dimanche, octobre 08, 2006

Il n'existe aucune solution au conflit

J'ai toujours admiré les brusques accès de franchise de l'Etat Major de l'armée Turque. La dernière sortie du chef suprême Yasar Büyükyanit était destinée à répondre aux traîtres qui espéraient qu'Ankara prenne en compte le cessez le feu unilatéral proclamé par le PKK.

"Les forces armées avaient déclaré à plusieurs reprises qu'elles mèneraient leur combat jusqu'à ce qu'il ne reste plus un seul terroriste armé. Notre attitude n'a pas changé d'un pouce et ne changera pas" Déclare-t-il lors d'un discours devant l'académie de guerre.

Et d'ajouter "Il n'existe aucune solution au conflit". Difficile de mieux faire comprendre que le conflit avec le PKK est VITAL pour les forces armées turques, qui justifient par cet Etat d'Urgence permanent leur emprise sur les affaires civiles et leur rôle disproportionné. Un pays en paix, sans ennemi, n'a pas besoin d'une armée omniprésente, au dessus des lois, ayant droit de véto sur tous les sujets considérés comme "sensible", faisant pression sur les gouvernements qui lui déplaisent.

Les quelques milliers de "guerila" retranchés dans les montagnes du Kandil et menant des opérations sporadiques en Turquie, les dizaines de "Sehit" enterrés en grande pompe sont les meilleurs alliés des engalonnés d'Ankara. Officiellement favorables à l'entrée de la Turquie dans l'UE, les militaires refusent toute concession et s'insurgent quand les européens déplorent que l'armée turque soit trop importante.

Ils sont de faits les alliés objectifs des anti-turquie de tout poil, des chantres du "partenariatprivilégié". Comment s'étonner de ces affinités inconscientes entre ces manieur de batons, spécialistes du coup de menton énergique et exploiteurs de "l'insécurité" que sont Yasar Büyükyanit et Nicolas Sarkozy...



3 commentaires:

anne a dit…

Le coup du pompier pyromane, j'ai l'impression que plus c'est gros, plus ça marche.
Et ça manque drôlement de pare-feux ces derniers temps.

Maurice a dit…

Votre raccourci comme d’ailleurs tous les raccourcis est un peu trop facile dans la subtilité politique française.
Je n’ai pas la moindre accointance avec Nicolas Sarkozy de Nagi Bosca, mais je pourrais vous démontrer qu’il est plutôt un petit ange favorable à la Turquie, comparé à ses concurrents politiques de la droite ainsi d’ailleurs que de la gauche.
Bayrou l’homme sage de la droite est plus hostile à l’entrée de la Turquie que Sarko, Philippe de Villiers qui représente entre 10 et 15 % des votants, est plus violent que Sarko, ne parlons pas de Le Pen –qui serait d’ailleurs un excellent ministre turc pour traiter la question kurde- est bien plus hostile à l’entrée de la Turquie.
Par charité, je vous épargne la gauche, car au PS François Hollande n’est pas amoureux de la Turquie ni d’ailleurs sa concubine, le PC au nom de l’obscurantisme internationaliste des prolétaires, est contre l’adhésion de la Turquie, quant aux syndicat, vaut mieux ne pas en parler tellement ils ont la trouille de la concurrence déloyale des patrons turcs !

A coté de tout ce beau monde, Nicolas Sarkozy joue profil bas et ne dit que le centième de ce que son opinion voudrait qu’il dise, en cela, il est très modérément hostile à l’entrée de la Turquie au sein du Club Med de l’Union européenne !

Tom a dit…

J'en suis convaincu, d'autant que ce triste sire serait prêt à être un partisan farouche de la Turquie si l'opinion y était favorable.Elle ne l'est pas, il surfe donc la dessus.

Vos 15% pour de Villiers m'effraient! D'ou sortent ils?????

Mais vous avez raison, j'aurais du mettre de Villiers, Bayrou dans le meme sac, les deux premiers étant "religieusement" convaincus, le dernier prêt à prêcher tout et son contraire. Quant au PS j'ose epsérer qu'ils sauront sensibles aux arguments démocratiques qui plaident en faveur de l'adhésion...