jeudi, octobre 18, 2007

Il y a 12 ans

Le 20 mars 1995, à la veille du Newroz, l'armée turque lançait une grande opération transfrontalière contre les camps du PKK en "Irak du Nord". Objectif avoué: écraser les camps du PKK pour empêcher la guerrilla de lancer des opérations contre la Turquie.

La première ministre Tansu Ciller, en réponse aux protestations occidentales justifiait cette action comme "une opération militaire ponctuelle dans le nord de l'Irak afin de neutraliser les camps du PKK dans cette région frontalière, et donc protéger les populations innocentes contre les raid du PKK à partir des camps situés en territoire irakien."


A l'époque, Chris Kutschera parle de "Telethon" organisé par les medias turcs pour aider financièrement l'armée (premier groupe économique du pays).

Le commandant en chef de l'offensive Hasan Kundakci affirmait lui sans rire "Je ne resterai pas en paix dans ma tombe si je meurs avant l'éradication du PKK!" (Milliyet, le 22 mars 1995)". Détail plus que rigolo, Hasan Kundakci est maintenant lié aux groupuscules nationalistes qui visent à éliminer les "ennemis de la race" comme Hrant Dink. On espère en tous cas, pour son repos éternel, qu'il pourra encore jouire longtemps d'une bonne santé.

Après 2 semaines de combats, les 35 000 soldats turcs avaient réussi à tuer 200 guerilleros...Le 2 Mai, l'armée parlait de "Succès total" (on savoure, 12 ans plus tard), et annonçait 555 PKK tués pour 61 soldats. Öcalan répliquait "Même pas vrai, c'est le contraire" et demandait un cessez le feu le 23 mai.

Le 14 mai 1997, 50 000 hommes, appuyés par les blindés et l'aviation, envahissaient une nouvelle fois le Kurdistan Irakien, provoquant selon les sources militaires, la mort de 2500 PKK. Le problème, c'est que le PKK avait fait mieux que se défendre, abattant des hélicoptères de combat

"La reconnaissance par les autorités que des missiles kurdes SA-7 avaient abattu deux hélicoptères, Cougar et Cobra, a ébranlé les forces armées d'élite turques et déclenché une déplaisante série de reproches. Est également apparu le spectre d'un humiliant retrait devant une confrontation directe avec le PKK, réminiscence du retrait soviétique d'Afghanistan une fois que les missiles Stinger de fabrication américaine ont permis aux Mujaheddin de disputer aux Russes le contrôle aérien", soulignait Reuters

Les militaires turcs sont probablement méchants, mais certainement loin d'être bêtes. Ils savent très bien qu'une énième opération massive en Irak n'apportera aucun résultat concrèt militairement. Le gouvernement sait très bien qu'en tentant de négocier avec Bagdad, il ne fait qu'un simulacre de diplomatie. Seule solution: dialoguer avec l'administration kurde, lui offrir des garanties, reconnaître l'existence de la région fédérale kurde, arrêter de brandir les sanctions économiques... Si l'administration kurde se voit garantir un rôle de partenaire économique de la Turquie ne vivant pas sous une menace constante, elle sera peut être plus disposée à agir contr le PKK.

On est donc plongé dans une magnifique opération de relations publiques, afin de mobiliser une opinion publique turque visiblement amnésique, et tuer dans l'oeuf tout espoir de réconciliation. Le DTP, qui a voté hier contre l'intervention (19 voix contre) est d'ores et déjà inaudible et marginalisé. Tant par l'entêtement du pouvoir turc que par le coup de couteau dans le dos donné par le PKK : les attaques contre l'armée sont allées croissant depuis les élections du 22 juillet et la modeste vague d'espoir provoquées par les tentatives de normalisation du DTP...


mercredi, octobre 17, 2007

Tout est dit

Excellentissime analyse dans Haaretz, journal israëlien bien connu des lecteurs du courrier international, sur les rapports entre la Turquie le Kurdistan Irakien...

