dimanche, juin 24, 2007

Mais à quoi joue le PKK...

Difficile de comprendre ce qui s'est passé dans la province de Tunceli hier soir. On sait que la guerrilla du Dersim est la plus féroce et n'obéissait par le passé que partiellement au comité central. Quelques semaines après avoir tué 8 gendarmes lors de l'attaque d'une caserne, des militants ont cette fois capturé un camion citerne et auraient tenté de le faire exploser sur un poste militaire à Karsilar, dans un attentat suicide. Je dis "aurais" parce que les commandos suicide n'ont jamais été trop à la mode au PKK.

Il n'y a pas eu de victimes du côté de l'armée, qui aurait eu vent de l'attaque. Selon Reuters, suite à l'explosion, le poste a été attaqué par d'autres militants du PKK.

Dans un registre tout aussi sympathique, Ali le Chimique a été reconnu coupable de génocide et condamné à mort. Les 5000 gazés d'Halabja et les 180 000 morts de l'Anfal, les charniers du désert du sud, les femmes vendues comme esclaves, m'empêchent de verser une larmichette ou de ma draper dans mes grands principes. Gebersin.

vendredi, juin 22, 2007

Le PKK défend l'intégrité nationale de l'Irak

Rapporté par, journal anglophe d'Erbil (ex "Hewler Globe")



Aysel Tugluk,  considérée comme la "chienne de garde d'Ahmet Türk" et apoiste pur seker, traite les kurdes irakiens de "marionnetes des impérialistes" et les accuse de raviver le "traume du traité de Sèvres" (qui morcellait l'Anatolie en un Etat croupion turc, une république grecque de la mer noire, une Arménie et un Kurdistan indépendant, le reste étant livré à la France, l'Angleterre, l'Italie et la Grèce). Elle place le Kurdistan Irakien (Irak du nord) dans le "pacte national" turc, en faisant une zone d'intérêt légitime pour la Turquie.







On repart donc sur la vieille scie d'Öcalan sur le "nationalisme primitif" des chefs Kurdes Irakiens (contre qui il a fait la guerre), et de la "catastrophe" d'un Kurdistan autonome... je ne parlais plus du PKK et d'Öcalan depuis un moment, mais là ils signent un véritable retour en forme.







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Le droit à la sécurité

Au nom de son droit inaliénable à protéger ses frontières sacrée, l'armée turque pilonne courageusement au mortier les villages kurdes irakiens dans la région de Zaxo, notamment les villages de Nuzdure, Keste, Berwari...

Selon Rastgo Muhamad Barsaz, porte parole de l'ONG "Kurdistan Campaign to help victims of war", des centaines de civils ont dû fuir leurs maisons pour se réfugier dans des zones sures. Selon des témoins, les maisons ont été pillées par les membres du PKK, qui occupent maintenant les villages et interdisent aux organisation de secours d'y pénétrer.



Dans certains villages, les membres du PKK ont chassé les familles de leurs maisons afin de les occuper comme des bases à partir desquelles lancées des attaques. "Un membre de ma famille a été tué parce qu'il refusait de quitter sa maison", déclare Ezdin Destan, du village de Dashati.



Les zélateurs habituels du PKK diront que c'est bien naturel et que ce Kurde aurait du faire montre d'un peu plus de patriotisme au lieu de s'opposer à l'aile marchante de la révolution. On remarque en tous cas une innovation par rapport à leur grande classe habituelle: l'adoption des méthodes de la guerrilla sunnite irakienne qui se sert des populations civiles comme d'un bouclier humain.



Les inconditionnels de l'armée turque écarteront froidement les objections face à ces bombardements de populations civiles, en disant que le PKK n'avait qu'à pas prendre position dans des villages.










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jeudi, juin 21, 2007

A un mois des élections


Bon mine de rien, les législatives sont dans un mois. D'un coté, la situation est simple et limpide: l'AKP va gagner, le CHP continuera à être représenté à l'assemblée, les DYP, ANAVATAN, DSP et autres partis classiques faire des petits scores. Le MHP réussira-t-il à se hisser au dessus de la barre des 10%? C'est une réelle possibilité. On aura donc le bonheur de voir MHP et CHP voter ensemble contre toutes les lois de l'AKP. Cela aura le mérite de simplifier les choses. Je vois avec bonheur que Zülfü Livaneli n'est plus CHP mais "indépendant" dans l'assemblée actuelle.

L'inconnue est par contre le score des "indépendants". On parle de plus de 600 indépendants (Bagimsiz) candidats à travers la Turquie, afin de contourner (Ufuk Oras, candidat dans la première circonscription d'Istanbul parle de "creuser un tunnel") la règle des 10% approuvée par la cour européenne des droits de l'homme (qui dit que c'est trop haut mais qu'elle s'en lave les mains.)

Baskin Oran, candidat dans la deuxième circonscription d'Istanbul, soutenu par Ahmet Insel, Yasar Kemal et Adalet Agagolu, aura pour opposant un candidat DTP, Dogan Erbas, ancien avocat d'Öcalan. On s'interroge sur la pertinence de cette opposition, expliquée, pour certains, par le fait que Baskin Oran a déclaré que le PKK était un parti terroriste. Le DTP parvient donc à compromettre les chances d'une des figures intellectuelles turques les plus brillantes d'accéder à l'assemblée. Öcalan aurait il fait une nouvelle crise de la jalousie au fond de son cachot?

