vendredi, juin 08, 2007

Le retour de l'OHAL

OHAL, c'était le nom de l'Etat d'urgence qui a régné au Kurdistan de 1987 à 2003. Il y avait même un site extraordinaire sous-titré "nous protégeons les populations". Plus prosaïquement, l'OHAL signifiait pour ces populations peu reconnaissantes les sinistres "protecteurs de villages" (milices kurdes pro gouvernementales), les özel tim (unités paramilitaires souvent liées aux loups gris), les "disparitions inexpliquées", les "tueurs non identifiés", les 4000 villages vidés, les forêts et les cultures brulées au Napalm, le couvre feu, les chars dans Diyarbakir ou Sirnak, les déplacements de population dans les bidonvilles de Van, Diyarbakir ou Adana.


Bref, le club Med, Sentropez-sur-Euphrate.

En préparation d'une opération qui serait nommée "coup de massue" (Balyoz) d'après le correspondant de RFI à Istanbul, l'armée turque a déclaré "zones de sécurité" une partie des districts de Siirt, Hakkari et Sirnak. Yuksekova Haber, un des journaux de la région, titre "Nous sommes en zonede sécurité" (Güvenlik Bölgesindeyiz). Ca faisait longtemps.

On ne semble pas s'affoller côté kurde irakien, malgré un peu de nervosité à Erbil, ou des officiers de renseignements turcs ont été mis en joue.

Une incursion turque dans une zone frontalière pour attaquer le bastion PKK de Kandil ne verrait probablement pas d'opposition armée des troupes kurdes. Une tentative délirante de marcher vers Kirkuk ou Mossoul, et c'est le bain de sang, la guerre de tranchée, et 100 000 peshmergas face à l'armée turque. Un peu de prospective catastrophique? Une intervention Iranienne à l'est, et des incursions arabes sunnites au sud, profitant du vide laissé par les troupes parties au front.


Le "coup de massue" est prévu pour Samedi, et la Turquie s'apprête à faire une des pires erreurs de son histoire.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je cherche des informations sur la localisation de ces "zones de sécurité", et sur ce qu'elles impliquent.

Tu saurais ou je pourrais trouver cela ?