C'est en anglais ;)

mardi, octobre 16, 2007

Les Martyrs rapportent.

L'ensemble de la presse turque appelle un soldat qui tombe face au PKK un "Martyr" (Sehit). Leurs photos sont publiées, leurs obsèques sont diffusées, avec gros plans sur les mères éplorées et les pères aux moustaches tremblantes de rage.

On pourrait penser que l'armée turque, "notre mère à tous" comme disent certains, prend sous son ailes les familles éprouvées et leur offre un certain soutien, une certaine compensation pour la promotion éclair de leur fiston, au détour d'une patrouille nocturne, au rang de martyr du peuple turc. Une campagne télévisée lancée par le coach de la sélection turque, Fatih Terim, a rassemblé en quelques jours 33 millions de YTL, soit environ 20 million d'euros, grâce au soutien explicite de Yasar Buyukanit, le chef de l'Etat Major.

Un article de "Zaman", peint un tableau un peu plus contrasté, où les dons qui affluent vers la "fondation Mehmetcik" (organisme de "bienfaisance" dépendant directement de l'armée) n'arrivent pas exactement dans les mains des familles. Mehmet Güner, fils d'un soldat tué en opération, se plaint que l'argent de la fondation Mehmetcik serve en réalité à acheter... plus d'armement, notamment de l'équipement pour les soldats. Louable intention, quand on se réfère aux témoignages kurdes des années 90, parlant de jeunes conscrits tentant d'acheter (ou de saisir) du pain chez les paysans, faute d'être nourris par l'armée. Mais Güner parle d'autorités les "traitant comme des mendiants", et affirme que ses appels sont restés sans réponse...

De leur place réservée au paradis, les martyrs de l'armée et du PKK doivent sérieusement se demander ce qu'ils font là...


Cette fois, c'est inquiétant

Autant les grandes déclarations concernant l'envoi de troupes en masse restent peu crédible, autant la nouvelle tactique annoncée par l'Etat-major est nettement plus inquiétante.

Très poétiquement, Ervan Deger du New Anatolian compare la stratégie militaire aux "raids" Ottomans en territoire ennemi. Ankara devrait se contenter d'envoyer des équipes de forces spéciales pour viser directement les camps du PKK. Du point de vue des villages kurdes irakiens, c'est plutôt positif, puisqu'ils ne seront peut être plus les victimes collatérales des bombardement très peu chirurgicaux de l'armée turque. Du point de vue du PKK, la lutte finale approche peut être. Après des années d'embuscades et de mines téléguidées, l'entraînement spartiate de la guerrilla va montrer ce qu'il vaut en combat régulier. Le hic, c'est que les commandos d'élite de l'armée turque sont probablement un peu plus coriaces que les conscrits.

Bref un affrontement entre une guerrilla sur-entraînée et des commandos! J'avoue mettre une piécette sur le PKK, car je doute que les commandos aient le "martyr du peuple" comme but ultime. Remarquez, ils sont peut être aussi lobotomisés que leurs adversaires...

L'annonce des sanctions économiques à venir contre la région kurde est par contre effrayante: nouveau ralentissement du traffic au poste frontière de Habur, voire fermeture pure et simple, réduction des livraisons d'éléctricité, de nourriture, d'essence (car le pétrole brut irakien n'est pas raffiné sur place...). C'est donc non seulement le Kurdistan Irakien qui va souffrir, mais aussi les entreprises turques, leurs travailleurs kurdes de Turque sur place, et toute la région frontalière du Kurdistan Turc qui vivote grâce au commerce avec leurs frères du Sud.

Qu'ont les Kurdes à gagner de cet affrontement? Allez voir les commentaires éclairés de mon dernier poste : du chaos et du massacre généralisé au Kurdistan Irakien surgira une alliance entre les Kurdes du Nord et ceux du Sud, enfin gagnés à la cause suprême et débarassés de leurs fidélités tribales et nationalistes primitives!