Je vous invite, si vous ne l'avez fait, à consulter les éditoriaux de Baskin Oran pour le site Turquie Européenne. C'est tout simplement jouissif.

Le DTP, qui n'a pas l'air au mieux de sa forme, présentera 66 candidats indépendants, et soutiendra d'autres candidats en leur garantissant le "vote kurde". Le DTP a également tenté une alliance avec l'AKP. Froidement éconduite par Erdogan, qui fait de plus campagne au Kurdistan en disant que le vote pour les indépendant est un "gâchis". "Que pourront ils faire pour vous?" demande-t-il dans une belle logique clientéliste, à Agri. Cela démontre surtout une réelle inquiétude de la part de l'AKP, qui commence à se demander si le DTP ne pourrait pas au final constituer un groupe à l'assemblée: le parti pro Kurde espère obtenir 30 députés.

Dans la région d'Hakkari, malgré la popularité du DTP, le système des asiret (tribus) joue à fond. On peut soutenir le DTP, et voter pour le CHP ou l'AKP selon les consignes du chef de tribu (qui bien entendu prend sa décision en son âme et conscience).

Dans le Dersim, deux députés sont pour l'instant CHP. Comment cela va-t-il évoluer? On se souvient qu'en 2004, la mairie de Tunceli avait été enlevée par une femme, sur la liste SHP-DEHAP.

Au total, dans les districts considérés comme ayant une majorité de citoyens turcs d'origine kurde (une périphrase de 11 mots pour dire Kurdistan, record à battre), 80 sièges sont à pourvoir, 70 pour Istanbul.

Difficile encore d'obtenir des sondages pour avoir une idée du rapport des forces. Un sondage de mai 2007 donne des résultats hétéroclites, avec un AKP toujours en tête mais entre 29 et 45 % (!!!) Un CHP occillant entre 14 et 18%, le DYP bien parti pour être représenté, et le MHP flirtant avec le seuil fatidique...

Rappellons la composition actuelle de l'assemblée, forgée au gré des désertions et des ralliements.

AKP 352, CHP 149 ANAP 20, Indep 14 DYP 3 SHP 1 HYP 1 GP 1

Voila tous les candidats validés le 4 juin, ICI.

On remarque (désolé, ce post est totalement décousu, mais j'ai le soutien de mon rédacteur en chef) l'existence d'un Bagimsiz Türkiye Partisi (partie de la turquie indépendante (programme réalisé en 1923) ) présentant des listes dans de nombreuses circonscriptions. Et là on s'interroge, est ce que par hasard ces petits coquinous essayeraient de jouer la confusion avec les autres Bagimsiz (indépendants)? Leur leader, le professeur Haydar Bas, candidat à Trabzon, a un peu une tête de grand méchant loup. De leur page d'accueil, on peut déduire qu'il est plus à gauche et plus grand qu'Atatürk. Bref, je m'égare. Mais je suis sur qu'un parti turc nommé BTP va en faire rigoler plus d'un.

mercredi, juin 20, 2007

La menace chrétienne


Quand on vous disait que l'influence chrétienne (ainsi que judeo--kurdo-armeno-léniniste) menaçait l'intégrité de la Turquie!

Un reportage de Gareth Jones du "Scotsman"
) dans le village de Vakifli (connu pour être le dernier village arménien de Turquie) dresse un constat alarmant: les chrétiens préfèrent l'AKP.


REUTERS/Umit Bektas

Quoi? Les Chrétiens préfèrent les islamistes aux glorieux défenseurs de la laïcité? Bien sur, la laïcité vue par le CHP ou le président Sezer, c'est aussi "les missionaires chrétiens menacent l'identité turque", des veto contre les lois en faveur des minorités chrétiennes votées par l'AKP, des commentaires désobligeants envers les divers patriarches, et une condamnation assez molle des égorgeurs de chrétiens à Malatya. Mais tout de même, voter pour les méchants barbus qui font rien qu'à vouloir rétablir la charia et interdire le Raki???

"This government has done a lot for us. We want them to get back in. They show us and our religion respect. Every religion is holy," said Hanna Bebek, 76, enjoying a game of cards with his neighbours in the village tea house.

Sale traître!

"The AK Party has tried to help the minorities, while other parties just talk," said village headman Berc Kartun, 45."

Vipère lubrique!

Patriarch Mesrob II, the Istanbul-based spiritual leader of Turkey's Armenians, recently endorsed Erdogan's party.

"The AK Party is more moderate and less nationalistic in its dealings with minorities. The Erdogan government listens to us -- we will vote for the AK Party in the next elections," Mesrob told the German magazine Der Spiegel in an interview.

Agent de l'Arménie!

