vendredi, juillet 06, 2007

Droits de l'homme au Kurdistan Irakien


On ne va pas tout peindre en rose. Il vaut bien sûr mieux être kurde à Erbil qu'à Mossoul ou à Bagdad. Mais les derniers rapports sur la situation des droits de l'homme dans les provinces administrées par le gouvernement régional kurde sont proprement alarmants.



Human Right Watch a publié le 3 juillet un rapport déprimant sur les pratiques des forces de sécurité kurdes (Asayish) décrivant les tortures, les détentions arbitraires et l'absence de procès équitable pour les détenus. L'enquête a été menée d'Avril à Octobre 2006, et se base sur 150 interviews de détunes.

Lors d’interviews menées dans des centres pénitentiaires d’Asayish, des prisonniers ont raconté à Human Rights Watch que les agents d’Asayish les avaient battus avec des barres de métal et d’autres instruments, les avaient mis en positions de stress pendant de longues périodes, et les avaient gardés menottés et les yeux bandés plusieurs jours d’affilée. La plupart des détenus avec lesquels Human Rights Watch s’est entretenu racontent également avoir été maintenus en isolement pendant de longues périodes. A quelques exceptions près, Human Rights Watch a constaté que les centres de détention d’Asayish étaient extrêmement surpeuplés et insalubres.

La plupart des abus constatés se font dans le cadre de la "lutte contre le terrorisme". Le Kurdistan est bien sûr spécialement menacé, et à jusqu'ici bien résisté, à quelques meurtrières exceptions près. Il semble cependant, à en croire HRW, que les autorités kurdes ont bien collaboré avec les enquêteurs et ont immédiatement répondu aux accusations du rapport, en tentant d'améliorer les conditions de détention et en forcant les responsables à relâcher les prisonniers détenus sans procès.

Les ONG kurdes, notamment le DHRD (Democracy and human rights development) à Sulemanye ne sont pas surpris des conclusions du rapport.

"We know that arrests have been made without warrants; torture has been carried out; and detention facilities operate with minimal human rights criteria," said Sarwar Ali, a lawyer and a human rights activist at Democracy and Human Rights Development in the Kurdish city of
Sulaimaniyah.

Le Kurdistan doit être consciente de la force de son exemple pour la région, et se doit d'être irréprochable. Or le régime des partis limite grandement le développement économique et démocratique: népotisme, corruption, et impunité pour les "cadres" issus des grandes familles...

Rabin Ahmed Hardi, a prominent writer and critic in Sulaimaniyah, said the international community may be surprised by the report because the KDP and PUK have "painted a beautiful picture of Iraqi Kurdistan".


"It's too optimistic to think that the Kurdish parties will change their dictatorship-like behaviour immediately. It has become a part of their mindset," he said.


Hardi said international pressure would probably not change human rights policies in the region.

"Pressure needs to be mounted on the parties within Kurdistan," he said. "Newspapers, intellectuals and the public should talk about those violations and other issues constantly until the parties respond."


5 commentaires:

dilo a dit…

Non c'est pas vrai,nous on est des gentils et on traîte bien nos prisonniers.On leur donne une nourriture saine et variée,des couvertures,des sanitaires propres,des salles de sport pour qu'ils entretiennent leur corps,des espaces sont aménagés pour qu'ils puissent voir leurs proches en toute intimité...
La torture et les procès irréguliers,pfff on ne sait même pas ce que c'est!

Legleg a dit…

Ils diffusent même "l'île aux enfants" dans les chambres des prisonniers...

Tom a dit…

Au moins le GRK ne hurle pas au complot international et reconnaît les problèmes...

Kece kurdan a dit…

On pouvait attendre meilleurs comportements de la part des Kurdes. Mais la connerie étant universelle... Vraiment désolant!

analysekurde a dit…

Ce rapport relève effectivement un certain nombre de dysfonctionnements au Kurdistan, notamment en ce qui concerne les droits de l'Homme. Il ne faut pas essayer de les justifier en mettant en avant la lutte contre le terrorisme.
Les Kurdes, eux-mêmes, ont souffert de ces traitements inhumains, ils doivent absolument éviter ces pratiques qui portent atteinte à la dignité humaine.
Si le Kurdistan irakien ne souhaite pas devenir un régime autoritaire ou dictatorial comme c'est le cas de nombreux pays au Moyen-Orient, de nombreux efforts doivent être faits en respectant le jeu démocratique.

Feqîyê Teyran