On aurait presque peur, si ce "regain de tension à la frontière" ne se produisait pas, somme toute, une demi-douzaine de fois par an.

lundi, octobre 15, 2007

L'Escalade

On ne pourra pas dire que le PKK n'a pas tout fait pour. Un massacre de conscrits comme à la grande époque, des exécutions de civils (fermement niées, et paraissant relever d'un règlement de compte mafieux), un redoublement d'activité malgré l'élection de députés kurdes à l'assemblée. Coupant les liens avec Washington à la suite du vote d'une motion sur le génocide arménien, Ankara semble décidé à intervenir. Gage de l'AKP donné aux élites kémaliste? Tentative de rassembler le pays, divisé en deux sur une ligne de front Laïques/Malais?

C'est en tous cas la première fois que le gouvernement réélu s'affirme aussi nettement en faveur d'une intervention, et annonce vouloir demander l'aval du parlement. Evidemment, on peut espérer une manoeuvre sournoise consistant à demander l'autorisation du parlement tout en ordonnant aux députés de voter contre. Mais non, je dois être trop machiavélique.

Les bombardements de l'armée turque ont commencé à vider les villages autour de Zakho et d'Amidya. Aucune victime, les bombardements visant des zones inhabitées supposées abriter des bases du PKK. 60 000 soldats sont massés à la frontière, ce qui évidemment n'est pas la première fois de puis 2003. Ce qui change, c'est l'intensité des combats entre l'armée et la guerrilla, et le ton de plus en plus résolu d'Erdogan...

samedi, octobre 13, 2007

Photos Arménie + Georgie

Je manque de temps et de motivation pour écrire...

Voila en vrac mes photos de Géorgie et d'Arménie. Je tenterai d'en dire un peu plus, mais en ce moment la flémingite atteint le sommet du Mont Ararat, que je vous invite à chercher parmi mes photos d'Arménie... perdu dans la brume de chaleur...

lundi, octobre 08, 2007

C'est pas nous, c'est eux

Alors que le PKK vient apparemment de dézinguer 13 militaires d'un coup dans la province de Tunceli (Dersim), dans la plus grosse opération depuis des années, il nie farouchement toute responsabilité dans le massacre de Beytussebab, où 13 personnes dont 6 civils ont trouvé la mort.

Voila le communiqué publié sur le site des HPG (forces armées du PKK) le 1er Octobre

On the day before yesterday, in the district of Beytüşşebap, province of Şırnak, twelve persons, including seven Village Guards, died by the strafing of a minibus. For notice, those responsible are the Turkish army and the illegal military organization, JİTEM.

Our freedom movement proclaimed a unilateral ceasefire one year ago on 1 October 2006. The Turkish military increased the intensity of its attacks for this proclamation and used all conceivable dirty methods of warfare.

Within this year, the Turkish army carried out 483 military operations. Chemical weapons and cluster bombs were used, as well as the systematic burning of forests. It came to war crimes before the eyes of the world public.

This war concept, which was intensified after the elections of 22 July, is a result of an agreement between the government party AKP and the military. Previously, it was already announced by military circles that the "extermination of terror" is attainable at the earliest by aiming at the "collaborators". Thus almost the entire society was set as the target. For this reason, after that, the course of action which followed showed that this method was implemented.

The dirty relations between institutions of the state, the army, and the government were uncovered by the the bomb attack on a bookshop in Şemdinli by the resident population. Those caught red-handed again implemented the network of gangs, JİTEM, informers, and the use of terror in Kurdistan, in order to intimidate the population. As strengthened Kontras were used in the form of Hizbullah in the mid-1990s, so today there are more organizations such as JİTEM and TİT.

The purposes of this approach are to isolate the guerrillas and to damage the prestige of the PKK. In Beytüşşebap, Village Guards were deliberatelyy selected as the target of attack in order to break the passivity of these circles and turn them against the Kurdish movement.