Le pire, c'est que les Alevis, électeurs traditionnels du CHP, semblent eux mêmes se tourner vers l'AKP, un peu échaudés par les délires nationalistes de Deniz Baykal. Dans un contexte d'incapacité des partis traditionnels turcs à s'allier contre l'AKP, les élections du 22 juillet vont tourner au plébiscite... la majorité silencieuse se contrefout des manifestations "laïques" orchestrées par le CHP, l'Armée, et les Barbouzes de "l'association pour la pensée d'Atatürk" et autre Dogu Perincek...

And now for something completely different : Deniz Baykal a répliqué aux scandaleuses allégations d'Erdogan qui parlait d'un "Etat Profond" en Turquie (incroyable!): Derin Türkiye yok, Türkiye var, Türk Milleti var, Türk Halkin var. Il n'y a pas de Turquie profonde, il n'y a que la nation turque et le peuple turc. Tu l'as dit bouffi! Allez maintenant, attaque Veli Küçuk, Oktay Yildirim, le général à la retraite Tokat, Bucak et Muzaffer Tekin en justice pour "Séparatisme"! Ils veulent faire un Etat dans l'Etat! Et puis au moins eux, les procureurs auront une chance de mettre la main dessus, contrairement à Barzani...


mardi, juin 19, 2007

Bip Bip, le numéro que vous avez demandé n'est plus attribué

Le journaliste anglais Michael Howard revient du parc d'attraction pour grand reporters du Kandil. Apparemment, le camp est à peu près abandonné, et les militants ne passeraient pas plus d'une nuit au même endroit, étant constamment en mouvement.

On imagine déja la franche rigolade d'une armée turque investissant la place, braillant "ville gagnée, ville prise" et ne trouvant à massacrer que deux ou trois moutons et une chèvre. Une guerrilla qui refuse une bataille rangée contre la plus grosse armée du moyen orient, qui aurait pu imaginer une telle chose????

Pour une idée un peu plus précise de la situation dans les riantes vallées du Kandil, lire cet excellent reportage du "Courrier" suisse que je vais consulter plus souvent!

Et quelle déprime pour les "faucons" turcs: Cemil Bayik, un des chefs du PKK, déclare que le PKK n'est pas séparatiste et ne veut même pas le fédéralisme dont bénificient les Kurdes d'Irak, mais seulement des droits culturels pour les Kurdes de Turquie. Va gueuler à la menace contre l'intégrité de la république après ça, mais à qui peut on donc se fier???

And now for something completely different: une étude menée par Orta Dogu Teknik Universitesi sur les mariages en Turquie révèle que sur 11 000 couples dans 80 districts, seul 2,4 % sont des couples mixtes turco-kurdes. Mais c'est bien connu, les kurdes sont parfaitement intégrés, il n'y a pas de différence et d'ailleurs il y a plein plein de turcs turcs dans le sud-est. Fermez le ban.




lundi, juin 18, 2007

Super Seniors


Les militaires turcs à la retraite sont un véritable exemple pour les générations futures: ils montrent que bien que que retraité, on peut conserver une activité débordante et avoir encore un impact sur la société.

Sener Eruygur, ancien commandant des forces paramilitaires, est maintenant président de "l'association pour la pensée d'Atatürk", à l'origine des grandes manifestations "laïques" qui se sont opposées à l'élection démocratique d'Abdullah Gül, réclament la tête d'Erdogan et font des démonstrations de force lors des obsèques des soldats martyrs providentiels.

Muzaffer Tekin, capitaine à la retraite, vient de faire parler de lui après la découverte dans une cabane d'une cache d'arme contenant 27 grenades et plusieurs détonnateurs. Difficile d'accuser le PKK: ce joyeux papy serait lié à l'avocat islamo-nationaliste Alparslan Arslan qui a tué un juge et blessé 3 autres au conseil d'Etat l'année dernière à Ankara.


Dans la même affaire, un autre suspect est Oktay Yildirim, autre officier à la retraite, fondateur de l'organisation ultra-nationaliste Kuvayi Milliye Dernegi. Très pratique, c'est le monsieur en haut, au milieu. Ligne de défense imparable: il a trouvé ces armes dans les poubelles d'une caserne. Yildirm s'était auparavant rendu célèbre par ses hurlements à divers procès, dont celui d'Orhan Pamuk et celui de Perihan Magden (accusée d'encourager à la désertion et au refus du service militaire).


Sans surprise, ces deux là sont de tendres amis de Veli Küçük, fondateur du JITEM et impliqué dans l'affaire de Susurluk et le meurtre de Hrant Dink.



Mais concentrons nous, le vrai danger, c'est l'AKP, le PKK, l'UE et les USA, pas ces braves gens qui ne font que défendre les intérêts majeurs de la Turquie.

J'ai bon?

jeudi, juin 14, 2007

Comme au bon vieux temps

Vous vous souvenez d'Abdullah Demirtas? Le maire DTP de Sur, dans le district de Diyarbakir, proposait des cours de kurde et de syriaque à ses fonctionnaires. Le conseil d'Etat vient de le destituer et de dissoudre son conseil municipal. Amusant, les maires qui inaugurent des "Alparslan Türkes Bulvari" ne semblent pas avoir ce genre de problèmes.

