progressiste, il constitue en fait un point de bloquage pour la plupart des réformes) président de la république Ahmet Necdet Sezer a répondu



"Il n'y a rien de tel qu'une minorité Kurde en Turquie, car les citoyens turcs d'origine kurde constitute une partie de la majorité de la nation Turque"



Puisqu'on vous dit qu'il n'y a pas de problème de droits des minorités, il n'y a pas de minorité...



C'est affligeant d'être buté à ce point, mais l'exemple vient de Paris, qui émet des réserves à tous les traités internationaux parlant des droits des minorités: la France ne voit pas le besoin de signer, car elle ne compte pas de minorité sur son sol. De plus si elle signe, "certains" pourraient se croire autorisé à invoquer ces traités (certains étant les minorités non reconnus puisqu'il n'y a pas de minorités, vous suivez?)









9 commentaires:

anne a dit…

Ce concept de minorité avait été débattu en Mars dernier pendant la conférence sur la question kurde. Je crois qu'il y avait eu certain concensus pour déclarer que les Kurdes ne constituaient pas une minorité en Turquie, mais une composante non turque de la nation.
Je trouve cette démarche et cette approche intéressantes. Maintenant il va bien falloir que la nation reconnaisse clairement que l' identité kurde (et autre) sont effectivement des composantes par la nation!! Sezer et les "républicains" turcs voudraient se contenter de les tolérer comme une survivance d'un monde passé voué à disparaitre ou à subsister à titre de folklores.
La reconnaissance de ces différentes identités, et principalement l'identité kurde ira forcément de pair avec l'avancée de la démocratie en
turquie.
Actuellement,il me semble qu'on assiste à la confrontations entre deux conceptions de la nation turque..Une conception démocrate qui au fond renoue avec l'héritage ottoman,et une conception républicaine qui se voulait une rupture radicale avec celui-ci. Et ce n'est pas par hasard que le cliché de "féodaux kurdes" persiste avec une telle force dans ce milieu. En gros les Kurdes et leur langue sont une survivance d'un monde archaique et mauvais nuisible à la "République salvatrice".
Quand on connait le culte érigé à cette "république"en Turquie, c'est évident que la résistance est forte (et souvent parée des meilleures intentions..)

Anonyme a dit…

A propos de Sezer, duquel les propos sur la minorité kurde qui n'est-pas-une-minorité-puisque-la-dite-minorité-est-en-fait-une-partie-de-la-majorité-on-connaît-la-chanson ne sont guère décevants mais bien prévisible, il était en visite à Rome pas plus tard que hier.

Et le Président de la République italienne de faire un discours à vomir sur la collaboration atlantique, sur les prises de vue partagées et sur, tenez-vous bien, "la sensibilité commune, qui voit le dialogue entre les cultures diverses comme source de croissance et enrichissement réciproque".

Le syndrôme de la marmotte qui met le chocolat dans le papier alu, on est en plein dedans...

Bref, la gauche italienne, une des plus engagées en faveur de la cause kurde gueule et elle a raison...

Jacky

Déclaration à la presse suite à la rencontre de Monsieur le Président de la République avec le Président de la République de Turquie (Rome, 9 janvier 2007).

J’ai accueilli avec un plaisir particulier la visite à Rome du Président Sezer, qui, à un peu plus d’un an après la visite en Turquie de mon prédécesseur, et à peu de jours de la visite prévue en Turquie du Président du Conseil, M. Prodi, confirme l’excellent niveau des relations existantes entre la Turquie et l’Italie.

Sur le plan politique, nos deux Pays ont construits un rapport solide de collaboration articulé autour de quelques instruments de particulière importance : le Protocole de collaboration renforcée, l’Accord de coopération entre les deux Parlements nationaux, le Forum de Dialogue des Sociétés Civiles.

D’un point de vue économique, l’Italie est aujourd’hui le troisième partenaire commercial de la Turquie, avec des échanges qui en 2006 ont dépassé les 15 milliards de dollars. Plus de 500 entreprises italiennes sont actives en Turquie, avec des investissements importants dans des secteurs d’importance primordiale comme les banques, l’énergie, les hautes technologies et les services.

Egalement sur le plan culturel, Turquie et Italie entretiennent des relations excellentes, comme le démontre l’intérêt pour la langue et la culture italienne en Turquie, la coopération entre nos universités dans les secteurs scientifique et technologique et celle qui est déployée à la valorisation de l’extraordinaire patrimoine historique et artistique de la Turquie. L’exposition qui sera inaugurée demain au Quirinal constitue un exemple synthétique de ce patrimoine.

Turquie et Italie sont en parfaite harmonie de vue sur les principales questions internationales. En témoigne le choix commun atlantique, renforcé aujourd’hui d’engagement partagé pour maintenir l’OTAN à la hauteur des défis que la complexité du monde moderne nous impose. En témoigne l’effort conjoint, à l’intérieur des Nations Unies, en faveur des réformes nécessaires pour en accentuer la démocratie, la représentativité et l’efficacité.

Turquie et Italie possèdent une sensibilité commune, qui voit le dialogue entre les cultures diverses comme source de croissance et enrichissement réciproque. Pour une telle raison, nos Pays sont unis dans la conviction qu’il est indispensable de favoriser la collaboration entre les deux côtés de la Méditerranée pour promouvoir efficacement la croissance économique, le progrès social, la préservation de la démocratie et des Droits de l’Homme : éléments tous connectés et interdépendants entre eux. Dans un pareil contexte, nos Pays sont engagés côte à côte dans la mission UNIFIL au Liban, a laquelle ils fournissent tous les deux une participation de grande importance. Je suis sûr que la collaboration entre nos troupes, dans le cadre d’une action politique multilatérale concordantes pourra fournir une participation déterminante à la préservation de la stabilité du Liban et de son entière souveraineté et indépendance.