In the consciousness of this reality, our HPG guerrillas put an emphasis on attacks against JİTEM in their latest actions. There is no connection between the recent incident [in Beytüşşebap] and the guerrillas. We call upon the public of Turkey to place no faith in this war propaganda which twists the facts. In addition, we continue to request the political parties, human rights associations, and democratic-civil-social organizations to examine the incident, and to find and to call to account its true authors.

Ce n'est donc pas une action planifiée. Restent trois options: pétage de plomb d'un groupe de guerrilla, règlement de compte mafieux (on sait que les gardiens de villages sont allégrement impliqués dans des trafics en tous genres) ou provocation de barbouzes...réjouissant.



dimanche, octobre 07, 2007

Ruelles du vieux Tbilissi

De retour d'une semaine Caucasienne avec 350 photos dans la besace!



Tbilissi m'a fait une très bonne impression. Entre vieilles maisons traditionnelles et immeubles grandiloquents, la ville possède une âme certaine et un "potentiel" impressionnant. L'ambiance des ruelles rappelle à s'y méprendre les quartiers stambouliotes de Fener et Balat.





Les maisons sont assez délabrées, mais on imagine sans peine un centre restauré et refait à neuf...

Ca et la, quelques maisons donnent une idée de la gloire de Tbilissi à la fin du XIXème siècle...boiseries exubérantes, balcons, cours intérieures, verdure....





Les plus vieux bâtiments ont été construits dans un style très "byzantin" avec des couches de briques rouges et des voutes légèrement différentes...le mix ottomano-bizantino-russo-arabe-art nouveau est tout simplement détonnant!








lundi, octobre 01, 2007

Trajectoires

Coucou de Tbilissi!

Je ne parlerai pas de la ville avant de pouvoir poster des photos. J'aimerais juste mettre en parallèle deux trajectoires qui illustrent les tourments de la fin de l'Empire Ottoman et de la conquête russe du Caucase.

Illona, chef de projet dans une ONG georgienne, déja croisée en Europe, n'est pas exactement typée "caucasienne", et m'a toujours paru furieusement, disons, "mésopotamienne". Le mystère s'éclaircit ce soir. Quand on découvre qu'elle ne parle pas géorgien mais russe avec son collègue, on lui demande si le gérogien est sa langue maternelle.

Non, c'est l'assyrien. Le suryani. La famille a fuit l'Empire Ottoman en 1915, plus précisemment la région d'Hakkari... Et la me reviennent en mémoire les récits de Claudius James Rich, décrivant les belliqueuses tribus assyriennes d'Hakkari comme faisant peur même aux Kurdes...
Curieusement le massacre et l'exode des assyriens a été bien moins publicisé que celui des arméniens...

J'aimerais donc comparer cette trajectoire avec celle d'un TCHERKESSE rencontré à Diyarbakir en 2003, parfaitement kurdisé, blond comme les blés et indubitablement peu "aryen" (au sens non-nazi du terme). Sa famille a lui avait vraisemblablement été chassée du Caucase par l'Empire Russe. Le peuple tcherkesse a essaimé en Turquie, Iran, Syrie, Jordanie...


dimanche, septembre 30, 2007

Que croire?

Une embuscade près de Beytüssebab dans le district frontalier de Sirnak a causé 12 morts hier dans un bus civil. Parmi eux, 7 "Gardiens de village", ces milices kurdes armées par l'Etat à la suite de l'insurrection du PKK en 1984. Le bus arrêté, les occupants ont été forcés à sortir et ont été mitraillés sur le bord de la route.

Ca ne serait pas la première fois que le PKK s'en prend violemment à ces "traîtres" désignés et à leurs familles. L'attaque survient le lendemain d'un accord turco-irakien pour lutter contre la guerrilla séparatiste qui utilise le Kurdistan Irakien comme base pour ses attaques contre l'armée turque. Cet incident rappelle bien sûr l'assassinat de conscrits désarmés, attribué à un groupe dissident du PKK décidé à faire capoter une tentative de cessez le feu.