Mais une chose est sûre, les gens vont arrêter de parler kurde. Ca fait 80 ans qu'on essaie, mais là, c'est le coup de grâce...

Erdogan se déclare contre une intervention en Irak, et parle de 5000 terroristes en Turquie à dégommer avant de s'intéresser aux 500 qui restent en Irak. Pas content, l'Etat Major parle de 3000 en Irak et 2000 en Turquie. Aux obsèques du major tué par le PKK, la veuve a refusé de serrer la main au ministre présent. Büyükanit et Sezer ont eux été acclamés. Amusant, j'aurais plutot pensé à les désigner comme responsables.

On revient aux affaires courantes: on réclame de l'Irak (Bagdad) qu'il sécurise sa frontière (ce qui fait rigoler tout le monde), Barzani, qui comprend que la Turquie n'interviendra pas, remet son grain de sel pour faire enrager les képis turcs, le PKK annonce un cessez le feu (après une semaine assez intense en attaques).

Je m'avance peut être, mais je pense que le gros de l'alerte est passé, et que les Turcs ont une fois de plus l'air bien niais avec leur pas chassés le long de la ligne rouge...

Le pauve Demirtas paie pour les autres!


samedi, juin 09, 2007

10 bonnes raisons d'aller en Irak

L'armée a demandé une mobilisation totale de la population contre le PKK. Dans l'esprit des simplets, cela peut signifier de bons lynchages anti-kurdes des familles. Mais pour les vrais "Vatansever" (patriotes), il s'agit de conquérir les coeurs et les esprits, et de prouver le bien fondé de l'intervention turque. On l'oublie trop souvent, mais la majeure partie des 40.000 candidats "sehit" (martyr) massés à la frontière kurde sont des petits jeunes faisant leur service militaire. Précisons: des jeunes de familles pauvres, sans connexions, sans relations, sans études. Des bons petits bidasses, dotés de parents typiques terriblement photogéniques quand ils s'écroulent en larmes sur un cercueil drapé du Ay Yildiz, avec la paluche consolatrice d'un colonel à grosse casquette et grosses lunettes.

Bref, ces bidasses, il faut les convaincre de suivre leurs chefs, avec des arguments simples.


(10 bonnes raisons d'entrer en Irak du Nord)

(A gauche, Merdan Yanardag, au centre Tuncay Özkan à droite, Dogu Perincek)

Vous allez découvrir de nouveaux horizons

Vous allez vous faire plein de nouveaux copains


Service Frontalier de première classe : Vous visiterez les villes des environs dans des véhicules particuliers et serez hébergés dans des hotels 5 étoiles

Vous aurez la chance de rencontrer des spécialistes des feux d'articife

Vous apporterez votre contribution à l'économie du pays


Vous apprendrez l'anglais avec des profs américains

Vous bénéficierez de cours de premiers soins gratuits

Le Gouverneur décernera une médaille à votre père

A votre retour au pays, votre mère vous serrera dans ses bras

Votre charisme sera reconnu de tous, tous marcheront derrière vous

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Nos leaders, forts de 20 ans d'expérience dans le tourisme
Nous n'avons jamais reçu de réclamation de la part de nos 40 000 clients

Si avec ça il n'y a pas des candidatures spontanés, le peuple turc ne mérite pas d'être protégé comme il l'est par sa grande et invincible armée.

SOURCE: Genç Siviller, publié par MILLIYET

Qu'on arrête de dire que c'est de moi à la fin.


vendredi, juin 08, 2007

L'agenda secret de l'AKP

Conclusion dramatique du rapport
SEX AND POWER IN TURKEY Feminism, Islam and the Maturing of Turkish Democracy d'ESI (European Stability Initiative), think tank qui s'était signalé il y a 2 ans avec le tonitruant rapport sur le "calvinisme islamique", ces nouveaux entrepreneurs modernes et dévots:


Les réformes sur les statut de la femme entreprises par l'AKP depuis 2002 sont les plus spectaculaires depuis celles d'Atatürk, et ont permis à la Turquie de passer à un système légal "post patriarcal".

En 2004, un amendement à la constitution proclame "l'Etat est responsable de prendre toutes les mesures nécessaires pour réaliser l'égalité entre les femmes et les hommes" (article 10). A cela s'ajoute le nouveau code civil, la réforme de la loi sur l'emploi (2003) l'établissement de tribunaux familiaux (2003) et un nouveau code pénal (2004).

A partir des réformes de 2004, les associations de femmes sont devenues des interlocuteurs écoutés des parlementaires AKP.

Bien sur, l'écart entre les textes et la réalité reste énorme. Mais l'AKP aura fait plus que ses adversaires "laïques" au pouvoir avant lui, et tirant les ficelles avec l'armée des manifestations monstres d'Istanbul, Izmir et Ankara.



