jeudi, juin 07, 2007

Echauffements

A prendre bien sûr avec des pincettes stérilisées, les "bilans" de HPG (nom des forces armées du PKK "forces de défense du peuple")



Très serviables, ils communiquent des bilans mensuels des opérations turques.

30 May 2007

Total amount of Turkish operations: 67
Total amount of Turkish and Iranian operation: 1
Enemy forces killed: 102
Officers: 8
Soldiers: 90
Milicia Men : 3
Traitor : 1
Enemy forces wounded: 64
Enemy forces Officers wounded 2
Enemy forces Policemen wounded: 3
Destroyed enemy military vehicles: 3

The 25th May, HPG attacked by sabotage one train convoy; destroyed 9 wagons; confiscated military ammunitions in Genç Area, Diyarbakýr province.
Martyred HPG guerrillas: 12

30 avril 2007

Total amount of Turkish operations: 68


Total amount of clashes in these operations: 62

Amount of contacts where the results are known: 42


Amount of contacts where the results are unknown: 20

Enemy forces killed: 119


Officers: 13


Soldiers: 106


Enemy forces wounded: 37

Destroyed enemy military vehicles: 4


Material confiscated from dead soldiers: 31 (1 BKC, 2 G-3)

Martyred HPG guerrillas: 22


Il faudrait bien sûr comparer celà aux chiffres officiels donnés par la Turquie, mais on peut admettre que le nombre d'opérations menées est probablement vrai... Quant au ratio pertes PKK/Armée, j'ai un peu de mal à y croire, la plupart des rapports donnant plutot une proportion de 5 PKK tués pour un soldat turc à terre. Mais les récentes embuscades et attaques de postes de gendarmerie peuvent rendre ces chiffres plus crédibles.

Après un survol des dépêches d'agence pour le mois de mai, on arrive à une estimation de 23 militants kurdes tués...


8 commentaires:

Jacky a dit…

Lord Ponsonby, un pacifiste anglais, a émis 10 principes élémentaires de propagande prévalants en période de guerre.

Selon le 6ème de ces principes, "les pertes de l'ennemi sont toujours supérieures aux nôtres" indépendamment du camp.

En tenant compte de cela, il n'y a donc pas à apporter plus de crédibilité aux médias turcs qu'aux données du PKK.

Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'une guerre de guerrilla, qu'elle se déroule dans les montagnes, que l'embuscade est la tactique la plus utilisée...
L'usure et la longévité de la guerre sont les atouts sur lesquels joue la guerrilla de PKK.

Si on prenait pour argent comptant ce qui se dit dans les médias turcs, on en arriverait à se demander comment il existerait encore une guerrilla kurde de nos jours.

Un autre exemple intéressant, est la guerre de guerrilla menée par le Hesbollah contre Tsahal lors de l'invasion du Liban il y a un an ; Tsahal dont on en a connu davantage sur les pertes réelles plusieurs mois après... avec les scandales dans la presse israélienne et les conséquences que l'on sait.

Pourtant, bien avant, des intellectuels tels que Uri Avnery (Gush Shalom - Camp de la Paix) avaient averti : on ne gagne jamais contre une guerrilla.

Anonyme a dit…

Je rejoins totalement l'analyse de Jacky, sachant que depuis le dernier congrès du PKK, la direction à émis le souhait de réduire au maximum les pertes (et que les commandants seraient désormais jugés aussi sur ces critères), le Pkk à finalement compris que la formation d'un guérilla coutait bcp d'argent à l’organisation, et que face à la vision « du sacrément pour le martyr » prônait jusqu'à maintenant, ce la ne tenait plus la route.
A ce la s’ajoute depuis 2001 des groupes de guérilla sur entrainés (comme celui qui attaqué la caserne de Dersim), ces guérillos ont reçu une formation minimum 2 ans dans un camp spécial du PKK (d’ailleurs le PKK n’a jamais voulu le montré), et que seuls les recrus les plus forts avaient le privilège d’intégrer cette école.
Ces groupes de guérilla, sont entrainés tant pour des opérations en montagnes qu’en ville.
Ayant eu connaissance lors de leur formation, des différents centres de contrôles de l’armée turque, potentiellement attaquable, et même entrainement en grandeur nature dans le camp, par rapport à l’infrastructure des postes de gendarmerie.

Tom a dit…

On peut en effet observer un certain tournant des les laconiques "after action report" de l'armée turque. On est passé de "10 PKK tué, un militaire tué" à un ration bien plus inquiétant pour l'armée turque.

La fin du culte du Sehit? Tant mieux! C'est peut être aussi un problème de recrutement ;) Mais quel que soit mon opinion à propos du PKK, tout le monde reconnait leur excellence dans l'art de la guerilla. Ils ne perdront pas la guerre, mais ils ne la gagneront jamais...

Que penses tu de leurs dernières actions? Exciter la Turquie alors qu'elle menace d'entrer au Kurdistan Sud, est ce vraiment un service à rendre à tout le monde? J'ai comme un doute sur la stratégie....