De nombreux signes ont montré ces derniers mois une radicalisation de la tactique du PKK. De l'assassinat de villageois refusant de leur donner des vivres à des assauts contre les casernes et postes avancés. Le problème c'est que ressortent en ce moment de nombreux témoignages attribuant aux "barbouzes" diverses et variées de nombreux crimes atroces imputés au PKK. On apprend donc que l'armée et ses auxillaires ont plus d'une fois revêtu la tenue des guerrila pour commettre des actes justifiant posteriori la ligne dure...

Difficile donc de savoir qui est responsable de cet acte sauvage: PKK en pétage de plomb, ou Etat profond peu soucieux de laisser l'AKP régler le problème pacifiquement...

En attendant, je vais y réfléchir à deux fois avant de prendre un Dolmus dans la région de Sirnak...

samedi, septembre 29, 2007

Tbilissi

Tbilissi c'est dès demain, avec une arrivée sur zone à 3h du matin. Bon ok en fait c'est après-demain. En toute honnêteté intellectuelle, je me suis demandé ce que je savais de la Géorgie moderne.

Bien peu de chose. Ils jouent au rugby (vaillamang), j'ai gouté du vin Géorgien, j'ai même mangé ma premère "Katchapuri" dans un restaurant Géorgien de Vienne. Ils font des Karadeniz Pide, que je soupçonne du coup de ne pas être si Turcs que ça. J'ai croisé quelques Géorgiens à la mine basse à Istanbul. Je sais que leur langue, comme la plupart des langues caucasiennes, est foncièrement inaccessible pour un étranger et ferait passer le Turc et le Hongrois (deux langues non indo-européennes que je parle pour l'une, que je devrais parler pour l'autre) pour d'aimables idiomes. Je la trouve par contre à veloutée et râpeuse à l'oreille, un peu comme leur vin... Je me suis laissé conquérir par les chants géorgiens à couper le souffle, j'ai une idée à peu près claire de ce à quoi ressemblent les danses traditionnelles géorgiennes.

Comme je suis quelqu'un de foncièrement sympa, je vous fait partager mon coup de coeur kitch, probablement la première chanson géorgienne que j'aie jamais écouté. Pas grand chose à voir avec la majesté des polyphonies, mais avouez que c'est délicieux... voici "Dzeveli Tbilissi" dont je dois connaître le premier couplet en phonétique à force de l'écouter!



Ici par contre, on se tait et on écoute... Skhva Sakartvelo...



Une lecture conseillée, le blog d'un journaliste français installé à Tbilissi. Pas la peine de lire plus de 2 posts pour comprendre qu'il est dingue de ce pays...

Même si le voyage sera court, (2 jours et demi à Tbilissi, la même chose a Yerevan), j'ai la ferme intention de ramener autant de photos que mon appareil peut en supporter...Il paraît que j'ai le droit au Wi-Fi à l'hôtel à Tbilissi, vous aurez donc de mes nouvelles sous peu!

mercredi, septembre 26, 2007

Sakartvelo et Hayastan

Si je vous dis que je vais passer 3 jours en Sakartvelo avant de passer de l'Hayastan voisin, ça risque de ne pas vous dire grand chose...

Je pars en fait 3 jours en Géorgie puis 3 jours en Arménie, dès dimanche. Promis je ramène quelque photos et quelques histoires de ces deux anciens royaumes chrétiens du Caucase...

Voyages Voyages!

Silence radio en ces temps d'intense actualité. Eh oui, rattrapé par la vie professionnelle, si jeune, je sais c'est un drame.

Pour me faire pardonner, quelques clichés pris dans le cadre de mes voyages...

Comme promis il y a quelques semaines: Belgrade.