Le retour de l'OHAL

OHAL, c'était le nom de l'Etat d'urgence qui a régné au Kurdistan de 1987 à 2003. Il y avait même un site extraordinaire sous-titré "nous protégeons les populations". Plus prosaïquement, l'OHAL signifiait pour ces populations peu reconnaissantes les sinistres "protecteurs de villages" (milices kurdes pro gouvernementales), les özel tim (unités paramilitaires souvent liées aux loups gris), les "disparitions inexpliquées", les "tueurs non identifiés", les 4000 villages vidés, les forêts et les cultures brulées au Napalm, le couvre feu, les chars dans Diyarbakir ou Sirnak, les déplacements de population dans les bidonvilles de Van, Diyarbakir ou Adana.


Bref, le club Med, Sentropez-sur-Euphrate.

En préparation d'une opération qui serait nommée "coup de massue" (Balyoz) d'après le correspondant de RFI à Istanbul, l'armée turque a déclaré "zones de sécurité" une partie des districts de Siirt, Hakkari et Sirnak. Yuksekova Haber, un des journaux de la région, titre "Nous sommes en zonede sécurité" (Güvenlik Bölgesindeyiz). Ca faisait longtemps.

On ne semble pas s'affoller côté kurde irakien, malgré un peu de nervosité à Erbil, ou des officiers de renseignements turcs ont été mis en joue.

Une incursion turque dans une zone frontalière pour attaquer le bastion PKK de Kandil ne verrait probablement pas d'opposition armée des troupes kurdes. Une tentative délirante de marcher vers Kirkuk ou Mossoul, et c'est le bain de sang, la guerre de tranchée, et 100 000 peshmergas face à l'armée turque. Un peu de prospective catastrophique? Une intervention Iranienne à l'est, et des incursions arabes sunnites au sud, profitant du vide laissé par les troupes parties au front.


Le "coup de massue" est prévu pour Samedi, et la Turquie s'apprête à faire une des pires erreurs de son histoire.

jeudi, juin 07, 2007

Echauffements

A prendre bien sûr avec des pincettes stérilisées, les "bilans" de HPG (nom des forces armées du PKK "forces de défense du peuple")



Très serviables, ils communiquent des bilans mensuels des opérations turques.

30 May 2007

Total amount of Turkish operations: 67
Total amount of Turkish and Iranian operation: 1
Enemy forces killed: 102
Officers: 8
Soldiers: 90
Milicia Men : 3
Traitor : 1
Enemy forces wounded: 64
Enemy forces Officers wounded 2
Enemy forces Policemen wounded: 3
Destroyed enemy military vehicles: 3

The 25th May, HPG attacked by sabotage one train convoy; destroyed 9 wagons; confiscated military ammunitions in Genç Area, Diyarbakýr province.
Martyred HPG guerrillas: 12

30 avril 2007

Total amount of Turkish operations: 68


Total amount of clashes in these operations: 62

Amount of contacts where the results are known: 42


Amount of contacts where the results are unknown: 20

Enemy forces killed: 119


Officers: 13


Soldiers: 106


Enemy forces wounded: 37

Destroyed enemy military vehicles: 4


Material confiscated from dead soldiers: 31 (1 BKC, 2 G-3)

Martyred HPG guerrillas: 22


Il faudrait bien sûr comparer celà aux chiffres officiels donnés par la Turquie, mais on peut admettre que le nombre d'opérations menées est probablement vrai... Quant au ratio pertes PKK/Armée, j'ai un peu de mal à y croire, la plupart des rapports donnant plutot une proportion de 5 PKK tués pour un soldat turc à terre. Mais les récentes embuscades et attaques de postes de gendarmerie peuvent rendre ces chiffres plus crédibles.

Après un survol des dépêches d'agence pour le mois de mai, on arrive à une estimation de 23 militants kurdes tués...


Faudrait savoir...

Branle-bas de combat, les hordes ottomanes ont franchi les limes de la Djezire!

Ah, on me signale dans l'oreillette que pas du tout, fausse alerte.

Pauvres militaires turcs, ils savent que si ils y vont ça va être un fiasco, ils savent que l'opinion est très tiède et qu'ils n'aurant ni l'aval du parlement, ni celui de leurs alliés, mais ils ont tellement, tellement envie d'aller se ballader et d'utiliser leur arsenal... Le PKK le sait bien, et reprend du poil de la bête en frappant vite et fort. Une attaque commandon contre un gendarmerie de la province de Tunceli a fait 7 morts et plusieurs blessés. Un PKK a été tué, l'autre, blessé, a pu s'enfuir. Réaction de "Vatan"

La nation turque toute entière est en deuil après la mort de sept jeunes gens, tombés en martyrs dans l'attaque par le groupe terroriste PKK d'un poste de gendarmerie dans la ville de Tunceli. Ils étaient les fils de familles pauvre. Il n'y avait dans cette caserne, ni fils de politicien, nui fils de haut gradé, ni fils de célébrité.


Ces petits ces remarques mesquines, on donne aux prolos l'occasion d'avoir des martyrs, et ils se plaignent. La Turquie est dans de beaux çarsaf.


Dans ce contexte, plusieurs milliers de soldats auraient franchi la frontière kurde hier, d'après Associated Press, selon des sources anonymes au sein des forces de sécurité. Démenti du gouvernement, puis de l'armée.