De manière analogue, Turquie et Italie partagent une vision du processus de paix au Moyen Orient dans lequel la reprise du dialogue direct entre les parties constitue le présupposé nécessaire pour une solution équitable, juste et durable, basée sur la garantie de la sécurité d’Israël et sur la création d’un Etat palestinien indépendant dans des frontières sûres et reconnues.

L’Italie soutient depuis toujours avec conviction le parcours de rapprochement de la Turquie vers l’Europe, dans la certitude que l’entrée d’Ankara dans l’Union Européenne donnera un apport essentiel à l’élargissement et à la consolidation de cet espace commun de démocratie – fondé sur le respect de la dignité de la personne, des libertés fondamentales et de l’Etat de droit – dans lequel s’est exprimée l’unité de l’Europe.

La positive poursuite des négociations d’adhésion entre Union européenne et Turquie représente donc un intérêt stratégique pour l’Union. Cela constitue un stimulus pour Ankara pour consolider les réformes déjà engagées et pour mettre en acte toutes les mesures nécessaires au respect entier des règles communautaires, afin de remplir intégralement les conditions requises pour l’adhésion. Et cela constitue en même temps une raison ultérieure d’engagement pour l’Europe de réformer et de renforcer ses propres institutions afin que l’Union élargie d’aujourd’hui et de demain puisse relever pleinement les défis et les missions auxquels elle est appelée.

Je suis heureux d’avoir pu rencontrer, au cours du colloque avec le Président Sezer, la concordance durable de la Turquie et de l’Italie sur tous les thèmes affrontés. Je souhaite donc lui renouveler ma bienvenue à Rome, dans la conviction que sa visite en Italie contribuera à renforcer encore l’ancienne amitié entre nos Pays.

Anonyme a dit…

Citation :
"Je crois qu'il y avait eu certain concensus pour déclarer que les Kurdes ne constituaient pas une minorité en Turquie."

Je ne crois pas, non.
La question qu'il y a ou non une minorité n'est pas à soumettre à un débat national ou politique. C'est un fait, c'est une vérité constatable par chacun comme le "ciel est bleu", "l'herbe est verte", etc...
Cf à ce sujet, Baskin Oran justement...

Jacky

anne a dit…

Je vous prierais de ne pas dénaturer mes propos en tronquant une partie de la phrase. c'est profondément malhonnête.

Baskin Oran participitait à cette conférence et justement au débat sur le concept de minorité. Ce sont leurs propres conclusions que j'ai rapportées.
voici le lien qui prouve sa participation.

http://www.institutkurde.org/en/events/conference.php

Pourquoi n'utilisez vous pas un lien au lieu de "coller" des tartines qu'on n'a du coup pas envie de lire? (et dont on ne connait pas la source).

Tom a dit…

D'ailleurs Jacky si tu pouvais remplir la case pseudo au lieu d'apparaître comme anonyme (tout en signant), ca faciliterait aussi beaucoup

et si on pouvait tous mettre des liens au lieu de copier/coller des tartines, ca serait encore mieux!

bonne soirée

Anonyme a dit…

Bon alors, pour vous répondre :

- Le lien de l'institut kurde ne """prouve""" pas qu' "il y a consensus selon lequel il y n'aurait pas à proprement parler une minorité kurde mais une composante non turque et d'ailleurs c'est Baskin Oran qui le dit".
Le lien est un programme de conférences, basta.

- Ensuite, la définition de Baskin Oran sur ce qu'est une minorité est maintenant de notoriété publique (e.g. : plaidoirie ou son rapport).

- Même si Baskin Oran s'est livré à des oxymorons, des paradoxes et des sophismes visant à faire du grand écart schizophrène kémaliste, ce qui par ailleurs est invérifiable, cela ne remet en rien en cause la définition en soi de ce qu'est une minorité.

- Je ne vois pas comment je pourrais déformer quoique ce soit étant donné que les paroles originales sont quelques posts plus haut. On conviendra donc que ce n'était pas mon intention.

Ce qui me permet de faire la liaison avec la suite :

- Je vais pê m'enregistrer mais bon, j'ai pas envie de me lancer dans la gestion d'un blog.

- La gestion des commentaires est mal faite sur les blogs, c'est pas ma faute !

- Je n'ai pas fait un gros copié/collé d'un lien (je vous met au défi de le trouver). Il s'agit d'un iméle que j'ai reçu pas plus tard qu'aujourd'hui, des nouvelles toutes fraîches d'Italie.

Bon, alors, si on a un compte gogol, on peut poster en étant identifié...

Jacky

anne a dit…

"Je crois qu'il y avait eu certain concensus pour déclarer que les Kurdes ne constituaient pas une minorité en Turquie, mais une composante non turque de la nation."

Voici la phrase non tronquée et qui n'est absolument pas une une négation de l'identité kurde. Ce que vous vouliez me faire dire et qui est je le répète profondément malhonnête!!!

Jacky a dit…

Personne n'a parlé de l'identité kurde
ou de l'identité laze
ou de l'identité tcherkesse
ou de l'identité arabe
ou de l'identité ...

On a dit que toutes ces identités étaient autant de minorités en Turquie, ce que toi, tu veux nier dans ta phrase.
C'est ton problème mais on ne me fera pas passer une poule pour un lapin. Ca s'arrête là.

Benj. a dit…

Le problème est la définition du mot "nation".
Les kurdes ne sont pas turcs, mais de nation(alité) turque?

C'est un bel oxymore!