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La forteresse de Belgrade (KaleMegdan) remonte au IIIème siècle avant J.C. Fondé par les Celtes, le site fut conquis par les Romains, puis par les Huns, les Goths, les Avars et enfin les Byzantins en 535. Elle passe ensuite dans les mains des Hongrois, sous le nom de Nandorfehevar, et des Bulgares, avant de devenir une place forte du jeune royaume Serbe. Suite à la défaite du champ des merles en 1389 contre les Turcs, les Serbes se replient sur la principauté de Belgrade, dirigée par le déspote Stefan Lazarevic. Une première tentative de Mehmet II lui même pour prendre la citadelle se heurte en 1456 à la résistance héroïque des Serbes et des Hongrois du héros national magyar Janos Hunyadi, père du du futur roi de Hongrie Mathias, et qui a d'ailleurs le droit à sa plaque commémorative dans le parc.

Cette bataille repousse l'invasion de la Hongrie de près d'un siècle, puisque ce n'est qu'en 1521 que les Turcs vont prendre la citadelle.

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Cette peinture immortalise l'héroïsme de Titus Dugovics, qui, à l'instant où un Janissaire s'apprête à planter le drapeau ottoman sur la citadelle, l'empoigne et se jette avec lui dans le vide.

Ce haut lieu de l'héroïsme Serbo-hongrois est aujourd'hui un parc, un musée militaire et un lieu de rendez vous pour la jeunesse de Belgrade, les petits vieux et les joggeurs. On compte de nombreux cafés et restaurants qui utilisent les impressionnantes fortifications...

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mardi, septembre 18, 2007

Yasasin Sarko!

4 mois après son élection, le président Sarkozy a déja mangé son chapeau concernant son opposition à la candidature turque. Après avoir donné son accord à l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation, il a commencé à s'attaquer à la courageuse innovation chiraquienne du "réferendum obligatoire", par lequel les français devaient avoir leur mot à dire sur toute nouvelle candidature après l'adhésion de la Croatie. En d'autres termes, connaissant la xénophilie de ce beau peuple, le droit de veto systématique sur tout nouvel élargissement: Serbie, Macédoine, Montenegro...et Turquie!

Plus d'info sur le blog de Jean Quatremer, qui avait révélé l'affaire dès le 27 juillet...

Amis gogos qui avez voté non à la constitution pour voter contre la Turquie, puis voté pour Sarko pour les mêmes raisons, j'espère que votre posterieur ne vous douloit point...





Le John Lennon turc...


Que prévoit l'article 301 pour "Apologie du crime raciste"?

La question se pose aujourd'hui en Turquie avec le scandale causé par une chanson d'Ismail Türüt, glorifiant à mots couverts les assassins de Hrant Dink et du prêtre italien de Trabzon Andrea Santoro. Le gouvernement se dit "horrifié" et promet une enquête. L'émoi est encore plus grand avec la diffusion sur youtube d'un clip vidéo réalisée par un ouvrier turc d'Autriche, montrant de photos de Dink, de Santoro, et des symboles du parti MHP.

Les chansons de Türüt, gorgées d'anti-tout-ce-qui-bouge (arméniens, juifs, américains, "anti-turquie"), proclament notamment que ""Arrêtez de sonner les cloches, assez d'être proarméniens, les gens ne vont pas gober ça, pas dans la région de la mer Noire". (tiens tiens, karadenizli en force, décidemment...). Une photo du cadavre de Dink devant son journal, Agos, apparaît ensuite, alors que Türüt chante : "Si quelqu'un brade notre patrie, il mourra sur-le-champ".
"Je n'ai rien à voir avec la vidéo", se défend Türüt. Arif, le parolier, explique : "Je n'ai pas entendu parler du clip. C'est sans doute le fait d'un de ces 'zozos' d'Internet. C'est moi qui ai écrit les paroles de ce morceau. J'en reconnais chaque strophe, chaque mot." Se disant désolé de l'assassinat de Dink, le parolier poursuit : "Quoi qu'il en soit, on peut se poser des questions sur le slogan : 'Nous sommes tous des Arméniens'. Il est illogique d'établir un parallèle entre le meurtre et la chanson." (traduction courrier international).

Ce qu'il y a de franchement répugnant avec ces S.A à la petite semaine, c'est qu'ils n'assument même pas totalement leurs délires meurtriers..."Mais non pas du tout, qu'allez vous chercher là mon bon monsieur".