On voit bien ici un petit ballon sonde, envoyé pour tâter un peu l'atmosphère. Quelques bombardements de positions hypothétiques du PKK (qui, bien enfoui, s'en contrefout), quelques pas chassés sur la frontière (24 opérations depuis 1983, on va pas s'affoler pour si peu) et au final, comme depuis 2003, rrrrrrrrien. La dernière grande opération turque, celle de 1997, avait vu 50 000 soldats franchir la frontière.

A la frontière, les Peshmergas ont trouvé dans un Poids Lourd un... Hélicoptère PM18 En pièces détachées certes, mais tout de même, et en direction de la Turquie. On ne préfère pas savoir.


mercredi, juin 06, 2007

Le courage des idéalistes

On l'oublie trop souvent, mais un des noms des loups gris est "ülkücü ocaklari" : "foyers idéalistes".

Leur idéal, ils l'ont mis régulièrement en pratique depuis leur création, et l'ont encore démontré ces derniers jours. Dans la ville, très ülkücü-friendly, de Sakarya , deux Kurdes portant un t-shirt à l'effigie d'Ahmet Kaya (chanteur kurde et gauchiste très virulent, mort en exil) ont été pris à parti par des nationalistes turcs. Selon le journal Zaman, ils s'y sont mis à 500 contre les deux ennemis de la nation. On a du mal à croire à un nombre pareil, mais on est jamais trop prudent contre la vermine terrroristo-séparatiste.

(zaman)

Pour battre le PKK et les forces kurdes irakiennnes (puisque Büyükanit veut faire la peau à Barzani), faudra-t-il respecter un tel ratio? 100 000 peshmergas officiels + 3500 militants PKK (chiffre donné par la turquie depuis 10 ans) x 250 = oula, j'ai mal au crâne.


jeudi, mai 31, 2007

Le jour et la nuit

Une interview à lire de toute urgence, celle d'Ahmet Kuyas, professeur d'histoire à l'université de Galatasaray, dont j'ai eu l'honneur de suivre les cours en 2002/2003.

Ca se passe ici

Ca doit être encore un traître occidentalisé à la tête des hordes anti-turque

De son côté, Yasar Buyukanit a déclaré qu'une fois en Irak, les troupes turques verront si elles ne tapent que sur le PKK, ou si elles s'occupent aussi de Barzani.

Tout un programme.

Ca se complique

Il faut que je m'y remette. Comment suivre ce Dallas du Moyen-Orient que constitue l'intervention turque au Kurdistan Irakien, souvent annoncée, jamais réalisée? Oui, on sait, la Turquie est à bout de patience, mais elle n'en a jamais eu. Oui, on sait, les troupes se massent à la frontière, mais d'un autre côté elles le font depuis mars 2003. CNN Türk avait même annoncé que les troupes turques marchaient sur Kirkuk au lendemain de l'invasion américaine le 21 mars 2003. Sympa l'ambiance au Newroz de Diyarbakir. Oui, on sait, la Turquie n'acceptera jamais tel franchissement de ligne jaune, tel dépassement de ligne rouge, mais au final est bien impuissante à obtenir autre chose qu'un profond pouvoir de nuisance dans les affaires internes du Kurdistan Irakien.

L'attentat d'Ankara a été attribué avec empressement par l'armée au PKK. Le profil du Kamikaze (un ultra-gauchiste paumé même pas kurde) et les dénégations du PKK et même du TAK (qui revendique ses attentats d'habitude avec force communiqués vengeurs et farouches) laissent croire à une énième manipulation des barbouzes en folie, très pratique pour justifier une intervention. Cette invasion potentielle et injustifiable : Envahir un Etat souverain pour exterminer quelques centaines de guerrileros en shalwar armés d'AK-47? Il faudra qu'on m'explique comment la glorieuse armée turque pourrait occuper le Kurdistan Irakien contre sa population, son armée et l'opinion internationale, alors qu'elle est bien incapable d'empêcher le PKK de faire dérailler ses trains, attaquer ses convois et miner ses routes dans le "Sud-Est Anatolien".

Les Américains, qui ont déja assez de mal à gérer leur zone, ne veut pas qu'on vienne pourrir le "miracle" de "L'Irak nord". La violation de l'espace aérien turc par deux F16 U.S était un message très clair, qui a du en faire eructer plus d'un chez les képis.

Et la ça se complique: le train attaqué par le PKK à Genç (province de Bingöl) a révélé son contenu: planqué dans du matériel de construction, des armées en provenance d'Iran et en direction de la Syrie. Selon diverses sources: des armes légères, des lances roquettes et 300 roquettes. Les Iraniens nient toute implication, mais les ficelles sont un peu grosses. Et on se prend à rêver: le PKK aurait il agi sur information américaine, pour éviter un approvisionnement en armes par l'Iran du Hezbollah libanais? Si les U.S.A utilisent mainenant le PKK dans leur stratégie anti "Axe du Mal" sur le territoire turc, on a pas fini de rigoler.

mercredi, mai 30, 2007

Nouvelles de Beyoglu

Le siège de mon ancienne ONG turque Helsinki Yurtaslar Dernegi (refugee support programme) a été évacué! Apparemment, on creuse un tunnel sous Beyoglu, et l'immeuble a tremblé... on vérifie actuellement si il n'y a pas une faille. L'immeuble est situé Asmali Mescit Sokak, plus connue sous le nom "la rue du Babylon"

Asmali Mescit Sokak

Décidemment, Beyoglu et Bruxelles, même combat: ça sera bien quand ça sera fini :)

vendredi, mai 11, 2007

Les hordes kurdes aux portes du parlement!