Anonyme a dit…

En faite la première raison de cette attaque est due à la méfiance que "le Conseil" (c'à d les dirigeants de l'organisation), émet sur le PDK et le YNK, leur méfiance est justifiée, du fait que Barzani peut être tenté de "vendre" certains cadres de l'organisation du PKK à l’armée turque, pour que celle-ci stop son projet d’incursion dans le nord.
Barzani a déjà utilisé ce genre de ruse, lorsque à l’époque un certain Semdin Sakik était venu se réfugier chez lui afin de créer une autre organisation concurrente à celle du PKK mais il a été devancé par l’appât de gain de Barzani, que les turcs lui avaient promis, on dit que c’était en millions de dollars…(et actuellement ce commandant, considéré à l’époque comme le n° 2 du PKK, déguste les geôles turcs et se bat depuis peu pour avoir une autorisation du directeur de la prison pour créer un site internet, peine perdu d’après moi, et tant mieux …

Enfin revenons, sur « cette erreur de stratégie »,
Il faut savoir que même s’il y a un accord officieux entre les trois organisations (PKK, PDK, YNK), chacun de ces trois se méfient mutuellement de l’intention de l’un ou de l’autre.
Le PKK se trouve dans la mauvaise posture que les 2 autres, car considéré par tous comme illégale, donc elle pense bien faire en prenant des initiatives, qui permettraient de réduire toute négociation entre le PDK et le TC.
Sachant que le PKK est largement habitué à ce genre de « grande opération de l’armée » (cela ne l’effraye donc guère), et lui permettrait aussi d’avoir une publicité plus grande à travers les médias déjà sur place…
D’autre part, si c’est la groupe de guérilla de Dersim qui reçu l’ordre d’effectuer cette opération, c’est parce que c’est elle qui était la plus motivée, du fait que certains de ses membres avaient étaient abattus lors d’une opération, et n’attendait que de se venger.
La guérilla de Dersim est celle aussi la plus entrainée et la plus performante (elle sait fabriquer elle-même ses munitions, et ne rate que très rarement sa cible, une balle sur deux doit toucher sa cible… voir journal de serxwebun de 2004), c’est aussi la seule qui avait refusé de se retirer de ses bases après même qu’Ocalan avait émis l’ordre.
Depuis 2003 elle à été rejoint par de nouveaux membres venus d’Irak, ces membres sont considérés comme les plus grands « servan » (guerriers) par les autres guérillos du PKK.
En gros, le PKK va beaucoup miser sur les talents de ses hommes de Dersim et de son commandant (originaire de Mus, qui est idéologiquement plus nationaliste kurde que socio communiste)… pour faire parler de lui à l’intérieur de la turquie.

Anonyme a dit…

Une information importante que j'ai oublier de mentionner c'est que depuis quelques jours Osman Ocalan, le frère d'Ocalan a disparu... Barzani est peut être à l'origine de ce marchandage avec Talabani...Osman doit peut etre, etre en ce moment dans une prison de suleymani, surveillé par des gardiens du YNK....

Tom a dit…

Oui en septembre 1999 la guerrilla du Dersim avait lancé des attaques alors qu'öcalan risquait la pendaison :) Alors quoi, ils sont rentrés dans le rang?

Je trouve un peu énorme que l'armée turque rentre à ce point dans le jeu du PKK. Ca parait clair que le PKK veut attirer les turcs en Irak, parce qu'il a l'avantage du terrain et que les troupes turques seront lourdes si ils attaquent le bastion du Kandil. Mais dans le Vercors, les Allemands ont fini par gagner.

Selon toi, est ce Karayilan qui mène la danse? Bayik? Je suis réellement impressionné par la faculté du PKK à se replacer au centre de l'échiquier. Ils ne sont bien sur pas une "menace" réelle pour la Turquie, mais quel pouvoir psychologique! Par contre je n'ai pas l'impression d'une forte solidarité côté kurde de Turquie...

bref, ca risque d'être horrible et fascinant...

Anonyme a dit…

Très bonne question Tom, je te repondrai bientot, pas parce je ne connais pas la réponse, mais bon je t'exposerai mieux mes idées, lorsque j'aurais plus de temps, là il se fait tard.
Et tu m'étonnes lorsque tu pensais que le PKK aurait un jour été mis sur la ligne de touche, tu ne connais pas encore sa capacité peut etre, mais je t'assure on est loin d'en finir avec ce parti...
Car ce n'est pas qu'une idéologie unique que ce parti possède, mais plusieurs, avc plusieurs visions différentes, meme si ceux qui veulent un peu de changement ne sont pas encore au pouvoir...
Bon pour lautre question j'y reviendrai, mais c'est certain Murat Karayilan est le chef de file...

Jacky a dit…

Il ne faut pas réduire le champ de vision au seul PKK.

Si la Turquie limite ses opérations sur le Qandil en Iran (comme actuellement) ou en Irak : nihil novi sub sole, il existe un traité international qui lie ces pays et qui donne la possibilité à la Turquie de franchir la frontière pour des "incursions" contre le PKK. C'est un héritage de la lutte coordonnée contre les Kurdes autonomistes. Un parapluie contre le chapitre VII de la Charte des Nations unies aussi.

Si la Turquie marche sur Kerkûk ou Mosul, alors, on pourrait encore plus difficilement y voir la "guerre contre le terrorisme" et le "droit à se défendre comme les Etats-unis et Israël" que l'Etat major prône partout. Comme on croyait difficilement à la Turquie championne de la défense de la minorité turkmène en Irak. Les Etats se trouvent toujours un prétexte.

C'est donc qu'il y a d'autres raisons, tacites, indicibles plus vénales et plus idéologiques.