Reste à voir maintenant si Ismail Türüt va être condamné....

jeudi, septembre 13, 2007

Bouts de ficelle


Sympas les Genç Siviller (jeunes civils)! Devant les assauts des forces du mal qui tentent de mettre à mal la sainte constitution militaire de 1982 (la seule la vraie celle sans laquelle la Turquie s'écroule), ils proposent tout simplement de la "réparer"

Pour fêter l'anniversaire du coup d'Etat du 12 septembre 1980 (si vous n'êtes pas encore allé dévorer les bulletins d'info-turk, nous n'avons rien à nous dire) ils organisaient un "atelier" sur la place de Galatasaray à Istanbul (istiklal caddesi).

Le but? Permettre aux passants de proposer leurs modifications et d'effacer les articles qui doivent être supprimés pour permettre une constitution civile et démocratique. On imagine le boulot...

mercredi, septembre 12, 2007

Le fardeau des villes satellites

Le National Action Plan de la Turquie concernant les demandeurs d'asile a été en grande partie élaboré en 2005. Dans le petit monde des ONG, il a suscité l'incompréhension et la consternation: un candidat à l'asile, enregistré auprès du UNHCR, devait obligatoirement accepter d'aller vivre dans une des "villes sattelites" désignées par les autorités turques. En d'autres termes, quitter Istanbul pour des endroits aussi improbables que Bilecik ou Burdur, Isparta ou Afyon : but avoué de cette politique, éloigner les réfugiés de la capitale culturelle.

Le problème, c'est que l'aide légale ou matérielle aux demandeurs d'asile était concentrée à Istanbul, à travers quelques ONG comme ICMC ou Helsinki Citizen Assembly (où j'ai travaillé). Dans une ville comme Istanbul, un Somalien peut espérer passer un peu inaperçu et trouver à se loger dans des conditions déplorables à Tarlabasi ou Umkapani. Il peut également trouver un travail illégal lui permettant de subsister.

A Burdur, qui accueille aujourd'hui 300 demandeurs d'asile, une partie de la population commence à grogner contre la présence d'étrangers qui ne reçoivent plus de support du HCR ou de l'Etat. Aidés sur le budget de la ville, ils présentent de plus un risque pour l'emploi en se vendant à des prix défiants toute concurrence. Dans une ville déja touchée par la pauvreté, l'aide apportée à ces étangers suscite des tensions... Mais de nombreux habitants considèrent qu'il est du devoir de la Turquie d'aider ces "invités du Seigneur" qui ont fuit leur pays en guerre (Erythrée, Somalie, Soudan) et qui sont de plus souvent musulmans. Le député AKP de la ville, M. Özcelik, tente d'obtenir du gouvernement des subsides pour alléger la charge de la municipalité...



mardi, septembre 11, 2007

Précieuses archives

Pour fêter à sa manière le 27ème anniversaire du coup d'Etat de 1980, le site Info-Turk publie l'ensemble de ses bulletins parus depuis 1980.

Ce qui permet de tomber sur des articles croustillants, témoignant de l'ambiance d'une époque et permettant peut être de mieux comprendre l'actualité...

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Imaginons maintenant les effets de ces joyeuses colonies sur la population... Pourtant, parlez de conditionnement semi-fasciste avec des inconditonnels de l'armée, et vous vous ferez taxer de dangereux gauchiste pro-PKK. Cet article est pourtant tiré d'un journal pro-militaire, à une époque ou on avait pas honte de ce genre de "rééducation". La rédemption des "socialocommuniste" (toute personne de gauche) par la marche militaire, tout un programme. Et pourtant, des appels au coup d'Etat anti-AKP éclosent encore ça et là...

L'agenda secret de l'AKP (bis)

On le sait, une équipe d'universitaires travaille actuellement sur un projet de "constitution" civile sensée remplacer la constitution de 1982. Pourquoi civile? Parce que la constitution actuelle, bien qu'amendée, est toujours celle imposée par les militaires suite au coup d'Etat du 12 septembre 1980.