Ils y ont mis le temps, mais ils fini par remarquer. En 2002, l'AKP a remporté 40 sièges dans le "Sud-est anatolien", appellé Kurdistan dans le reste du monde, sièges qui auraient dû aller au parti DEHAP sans l'absurde seuil des 10%.

Un parti ne peut en effet pas être représenté au parlement turc si il n'atteint pas 10% des voix au niveau national, règle conçue pour éviter l'émiettement, et très pratique pour empêcher toute représentation pro-kurde au parlement.

Une seule solution: le recours aux "indépendants" pour contourner cette règle et obtenir des représentants au parlement. Seul problème, le refus systématique du PKK d'autoriser les formations kurdes successives à employer cette stratégie, préférant toujours au bon sens d'improbables "platform" avec d'obscurs partis de gauche groupusculaires.

Ahmet Türk, qui n'a jamais porté le PKK dans son coeur (lequel le lui rend bien), a annoncé que le DTP présenterait des candidats indépendants aux législatives anticipées de juillet. Öcalan ne semble cette fois pas s'y opposer, en tous cas pas de nouvelles d'Imrali. Et pour une fois, il semble que l'establishement va laisser faire: 40 sièges de moins pour l'AKP, c'est toujours ça de gagner. Comme les partis classiques comme le CHP, l'Anavatan et le DYP n'ont strictement aucune chance de gagner au Kurdistan (eh oui, les Kurdes sont rancuniers), autant laisser faire le DTP.

Aux sièges qui lui semblent garantis au Kursistan, le DTP pourrait ajouter quelques victoires à Istanbul ou Ankara, dans les districts composés à majorité de Kurdes. Il va même à Istanbul se ranger derrière la bannière de la veuve de Hrant Dink...

L'AKP manoeuvre déja pour tenter de contrer la menace, en réformant à la hâte le code éléctoral, mais il semble que les Kurdes pourraient enfin rentrer en masse au parlement.



dimanche, mai 06, 2007

Et pendant ce temps là, à Bruxelles

Abdullah Gül a renoncé à l'élection présidentielle après un nouveau et démocratique boycott du scrutin par les députés CHP, Anavatan, DSP, DYP, etc etc etc. Il n'y aura rien de neuf avant les législatives anticipées de Juillet.



En France, rien ne semble pouvoir empêcher le seigneur des ténèbres de prendre le pouvoir pour 5 ans, avant reconduction de son mandat à vie.



Et pendant ce temps là, à Bruxelles...





























Avant que Sarko ne ferme la frontière, il vous reste encore un peu de temps pour venir demander l'asile ici, on rigole bien et la bière est bonne et pas chère!

jeudi, mai 03, 2007

Rattraper le train en marche

J'avoue, je sors d'une flémingite aigüe. La vrai flemme, celle qui fait dire "boarf, à quoi bon". Un moi sans bloggage, en suivant l'actualité turque d'un oeil morne et las. Avouons le, j'ai mal choisi mon moment, l'actualité a été riche en délires en tous genre.


Ce qui m'a décidé à rebondir? Nicolas Sarkozy hier soir lors du débat présidentiel, et son "si vous expliquez aux habitants de Cappadoce qu'ils sont européens, ça va renforcer l'islamisme". Il est regrettable que Madame Royal n'ait pas réagi, mais tout à son honneur qu'elle ait affirmé vouloir tenir la parole de la France, tout en insistant sur le fait que la Turquie n'était pas prête.

Difficile de le nier: dans l'ambiance éléctrique qui prédomine, il est difficile d'y voir clair. La bourse d'Istanbul joue au yoyo, les investisseur s'inquiètent, les intellectuels turcs se déchirent, et Baskin Oran continue d'avoir raison.

Les militaires qui se fâchent aujourd'hui ont promulgué, après une sévère épuration du corps politique (à grands coups de gégène dans les roustons / ovaires de la vermine marxiste), une constitution approuvée en 1983 par le peuple avec une unanimité digne des élections de Saddam Hussein. Elle est toujours en vigueur, et organise donc la vie politique turque.

Les méchants super méchants AKP profitent d'un système électoral bancal, qui leur offre la majorité absolue à l'assemblée en ne rassemblant que 30% des voix lors d'élections à législatives à 1 tour écartant de l'assemblée tous les partis situés en dessous du seuil des 10%. D'un autre côté, ils n'y peuvent rien, ce n'est pas eux qui ont inventé ce système destiné à virer la gauche et les kurdes de l'assemblée.

Fort de leur poids, ils veulent propulser un des leurs à la présidence. Difficile de leur en vouloir. Mais, eyvah eyvah, les Kemalophiles ne sont pas DU TOUT contents. La Turquie est en danger, la république menacée, etc. etc.

Qui est aujourd'hui le président turc? Ahmet Necet Sezer, spécialiste du Veto à toute réforme démocratique depuis 2002. Un Kémaliste, un Laïc pur et dur, pour qui laïcité veut dire pas de femme voilée à Cankaya, et pas de lois pour rétablir les minorités chrétiennes dans leurs droits. D'un autre coté il y a bien la laïcité française qui mugit sur les racines chrétiennes à tout bout de champ, loin de moi l'idée de juger.

Mais bref, dans un Etat basé depuis 1980 sur une "synthèse turco islamique" douteuse, sur un Kemalisme érigé en dogme indépassable contre les ambitions même de leur gourou, difficile de pleurer quand les islamistes deviennent une force politique sans rivale. Au Pakistan, en Egypte, en Algérie, la répression des forces démocratiques par des régimes militaristes a abouti à la montée des partis islamistes, seule force de contestation possible. Dans un contexte sensiblement différent, la Turquie a connu un phénomène semblable, même si il est difficile de comparer l'AKP aux frères musulmans ou au F.I.S.

On a aujourd'hui une "gauche" qui appelle l'armée à intervenir par un nouveau coup d'Etat et se permet de sortir des énormités telles que "he, Turc ! Défends ton identité ! N’épouse pas un Kurde, ne commerce pas avec ces gens !". Tout un programme de paix et de fraternité.

Dans les centaines de milliers de manifestants à Istanbul et Ankara, il n'y avait pas que des méchants, loin s'en faut. Il y avait aussi de braves jeunes gens qui répètent l'oeil fixe et brillant des slogans d'avenir comme "Ne A.B ne A.B.D, Bagimsiz Türkiye" (ni U.E ni USA, Turquie indépendante). Quand on voit sur le site de Turk Solu "gauche turque" Mustafa Kemal, Deniz Geçmis (arrêté et exécuté par l'armée) et Nazim Hikmet sur la même banderole, on comprend pourquoi la gauche turque n'est pas promise à un avenir brillant.



Ce qui frappe le plus, c'est que jamais au grand jamais des centaines de milliers de personne n'ont manifesté contre la guerre au Kurdistan, la possibilité d'invasion de l'Irak, les villages vidés, les droits des Alevis, l'ingérence de l'armée, etc. Ces manifestations ont eu lieu avec la bénédiction de l'armée républicaine, la seule au monde à se considérer comme "garante de la démocratie", et à se proclamer invincible sans jamais avoir battu d'autre ennemi que les chypriotes grecs.

L'Enorme problème turc, à mon sens, c'est qu'une dictature laïque semble moins mobiliser contre elle qu'une démocratique musulmane. L'AKP a beau être détesté par les "vrais" islamistes, il reste caricaturalement considéré comme une menace pour la laïcité turque. Pourtant pas de charia depuis 2002, on attend toujours. Les preuves les plus concrètes de l'utra célèbre "agenda secret" sont des projets pour limiter les ventes d'alcool (déja surtaxté par la république laïque mais bon) et des tentatives pour favoriser les imam hatip.

En effet, c'est très mal, mais d'un autre coté les écoles laïques donnent des cours de religion musulmane sunnite depuis le coup d'Etat, sans faire mention des alevis, yezidis, chrétiens orthodoxes, arméniens, assyriens, tous présents sur le territoire turc et de ce fait citoyens turcs. Je n'ai jamais vu personne, ni prof borné, ni atatürkçü, ni lycéenne en basket, manifester contre ça.


(image OVIPOT)
Les revendications pour les minorités et contre le dogme de 1980 (n'accusons pas le pauvre Kemal, il n'est pas responsable de ce Kemalisme prison caricaturé aujourd'hui) sont resté le fait de partis ultraminoritaires type ÖDP, mettant sur le même plan droit des kurdes et des transexuels, joyeux rêveur ne laissant rien présager de bon pour l'avenir de la social démocratie turque. La courageuse tentative pour manifester le 1er mai à Taksim pour la première fois depuis le massacre de 1977 (34 morts) aura causé 700 arrestations.

Des elections anticipées auront lieu le 22 juillet, suite à la décision contestée de la cour constitutionnelle (nommée aux 2/3 par l'actuel président Sezer) d'annuler le premier tour de l'élection présidentielle. Entre temps, l'AKP va proposer l'élection du président au suffrage universel, pour la première fois de l'histoire.


(Image OVIPOT)


C'est ici que ca va commencer à être drôle: QUI face à Abdullah Gül? QUI est le garant de la laïcité, de la démocratie, du progrès? Deniz Baykal???? Sezer encore??? Kenan Evren va-t-il reprendre du service?

On parle d'une alliance CHP-DSP-SHP... qui siginiferait, puisqu'ils se sont systématiquement opposé à elles, une annulation de toutes les réformes démocratiques engagées depuis 2002 par le gouvernement des méchants islamistes de l'AKP.

Ca promet. En tous cas je promets de suivre ça, fini les vacances bloggeuses!