Ergun Özbudun dirige ses travaux, qui selon le camp "laïc" ne sauraient que mettre-en-danger-les-fondements-de-la-république, etc etc etc on connaît la chanson. Il avait tapé très fort en affirmant dès juillet la nécessité de retirer de la loi fondamentale toute mention au "nationalisme d'Atatürk". Sacrilège, mais avouons qu'une constitution démocratique affirme rarement l'obligation de se conformer à une idéologie figée. On imagine la constitution française se proclamant "gaulliste" sans possibilité d'y changer quoi que ce soit.

Aujourd'hui, comme preuve de la volonté sournoise de la cabale islamo-européenne de morceler la Turquie et "d'Iraniser" les Turcs, Ergun Özbudun souhaite retirer de la constitution l'instruction religieuse obligatoire. Oui, dans ce pays laïc, l'instruction religieuse (sunnite exclusivement) est obligatoire, depuis le coup d'Etat militaire. Bien sûr, ici on ne suit plus du tout: les militaires anti-islamistes sont ceux qui ont introduit l'instruction religieuse sunnite obligatoire? Eh oui, on peut même dire qu'ils sont en grande partie responsable du renouveau religieux en Turquie. Resserrer les Turcs autour de l'islam et du nationalisme pour les détourner des illusions communistes, le fondement de la "synthèse turco islamiste".

"Nous maintenons l'idée que le sécularisme devrait protéger ceux qui n'ont pas d'opinion religieuse". En Turquie, ce n'est pas encore un pléonasme... s'avouer Athée n'attire pas souvent une franche sympathie.

On attend maintenant de voir si ces travaux atteindront leur but. Mais une réelle laïcisation sous l'égide des méchants vilains islamistes, avouons que cela serait jouissif...


lundi, septembre 03, 2007

Retour

Le pire quand on ne part pas en vacances, c'est la rentrée. Les récipiendaires des mails non répondus du mois d'aout se réveillent soudain, laissant beaucoup moins de temps pour suivre l'actualité turque. Avouons le, après avoir été "au taquet" pendant toute la période électorale, le comité rédactionnel des Chroniques de Beyoglu a décidé de lever un peu le pied.


Non, même le revirement attendu de Sarkozy sur la Turquie (de candidat, il passe à homme d'Etat, logique...) même les péripéties fashion de Mme Gül, même les débats sur une nouvelle constitution "civile" ne parvienne pas à me sortir de ma (relative) lethargie.

En fait, pour me réveiller, il me fallait au moins ça!




MLKP
: Marksist Leninist Komunist Parti, Turquie / Kurdistan du Nord. On en trouve des choses sur les murs de Bruxelles... J'ai vu ça Avenue de Stalingrad (!!!!!!)

Si vous ne trouvez pas ça clair, il suffit de vous renseigner! Voici une petite explication

MLCP (MLKP) was founded on September 10th, 1994. The documents of the Founding Congress (1st Congress) form its theoretical, political and organisational basis. This historical development, expressed as the “Unity Revolution”, is a result of the struggle conducted within the organisations and among the organisations starting from 1989 by the party’s predecessor organisations bearing the thought of “unity of communists”. In 1991, TDKIH (Revolutionary Communist Workers’ Movement of Turkey) and TKIH (Communist Workers’ Movement of Turkey) were united. After a struggle lasting for years, TKIH and TKP-ML Hareketi (Communist Party of Turkey- Marxist Leninist Movement) gathered the Unity Congress and founded MLCP-F (Marxist Leninist Communist Party – Foundation). And the 1st Party and Unity Conference realized the unity between MLCP-F and TKP-ML (YIO) (Communist Party of Turkey-Marxist Leninist / Reconstruction Organisation) and eliminated the addition of “Foundation”. Thus MLCP was created by the unification of four communist organisations.

Tout de suite, on y voit plus clair non? Si vous en voulez encore c'est ici